III. — Instruction des Soudaniens
LesÇoudaniens ne connaissent l'écriture qpe depuis qu'ils ont reçu avec le coran l'alphabçt arabe ; ils ep OQt fait usage pour transcrire» avec plus pu iQoins de perfection» leurs propres idiomes. L'alphabet arabe est peu propre à la représentation des langues étrangères : malgré la richesse apparente que lui donnent ^69 vingtrhttît lettres» il est pauvre e^ mal, conçu. Quoi qu'il en soit» presqtie tou9 les peuples du Soudan lui
( 1Ô6 ) 5ônl oujourd'hoi redevables de la créalion de quelques essais littéraires, tels que chansonset chants do guerre, chrofiiques, Iradoclion dacoran, etc.
Quelques peuples soudanîens paraissent ne devoir qu'aux Arabes la numération décimale : ce sont les Fellatas el les Founens.
Ce fait rjemarqusbie fournit un exemple de plus de la focilité avec laquelle une langue s'appropriç les formes ou la grammaire d'une autre langue ; rien n'est plus fréquent que cette hybridtté, et rien ne prcHive moins la commune origine de deux peuples que l'aoïilogie de leurs formes grammaticales.
Peu capables de grands calculs, les Soudaniens n'avaient point d'ère avant de connaître l'islamisme, et ne faisaient point le compte des années.
On retrouve toutefois encore ches les Fellatas* et dans le.Choa, une sorte d'olympiade ou de kistre de quatre années, dont chacun porte un nom différent.
C'est probablement la difficulté qu'éprouvaient les premiers Romains à compter les années, qui les engagea à planter chaque année, aux ides de septembre, un clou d'airain dans la muraille du temple de Jupiter.
Les noirs qui fréquentent El-Âzhar ont beaucoup de peine à y apprendre, même le peu qu'on y enseigne. En premier lieu, ils entendent peu l'arabe, et surtout les expressions un peu relevées de cette langue^ ce qui les empêche de saisir le- sens des paroles du professeur, auquel il est assez indifférent d'être ou de n'être pas compris par eux; en second lieu, ils sont ti«ès pauvres et ne peuvent acheter de livres; ils ont à la tenté la disposition de ceux de la mosquée ; mais ces litres^
écrite saû» méthode et sans clarté, ne font qu'obscurcir encore leurs idées.
J'ai vu beaucoup de livre» relatifs aui dogmes^ aux préeeptet^ à la jurisprudence de Tislam» et je n'en connais qu'un qui soit & la fois méthodique» clair. enct et complet : c'est l'immortel outrage de Mou^ jradgta d'Ohssoo.
Quicoaque a lu le tableau de l'empire ottoman en sait plus long sur l'islamisme que s'il avait appris par ccB4ir toute la bibliothèque d'iU-Azhar. La lecture des ouvrages arabea n'a, à cet égard, d'autre mérite que de pefrmettre de traiter des matières ascétiques avec les foires et le style qui leur conviennent.