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qu'un très petit nombre de ce «on epreïle parties du discours, qui soit ind'spensabiement nécessaire à la représentation ou à l'expression des idées. |
En suivant l'examen et la comparaison que j'ai indiqués , on aperçoit que les mêmes combinaisons d'idées , sous la forme de mots , se sont présentées à différens peuples, mais pas toujours avec le même succès. Il semble qu’on les voit tâtonner, essayer une forme grammaticale, une combinaison ou une séparation d'idées , l’adopter quelquefois, puis la rejeter, suivant qu'elle convient plus ou moins au système harmonique de leur langue, et à la marche qu'elle a commencé à suivre. On est souvent étonné de trouver dans nos idiomes des formes de langage qui, dans des dialectes barbares, nous paraissent bizarres et étranges. Les langues algonquines en offrent plusieurs exemples , qui sont signalés dans ce mémoire.
Dans ces langues, le pronom possessif est toujours joint au nom substantif par forme d’affixe’ , tellement que les indianologues soutien-
* I est remarquable que le mot affire, non plus que préfixe et suffixe, ne se trouvent pas dans la nouvelle édition du Dictionnaire de l'académie. Ces mots cependant
nent que le pronom joint au substantif qui exprime certaines relations, ne peut, dans aucun cas, en être séparé, de sorte qu'on peut dire : mon père, {on père, mais qu'on ne peut pas dire père tout seul. Cette forme n'existe pas dans la langue française, mais on la trouve quelquefois dans l’ancien idiome, dans des mots tels que m'anue, m’amour pour mOn amie , mOn amour , etc. L’apostrophe n'est que pour les yeux et ne dit rien à l'oreille. Dans la langue moderne on trouve monsieur, messieurs , MONseigneur, messeigneurs , madame, mesdames, mademoiselle , mesdemorselles ; tous mots où le pronom est inséparablement joint au substantif, et ce n’est pas seulement dans la langue écrite, mais dans la langue orale, car monseigneur et mon seigneur, madame et ma dame présentent des idées entièrement différentes. On ne peut pas
sont généralement reconnus et usités comme appartenant à
la langue française ; mais leur signification relative ne pa-
raît pas être encore décidément établie. Les mots affixe
et suffixe sont souvent employés synonymement et sans distinction. Pour éviter toute équivoque, j'appelle préfixe
une syllabe ou particule ajoutée au commencement d’un
mot , et suffixe celle qui est ajoutée à la fin. Je me sers du
mot afjixe Comme terme générique comprenant les deux
autree,
EN
joindre le pronom au nom sous la forme inséparable dans mon prince, mon général", mon colonel, mon capitaine. C'est probablement l’orgueil qui a introduit la première de ces formes; entre égaux on n’a pas voulu dire mon seigneur, ma dame; mais qu'importe la raison qui a fait adopter ou rejeter une forme grammaticale ?
elle n’en existe pas moins dans la langue.
Toutes les langues algonquines ont la forme négative du verbe à côté de l’affirmative ; le la tin ne l’a que dans quelques mots tels que r0lo, nescio. Ceci semblerait prouver que cette forme a été essayée, parfois adoptée, mais enfin rejetée comme ne pouvant aisément s'adapter aux verbes de la langue. Le français a le verbe ign10rer, positif dans sa forme mais dont la signification est essentiellement négative.
Les mêmes langues ont une forme de pluriel qui exclut tout le monde, excepté ceux dont on parle spécialement. Ce pluriel se désigne en algonquin par une syllabe ou une simple lettre préfixe et quelquefois par une inflexion ; en fran-
Aujourd’hui on ne dit plus mon prince, mon général, on dit prince, général. On ne veut plus du pronom possessif, et voilà comme les passions gouvernent les formes grammaticales et concourent à la structure d’une langue.
ie
cais, la même idée se rend par deux mots : nous autres, Vous autres, etC.; mais son expression n’a pas, en général , passé dans la langue.
