IV. — Pfvbité (les Soudaniciu^ chansowMge
Les Soudaniens , soumis à une religion qu'ils cenr naissent mal, aveuglés par mille snpefstiâona, sont
(i) U £«ui coofeftser d'ailUur^ que bon nombre de oeox qu'on brûlait comme convaincus de mag;ie avaient mérité le feu par quelque crime» et il me semble qu*on pourrait diviser en quatre classes ces prétendus sorciers.
La première de ces catégories eoraprendrait totis les initooents «eousét faussemenc de ma§ia.
La H^Mdf claMc reafermerait ce« fous crédules 9 coureurs de cimetière, déterreurs de morts, décrocheurs de pendus, vendeurs de fausses recettes et de pronostics, niutilateurs des imagées de cire de ^ leurs ennemis, les petites maisons auraient dû faire justice de leur démence, ou les prisons de leur perversité.
Dans la troisième classe, je rangerais ce» fous f^ticf s qui, pour l'accomplissement de leurs rites t^^écrables, égorgeaient dea enfants, et croyaient puiser dans leur sang ou dans leur chair une éternelle jeunesse; une pareille démence ne connaît d'autre remède et d'autre préservatif que la peine de mort.
La quatrième classe, enfin, renfermerait les fabrieatots de philtres et de poisons; la preuve matérielle de l^empoisoiiiseniQiit échappait aux iccberehei imparfvitft de noa aîeux; là où l'appareil de Marsh nous fait voir Tarsenic, ils ne soupçonnaient que la ma^ie, et le scélérat marchait à une mort juste, bien que sous le coup d'une sentence inique condamné pour un crime qu'il n'avait point commis, et qui n'existe pas.
( i76 ) cependant plutôt bons que méchants; ils ont les défauts Qt les .vertus de tous les peuples barbares. Naturelle^ient vaniteux, ils sont colères et violents» portés à abuser de la force» et à faire souvent peu de ciis.de la vie humaine. Cependant ils sont prooipts à s*apaiser» faciles à conduire et à diriger, ennemis de la ruse; à peu prés ignorants de la trahison, et à ce point de vue, ils sont moralement bien supérieurs aux Arabes, aux Persans et aux Turcs; ils sont serviables, hospitaliers et généreux. Leur délicatesse est remarqpable et contraste singulièrement avec Timprobité des Orientaux. Je parlais un jour de celte différence mo* raie à un Soudanien, et je lui demandais s'il en soupçonnait la cause : « Je la connais, » me dit-il, « le peuple » égyptien est misérable, opprimé, et dès lors cor- » rompu ; ici , chacun ne songe qu'à s'enrichir pour » se soustraire à l'oppression et satisfaire ses pen- » chants vicieux ; personne ne blâme celui qui vise à la » fortune, ni ne s'amuse à discuter les moyens qu'il D emploie; s'il réussit, on le dit un homme habile » \chatcr) , et s'il échoue on le plaint. Il en est autrement » parmi nous, celui qui commet une action vile, se » trouve couvert à l'instant de ridicule et d'infamie; » les filles esclaves qui travaillent dans nos maisons, » celles surtout qui encombrent les cours des habita- » tions princières ou royales, composent de suite une .)» chanson ou un sin^ple bout rimé qui désigne le cou- » pable • au mépris public , et le chantent en choeur » pendant la durée de leur travail ; la^ chanson passe » d'une maison à l'autre, d'un village aux autres vil- » lages^ et celui qui en est l'objet se voit contraint à » quitter le pays.
» C'est pourquoi, celui d^enlre nous qui traversant y> une forêt, trouve sur sa route un objet égaré, se » garde de le ramasser, même pour le remettre à celui » qui l'a perdu , 'il se borné à en' observer exàctëmétit » la place , et arrivé au terme de sôb voyage', il fait » simplement connaître qu'en tel lieu il a rencènti^ Dtel objet ; c'est au propriétaire setil qu'il appartient » de ramasser son bien. »
Les filles du Soudan ne chansotinen't pas que les voleurs, elles poursuivent encore de leùts bouts rinïés satyriques les guerriers inhabiles ou poltrons, ou les héros ennemis; les chefs d'ailleurs, ont tous quelque chanson louangeuse et quelque chanson satyrique, plus ou moins analogue à celles que l'on chantait aux triomphes de César ; le Kanemi a été tourné en ridi' cule par les fellatas dans des productions de cette espèce; j'en publierai bientôt un échantillon.
Cette coutume de chansonner les gens est encore plus dans le génie de la race noire que dans celui des Arabes et des autres peuples ; elle se retrouve dans les colonies, où le travail des noirs est employé. Les noirs y chansonnent toujours quelqu'un, tantôt un planteur trop avare, tantôt une fille trop coquette, et bien peu de réputations résistent à cette expression perpétuelle des sentiments populaires qui , dans une autre mesure et sous des formes plus ingénieuses, a joué un rôle actif dans les révolutions de notre pays, surtout aux époques de la Ligue et de la Fronde.
Par bien des points l'homme primitif et l'homme vraiment civilisé se ressemblent.
L'un est ignorant de l'erreur, l'autre en est dégagé ; le premier vit dans l'innocence, le second retourne à
( 178) la Turtu* el celle piiilempiiie stoictemie^ rade éeele de taol de grends beimtee» Hk pl«s haoïe et la plus pare doctrine peut-être à kiquette Teq^t tumein, privé de tout eecowf, loeU libre de toute e>treie» eit pu s'élever n'en retrouvoas^ioae pes qnel^pe r e tfmep t chez rhomme de la nature; cetke fennelé d*lawi dnni llfilt sa prenûère vertu, n'est-^ce point l'apathie daa hem wmm du portique» et la noble indifférence de ces iprsoida Romaini qui» du haut <fo leur courage» défiaiesot te crime en aouriani à la mort