‹ Mémoire sur le SoudanChapitre 5 sur 41 · IV. — Le CharL · texte numérisé non relu

IV. — Le CharL

En outre du Yeou, sur lequel je n'ai rien à dire (1), le lac Tchàd6 reçoit leChari qui s'y jette par plusieurs bouches; ces bouches ont probablement subi de fré-* quents changements : le développement remarquable que présente le delta du Ghari porte en môme temps à croire que le Tchàdô se comble assez rapidement; l'étude de cette question serait d'un grand intérêt et faciliterait la solution de bien des problèmes d'hydro^^ graphie africaine.

Le Ghari a pour affluent sur sa rive gauche la rivière de Loggoné, qui reçoit elle-même sur sa rive droite la rivière de Binder. Un peu plus haut, le Ghari reçoit encore, sur sa rive gauche, le Batchikam (i. e. rivière des feuilles), mais ce Batchikam semble êti^e plutôt un bras ou un ancien chenal qu'un aiQuent du Ghari.

La direction du cours du Ghari en amont de c« point, fait supposer que ses sources doivent être cherchées dans le sud-est| le bassin du Ghari ne peut d'ailr leurs se confondre avec celui du Bénué; quant à la distance à laquelle sont ces sources, il y a lieu de c roire qu'elle est assez considérable» le Ghari étaui une des rivières les plus importantes de l'Afrique.

Les Africains ont sur les sources du Ghari (qui parait

être le NiUel-Abid) une opinion qui, souvent défigurée

et souvent acceptée ^omme un oracle, a entraîné les

géographes dans de grandes erreurs : la voici telle

qu'elle est.

(i) Si ce n*est que Yeou est bien son nom, Komadougou ne voulant pat dire autre chosa que rivière, et tous les gens du Bornou que j'ai vus le connaissant sous le nom de Yeou.

C'est d*uD grand lac appelé Koèi-Dàbô, situé à deux mois de marche de Màsna dans le sud-sud-est» que sort le Chari» qui se dirige d'abord sur les montagnes de Kouba et d'Ole, puis s'en détourne lorsqu'il n'en est plus qu'à deux journées pour se porter à l'est et ensuite au sud. Le lac qui donne naissance au Ghari donne aussi naissance au Nil d'Egypte; ces deux fleuves sont alimentés par une rivière qui vient du sud ; un informateur m'a présenté toutefois cette rivière comme un troisième écoulement du môme lac dirigé , me dit-il, sur Magadocho ; ce nom de Magadocho me surprit fort, ce ne pouvait être que Magadoxo (x se prononce ch en portugais). Je ne pus deviner où mon informateur avait appris ce nom-là : peut-être l'avaitil entendu à la Mecque.

Au cenlre du lac Koèi-Dàbô est une grande lie où s'est retiré Soliman-ban-Bigli ou Soliman le Gros , dont j'aurai l'occasion de parler plus bas.

G'est enfin un peu à l'ouest du lac Koèi-Dàb6 que l'on rencontre les hommes velus à large queue, les chameaux nains ^ les fourmis qui construisent des ponts et une foule d'autres monstres dont l'existence rend plus qu'improbable celle du lac Koèi-Dàbô.

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