‹ Mémoire sur le SoudanChapitre 15 sur 41 · III. — Bornou · texte numérisé non relu

III. — Bornou

Le Bornou parait avoir éié converti par Riçaieh à une époque très reculée. L'islamisme s'y était introduit, dit-on, mais sans y faire de grands progrès bien avant l'arrivée d'Élyas ou Abd-el-Aziz, natif de ITemen, qui travailla beaucoup à le répandre, et qui fut le premier sultan du Bornou. Il établit sa capitale à Kasser- Goumé, à une douzaine de jours à l'ouest de Kouga , sur la petite rivière de Mogomi.

Abd-el-Aziz régna dix-sept ans à Rasser-Goumô ; il eut pour successeurs :

Mai (1) Ahmed-el-Goumsemi, son fils;

Ali, fils du précédent.

Ici se présente une lacune qui, d'après le cheikh Ibrahim, correspondrait seulement à cinq ou six règnes. — Je chercherai plus tard à la combler.

Ibraro-Kebir (i. e. Ibrahim Vancien).

Ingèlèroma-Rebir, frère du précédent.

Chetima, fils du précédent. Il régna deux ans et demi.

Mehemedé, fils du précédent. II rég^na également deux ans et demi.

Dala (Al)d-Allah), fils du précédent. Il n^avait pas de capitale -fixe ;

il passa cependant deux ans àDigoa. La durée de son règne

est de quatre ans.

Ibram, fils du précédent. Il battit les Fellatas; il régna dix ans. Ingeleroma, fils du précédent. Sous soti règne les Fellatas, sous la

conduite de Bello, s'emparèrent de la plus grande partie du

Bornou; il régna cinq ans.

Ali, frère du précédent.

Aii-Goumserai, fils d'Ingeleroma. Il régna un an. Hamadou (Elamed), fils du précédent. Il régna un an et deux

mois ; il fut tué dans un combat par les Fellatas.

(i) Afai signifie roi en langue kanouri.

Jnçeleroma, fils d'Ali. Il régna deux ans.

Denama, hrère. de Hatnadoui 11 fut tué à Ngala par les Baguermiens (sous le règne de Bourkoumanda); sa mort fut le résultat d*un malentendu.

Ibram, frère du précédent, tué par le clieikh Omar après trois ans de règne. Il avait appelé les Wadayens contre Omar. Cliérif passa le Ghari au-dessus de Loggoné, tomba sur les bagages ^ d*Omar, qui gardait un gué situé plus en aval, et le battit. Omar échappa à grand*peine, courut à Ngornou, fit périr Ibram et se réfugia dans le Fezzan ou dans le désert, tandis que Chérif proclamait roi le maï AH ( 1 846, suivant M. Fresnel).

Ali, qui n'a pour ainsi dire pas régné.

Omar, ou le cheikii Omar fils du Kanemi. Il lui avait succédé

d*abord comme maire du palais; après s'être débarrassé

dlbram et avoir écarté Ali, il s*empara de la royauté (1),

. qu'une révolution lui enleva bientôt au profit de son frère.

Derman (Abd-er-Rahman).

Omar trouva moyen d'écarter bientôt son frère, mais redoutant de nouvelles entreprises de sa part, il l'invita à venir partager avec lui, à Kougawa, lautorité souveraine, et, après avoir écarté de lui le plus grand nombre de ses partisans, fit assaillir son palais pendant la nuit et le fit tuer (a). — Cet événement ne date que de quelques mois, j'en ai reçu la nouvelle au Caire cette année, au commencement de juillet.

Il faut peut-être ajouter à cette liste le nom de Dougo-Brémi» successeur de mai Ali-Goumsemi ; il en est écarté, à ce que je crois, parce qu'il est mort entre les mains de l'ennemi ; il avait établi sa capitale à Malri-Ndjeselimawa (palais des eaux noires).

(1) Il y a environ dix-sept ans.

(a) Cette trahison même fait ressortir le caractère droit et honnête des Soudaniens; la confiance de Derman montre qu'un tel crime était à peu près sans exemple. L'indignation avec laquelle cette nouvelle a été accueillie au Caire par les noirs contrastait singulièrement avec Tappréciation que les Arabes ou les Turcs portent de faits pareils.

(65) Il y a aussi un Isiuayl-Kebir» que je ne sais où placer; peut-êlre n'est-il autre qu'Elyas-Abd-el-Aziz, car il passe aussi pour le fondateur de Kasser-Goumo.

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