Parmi les. rapprochemens curieux que fournissent les langues algonquines, il en est un qui me paraît digne de remarque et qui fait voir comment la même idée s’est présentée aux hommes à d'immenses distances, mais dans des circonstances différentes, quiont fait donner à cette idée une différente application. Dans plusieurs de ces langues on compte comme nous d'un à cinq en appliquant un mot à chaque nombre, qui n’a aucune affinité avec ceux qui le précèdent. Mais de cinq à dix ces langues suivent une autre méthode, et c'est la même que celle qui a été suivie par l'inventeur de chiffres romains. Pour six, on dit cinq un, pour sept cinq deux, pour huit cmq trois et pour neuf un dix, c’està-dire dix moins un, ce qui représente exactement les caractères numériques VI, VIT, VIIT, IX. Cet ordre d'idées n'existe point dans la lan— gue de l’ancienne Rome, et cependant se trouve dans sa numération écrite et abrégée. D'ailleurs on ne l’apercoit point dans la formation des noms de nombre des autres langues connues.
Il y a pourtant dans les langues américaines -
des combinaisons d'idées et des formes de Tan gage qui leur sont exclusivement propres , qui n'ont été jusqu'ici observées dans aucune autre langue, et que le plus habile et le plus profond grammairien n'aurait jamais imaginées à priort. Le grammairien philosophe Beauzée , dans l’article mot de l'Encyclopédie méthodique ( Grammaire et littérature, tom. I, p. 574), observe comme une singularité frappante, mais unanimement admise dans routes les langues , que l’adjectif n’a recu aucune des variations relatives aux personnes qui caractérisent les pronoms. Jusque-là il paraît avoir raison, car je ne sache pas, qu'il y ait de langue où l'adjectif proprement dit recoive des variations qui embrassent l'idée de la personne; maïs il ajoute ensuite : « Les ad: jectifs même dérivés des verbes, qui , sous le nom de participes , réunissent en effet la double nature des deux parties d’oraison, n’ont recu NULLE PART les inflexions personnelles, quoiqu’on en accorde aux autres modes du verbe. » La langue delaware nous donne un exemple de ce phénomène dans son adjectif verbal ou participe, comme on voudra l'appeler, qui, par sés inflexions, se rapporte non seulement à une, mais à deux personnes, celle qui agit et celle: sur la-
quelle l’action est opérée. Du verbe accusatif œulamalescheen, qui signifie rendre heureux, se forme le participe wulamalessohaluwed, rendant, ou celui qui rend'heureux, d’où, par une inflexion toute. relative à la personne , on fait œulamalessohalid, celui qui me rend heureux , et enfin en déclinant ce mot au vocatif on a œulamalessohalian, «O toi qui me rends heureux! » mot charmant dont Tibulle aurait bien su faire usage si la langue latine le lui-eût offert. Après cela, faites des grammaires générales et dites que telle ou telle forme existe dans toutes les langues ou ne se trouve dans aucune |
Il serait aisé de multiplier ces exemples, et ils seraient bien plus nombreux si sans s’arrêtér aux langues algonquines, on voulait porter ses regards sur toutes celles qui se parlent sur la surface du globe. ILest malheureux pour la science qu'un seul homme ne puisse posséder à fond qu’un petit nombre de ces langues ; mais à l’aide des grammaires et surtout des Mithridates, le philologue peut encore trouver le moyen de faire des comparaisons et des rapprochemens d’où jailliront une foule de découvertes précieuses qui jetteront une vive lumière sur la philosophie du langage
sm (9 == humain, source primitive et féconde de la philosophie de l'homme :.
En jetant les yeux sur cette masse d’idiomes, on sera d'abord frappé de la différence de leurs formes ,, tandis que les hommes, entourés des mêmes objets etmus par les mêmes passions, ont tous eu à peu près les mêmes idées à exprimer. Si on attribue cette différence aux climats, on verra des langues monosyllabiques séparées, seulement par un fleuve, d'idiomes d’un caractère tout opposé; on verra les langues polysynthétiques couvrir toute la surface du continent américain ; On verra ailleurs des langués dont läntiquité bien reconnue remonte à quatre mille ans et sans doute au-delà, qui ont conservé jusqu'à ce jour le caractère qu'elles avaient à l’époque d’où nous viennent les plus anciennes traditions, et si on examiné ces langues dans leurs détaïls
on verra sous quelle variété d’apparences les
* La philologie appelle à grands cris la publication du savant ouvrage de M. Venturé sur la langue des Berbères, qui depuis long-temps est enfoui dans la poussière des bi= bliothèques. La France est présentement maîtresse d’Alger et de son territoire; c’est par conséquent un ouvragé
national, et on se demande partout quand il doit sortir des presses de l'imprimerie royale.
