‹ Mémoire sur le SoudanChapitre 31 sur 41 · VI. — Industrie, commerce · texte numérisé non relu

VI. — Industrie, commerce

L'industrie des Soudàniehs éil ti^ès peu a^ttneée» ils savent extraire qiielques métaux, forgt-r le peu de firtr employé dans la fabritaiioU de ieU^e AriDeéi tisser et teindre avec l'indigo quelques cotoduad^ft. C'eslle 8aguermi surtout qui fabrique ces bandés ni4nce|i d'ételTe qu'on coud les Unes à côté tlés ault^ee pou¥ en C(Hifectionner dès vètetoenis ; les Îdë4à|t^l, d«i reib , nti

poussenl pas si loin la recherche du coslumo, ils se contentent en général de la peau de hê(c dont la tradition affuble Hercule, parce que, nous dit Diodore, Hercule vivait aux prenoiers jours du monde. Quelques-uns ^ cependant portent des vêtements d'une singulière espèce : les Sydamiens, par exemple, s*affuhlenl des fibres de la feuille d'un grand bananier, ou peut-être du lalanior; ils los réunissent par une extrémité à un cercle qu'ils se passent au cou et les laissent pendre librement jusque sur leurs jambes: ce \ôlement est appelé par eux gotchô ; les mêmes Sydamiens se coiffent d'un bonnet conique fait de la peau poilue d'un animal que je ne connaia pas, mais dont le cri est, m'a-l-on dit, worroa wbrroa.

Les noirs du fleuve Blanc portent quelquefois des calottes assez habilenrent travaillées. M. d'Arnaud m'a montré un de ses dessins représentant un Bari , dont la chevelure disparaissait sous un tissu de ces petites porcelaines appelées wadè' par les Arabes. M. d'Arnaud l'invita à lui donner sa coiffure en écbangc de quelques verroteries, le noir accepta volontiers : malheureusement sa coiffure ne faisait qu'un avec sa tête, les wadè' étaient passés dans ses cheveux, on ne pouvait que les enlever un à un, et M. d'Arnaud désappointé dut renoncer à son acquisition.

Le commerce est encore peu développé dans c Soudan , nos monnaies sont à peine connues, et no sont point d'usage au Dar-Four, au Waday, au Ba^ guermi, au Boruou.

Dans plusieurs parties de l'Afrique intérieure, le sel est accepté comme monnaie. Sur les frontières occidentales de l'Abyssinie» il est échangé contre den

esclaves pnrdes marchands abyssins ou arabes. Ce sel est moulé en cylindres de diverses dimensions et de valeurs diverses.

Au Bornou et chez les Feiiatas on se sert, comme monnaie, de wïidè'; en kanouri, Aôngénà;en balébèli, kbrdi; il y a 20 000 de ces petites coquilles au quintal; un bœuf en vaut de 3 000 à 5000; un esclave, de 15 000 à 20000; un tob (1), 400; trois tètes de mais, 30 ou un girsé.

Dans le Baguermi on se sert de ces bandes minces d'étoffe dont j*ai parlé plus haut: on se servait surtout auparavant de peliles plaques de fer enfilées par paquets ; ces plaques de métal rappellent involontaire^ ment Vas rudis de Numa Pompitius.

Les lobs longs et larges de Dongolah sont employés comme monnaie auWaday et dans lo Dar-Four; enfin les hachacb, ou fers de bêche, passent dans le Kordofan comme je l'ai dit ailleurs.

L'ivoire, 1res recherché aujourd'hui par les négociants qui fréquentent Khartoum, est 1res commun dans le Soudan central, bien que les noirs ne puissent tuer que peu d'éléphanls, parce qu'en l'absence de tout débouché, l'ivoire s'accumule depuis des siècles entre leurs mains, le Dar-Rôna, le Djebel-Médègo, le Djebel-Gbgmi sont peut-être les lieux du monde où il y a le plus d'ivoire : il parait y être employé exclusivement à l'ornementation des cabanes royales.

Les négociants de Khartoum auraient donc un immense avantage à remonter le Keilak, et j'espère qu'ils

(i) Ce tob ou pièce de toile est long de trois à quatre coudées, ou l'appelle gàbàgà au Bornou, et paii dans l'Afnou.

(tW)

1« hront Uienlâl s se présentant eemme cUnisqurs, ils •eriinl bi«n Mooeillîs des peuplades trop souvent alTamées qu'ils nourriront de la chair des éléphants qu'ils tueront; on sait que les Africains sont ardents à eette eurée.

Ls ebasse de réiéphant est très productive dans le Soudan «entrai comme sur le f^il Blanc, dans cette dernière région» M, de Alalsac a tué, ai*a-|-on dit^ Tannée dernière, dix-sept éléphants; les qufitre derniers ont été abattus pai? pnse balles; on coo^prend qu'il s'agit de balles pylinUro-coniquef à pointe d'acier et d'un calibre asses fort.

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