Le 60: sde
idées se sont présentées à l’esprit humain, lorsqu’elles ont recu du langage des formes tangibles au sens de l’ouïe, et on verra sortir de ces différences une multitude de faits qui ouvriront un vaste champ aux réflexions philosophiques , lesquelles conduiront à dés résultats importans qui ne seront pas les fruits d’une vive imagination et de raisonnemens @ priort.
Mais je m'aperçois que j'outre-passe les bornes d’une préface; je vois qu’il est temps de m'arrêter. Qu'on veuille bien me permettre de dire encore quelques mots sur le mémoire qui va suivre.
Lorsque j'envoyai ce mémoire en France, en mars 4834, je n’avais nulle idée de le voir jamais imprimé. Je n’avais eu que peu de temps pour le rédiger et faire les recherches qu'il exigeait, n’ayant recu le programme de l’Institut que tard l'année précédente. Je n'en avais pas gardé de copie, je l'avais écrit sur des chiffons de papier que j'avais détruits à mesure qu'ils étdient mis au net. J'avais beaucoup compté sur l’indulgence de la commission et sur le petit nombre de concurrens, qui, en effet, m'a valu le prix. Encouragé par plusieurs membres de l'Institut qui
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m'honorent de leur estime, je me suis décidé à livrer cet écrit à l'impression ; j'en ai fait venir une Copie de Paris, j'y ai faitquelques corrections et ajouté cette préface, ainsi que la traduction du rapport qu'on trouvera à la suite. Comme ce mémoire ne contient que des faits, il pourra être de quelque intérêt pour les savans qui voudront bien plus s'occuper de la matière que de la méthode et du style.
Voilà tout ce que j'ai à dire au sujet de ce mémoire; il s'y trouve cependant une assertion qui a été modifiée par un fait venu depuis à ma connaissance et sur lequel je crois devoir donner ici quelque explication.
. Ce fut en 1815 que la société philosophique américaine institua, comme je l'ai déja dit, son comité d'histoire et de littérature, dont je fus nommé secrétaire pour la correspondance. L’histoire américaine, c'est-à-dire celle de la race blanche dans ce pays, ne vante pas son antiquité, tandis que celle des aborigènes parait remonter aux siècles les plus reculés. L'histoire des Indiens, par conséquent, attira de bonne heure son attention. Le vénérable Heckewelder fut engagé à
nous donner une relation du séjour de qua-
| ANS vante ans qu'il avait fait parmi ces peuples".
Cela établit une correspondance entre lui et moi, Car il demeurait à Bethléem qui, bien que située en Pennsylvanie, est assez éloignée de Philadelphie. Pendant le cours de cette correspondance , Heckewelder envoya au comité une grammaire manuscrite de la langue des Indiens Delawares, par le missionnaire Zeisberger , qui avait résidé long-temps parmi eux; comme elle était écrite en langue allemande, je fus chargé d’en faire la traduction en anglais.
Elève de Court de Gébelin et passionné toute ma vie pour l'étude des langues, à laquelle une profession laborieuse m'avait empêché jusqu’alors de me livrer, j'entrepris volontiers ce travail; je fus frappé de la singularité des formes de ce langage et cette particularité réveilla mon ancienne ardeur pour les études philologiques. Profitant de la bonne volonté de l'excellent
! Cette relation , traduite en français par le frère de l’auteur de ce mémoire sous le titre de « Histoire, mœurs et coutumes des nations indiennes qui habitaient la Pennsylvanie et les états voisins , par le révérend Jean Heckewelder, etc.,» aété imprimée à Paris pour L. de Bure en 1822, et les journaux ont parlé de cette traduction avec éloges. Le traducteur est mort à Fontenay-le-Comte (Vendée), lieu de sa résidence , en juillet 1835; à un âge très avancé.
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Heckewelder, ma rorrespondance avec lui devint plus activeet il n’y fut plus question que des langues indiennes. Je lui communiquais mes remarques, et ses réponses devinrent de plus en plus instructives. Une partie de cette correspondance a été imprimée à la fin du premier volume des Transactions du comité d'histoire et de littérature , Philadelphie, 1819.
Leslettres d'Heckewelder étaient régulièrement lues au comité à chaque séance; il m’engagea à contmuer mes recherches et à les étendre. Alors je me procurai toutes les grammaires, tous les dictionnaires, tous les vocabulaires, enfin tous les ouvrages que je pus découvrir sur les langues indiennes des deux parties du nouvel hémisphère, et je les étudiai avec toute l'attention qui me fut possible. Je vis des Indiens de différentes nations, je Conversai avec eux; enfin, je fis tout ce qui dépendait de moi pour me mettre au fait du caractère et du génie de ces différentes langues, et en 1829 je présentai au comité un rap-
port sur le résultat de mes recherches; c'est
celui dont la traduction est'jointe à ce mémoire. Ce rapport présente pour résultats les faits suivans :
1° Que les langues américaines, en général,
sont riches en mots et en formes grammaticales, et que dans leur structure complexe, on trouve le plus grand ordre et la méthode la plus régulière ;
2° Que ces formes compliquées, auxquelles j'ai donné le nom de polysynthétiques , paraissent exister dans toutes ces langues, depuis le Groenland jusqu’au cap Horn;
3° Que ces mêmes formes paraissent différer essentiellement de celles des langues anciennes et modernes de l’autre hémisphère:
Le rapport est consacré à la preuve de ces faits.
Les recherches subséquentes des philologues américains, et même de ceux d'Europe, entre autres de M. le baron Guillaume de Humboldt, n’ont fait que confirmer cette théorie. M. Gallatin en convient dans son ouvrage déja cité, imprimé à la fin de 1836. Je parle ici particulièrement de la structure polysynthétique de ces langues.
Pénétré de cette opinion, je n’ai pas hésité à poser en fait, sans cependant l'affirmer avec pleine certitude, ainsi qu’on le verra dans le mémoire suivant, que foutes les langues américaines étaient polysynthétiques.
PT: | en
Mais, à peine ce mémoire était à bord du paquebot qui l’a porté en France, que je fus ins— truit d’un fait qui me fit renoncer à la généralité de mon assertion, et dont je me crois obligé de faire part à mes lecteurs.
J'avais fait depuis peu la connaissance de don Manuel Najera', Mexicain, exilé de son pays par suite des événemens politiques qui s’y sont si rapidement succédés. Ge savant possédait à fond plusieurs des langues parlées par les Indiens du Mexique, et je me plaisais fort à sa conversation, toujours intéressante et toujours instructive. Un jour, nous vinmes à parler de la langue des Othomis qu'il savait très bien, ayant résidé parmi eux. «Savez-vous, me dit-il, que cette langue est monosyllabique, et par sa structure ressemble beaucoup au chinois ? » Nous étions déja convenus du caractère polysynthétique des langues indiennes en général, et particulièrement du mexicain propre, du tarasque.et du huastèque, toutes langues qui lui étaient connues, et, par conséquent, mon étonnement fut extrême.
Je contestai d'abord le fait; je lui dis que les
Dans le mémoire latin, ci-après mentionné, ce nom est écrit Naxera; dans l'usage ordinaire l’auteur suit la nouvelle orthographe et écrit Najera.
grammairiens espagnols qui avaient traité de cette langue l'avaient représentée comme polysyllabique. « Cela est vrai, me répondit-il, mais vous voudrez bien observer que ce n’est pas une langue écrite; si les Othomis avaient, comme les Chinois, une écriture syllabique, on s’apercevrait aisément à la lecture que chaque syllabe est significative, et à elle seule forme un mot '; mais, en parlant, les idées s'attachent à des groupes de syllabes , et on appelle ces groupes des mots; cela arrive même dans nos langues, où, quand plusieurs mots sont joints ensemble, nous ne les séparons par la pensée que lorsqu'ils sont séparés par l'écriture , » et il me cita les mots français : bienfait, bonheur, contretemps et plusieurs autres dont les parties constituantes ne sont pas séparées en imagination, à moins que l'écriturenemette quelque distance entre elles, ou que leur séparation ne soit indiquée , en parlant, par le sens de la phrase, par une petite pause, ou par un accent ou ton de voix.
* Je n’entends pas par langue monosyllabique celle dont tous les mots seraient des monosyllabes, je ne crois pas qu’il en existe de semblable, même le chinois. J’appelle de ce nom une langue dont toutes les syllabes sont des mots.
Malgré un raisonnement aussi concluant, je demeurais toujours incrédule et je résistais à ses argumens; je voyais s'évanouir ma théorie favorite, et malgré toute ma philosophie, mon amourpropre en souffrait. Je demandais toujours à don Manuel sil était bien sûr de ce qu’il avancait, et plus il parlait avec assurance, plus je montrais d'incrédulité.
Enfin, il offrit de me donner des preuves matérielles de son assertion , et il m'en donna en effet auxquelles il me fut impossible de résister. Nous primes le J’ocabulaire espagnol-othomi de Yepès, que nous avions à la main et qui est très ample *. Il me fit voir et toucher au doigt que tous les mots indiens qui paraïssent polysyllabiques ne sont, dans le fait, que des monosyllabes significatifs, joints ensemble sans aucune liaison , soit au moyen de consonnes ou de voyelles serviles, ou de laltération de quelques sons, comme dans le verbe latin prodeo formé
1 Catecismo y Declaracion de la Doctrina cristiana, en lengua Otomi, con un Vocabulario del mismo idioma, compuesto por el R: P. Fr. Joaquin Lopez Yepes , Predicador apostélico y Discreto del Colegio de propagandä fide de N. S. P.S. Francisco de Pachuca. Megico, 4826 , in-4°, 254 pp.
Es UT
de præ et eo, par le changement d’æ en o et l'intercallation de la consonne d, mais agglutinés, pour me servir de l'expression d’un illustre philologue, dont la science déplore la perte, sans le moindre artifice, pour effectuer leur jonction. Je fus obligé de céder à une preuve aussi convaincante, et mes doutes dès-lors furent complètement levés.
J'engageai alors M. Najera à mettre par écrit ses idées sur ce sujet et à leur donner le développement nécessaire, ce qu'il fit dans un mémoire écrit en langue latine, que je présentai en son nom à la société philologique américaine, et qui est imprimé dans le cinquième volume de la nouvelle série de ses Transactions. Des exemplaires de ce mémoire ont été envoyés aux académies et à plusieurs savans distingués dans différentes parties de l’Europe. Plusieurs journaux scientifiques en ont fait une mention honorable.
Dans cet ouvrage, l’auteur prouve évidemment que la langue des Indiens Othomis est purement monosyllabique. Il y offre des exem-— ples de toutes les parties du discours, et de la manière dont elles se combinent par la syntaxe.
* Le baron Guillaume de Humboldt.
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Il fait voir comment , dans les verbes, les idées de personnes, de temps et de modes, sont exprimées, comme en chinois, par des monosyllabes significatifs. Il a traduit dans cette langue l’onzième ode d’Ananéon , Zn seipsum , et en a donné l'explication mot à mot avec des remarques grammaticales. Enfin, il n’a rien omis de ce qui était nécessaire pour opérer la conviction de ses lecteurs.
Des langages du même genre doivent nécessairement se ressembler à beaucoup d’égards dans leur syntaxe; aussi a-t-il fait voir un grand nombre de ressemblances frappantes éntre les formes grammaticales du chinois et celles de l'othomi ; il a même trouvé quelques affinités dans les mots; mais il a été bien loin de vouloir faire croire que l'une de ces langues serait dérivée de l’autre, ou qu’elles procéderaient toutes deux d’une langue commune. Ceux qui ont pu imaginer que tel était son but se sont certainement trompés. Rien ne porte encore à penser que l’Amérique ait été peuplée par la Chine ou la Chine par l'Amérique.
J'ai cru devoir faire connaître ce fait à mes lecteurs tel qu'il s'est présenté à moi lorsque j'étais imbu d’une opinion absolument contraire,
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et qui était cependant fondée sur une multitude de faits, ainsi qu'on le verra par le Rapport lu au comité d'histoire et de littérature de la société philologique américaine, imprimé à la suite de ce mémoire; ce qui me confirme dans la maxime que j'ai depuis long-temps adoptée, et que je n’ai peut-être pas assez suivie, que dans les sciences, et surtout dans les sciences métaphysiques, #/ ne faut pas se häter de généraliser.
Philadelphie, juillet 4837.
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