I. Langue du Groenland
Nous tirons les exemples suivans de la des.
cription de ce pays par le vénérable Hans Egede, qui y résida vingt-cinq ans en qualité de missionnaire, 1° Aulisariartorasuarpok : 1] s'est hâté d’aller-
pêcher.— Ce mot est composé
des suivans :
Aulisarpok , il pêche : on a retranché la syllabe pok, qui désigne la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif, ou plutôt, on l’a transportée à la fin du mot composé.
Peartorpok:, il est après à faire quelque chose. On a encore retranché pok, et au lieu depeartor, on amis zartor.
Pinnesuarpok, 1 se hâte. On a changé pinnesuar en asuar, et on a terminé le mot par la syllabe po# retranchée des
deux premiers.
2° Agglekiniarit : T âchez de mieux écrire. —Ce mot est composé des suivans.
Agglekpok , 1 écrit. Pok est retranché.
Pekipotk, 1 fait mieux ou faire mieux. La langue n’a point d'infinitif, Il n’y a
ici que la syllabe 47 ou ex qui indique ou rappelle ce mot.
Pinniarpok, il tâche, il essaie. Pok est retranché , t substitué pour indiquer le le mode impératif, le p de la premièresyllabe est aussi retranché ; riar où Zaiar est (out ce qui est emprunté de ce mot.
IT. Langue du Chili.
Nous tirons les exemples suivans de l’intéressante description du Chili par l'abbé Molina.
1° Iduanclolavin : Je ne désire pas manger avec
lui. — Ce mot est ainsi composé :
I pour #7, manger ; r signe de la première personne du singulier du présent de l'indicatif, rejeté à la fin du mot; le reste est formé dé mots significatifs insérés en entier : duan, désirer; clo, avec la, non; vi, lui; ñ, forme verbale transposée de la première syllabe, ce qui ferait :
manger désirer avec non lui mot,
2° Pemepravin: Jesuis allé le voir en vain. L’auteur n’analyse pas ce mot ; il fait voir cependant combien d'idées
cetté langue rassemble dans une | seule parole.
1] suit naturellement de ce système que ces langues doivent abonder en une espèce de verbes que nous nommerons circonstanciels , parce qu'ils joignent à l’action ou situation principale, une foule de circonstances accessoires. Nous allons en donner quelques exemples tirés de langues éloignées l’une de l’autre, dont l’une est de la partie méridionale, l’autre de la partie septentrionale du continent américain.
1° Langue du Chili. — Extrait de Molina.
Elun, donner.
Eluelen, être dans l’action de donner, être donnant.
Eluguen , donner plus, davantage.
Eluduamen, désirer donner.
Eluyecumen, venir donnant.
Elullen, donner réellement, de bonne foi,
Elumen, aller pour donner , aller donner. *
Eluyaun , aller donnant,
Elumon, avoir occasion de donner.
Elupan, venir pour donner,;venir donner.
Elupen, douter si l’on donnera, : 440 09
Elupran , donner sans raison:;:sans sujet.
Elupun, passer en donnant,
jf —
Elurquen, paraître donner.
Eluremun, donner sans qu’on s "y attende,
Elulun, venir pour donner.
Eluvalen, pouvoir donner, avoir le moyen de donner,
Elumepran, aller pour donner en vain:
L'auteur ajoute ez cœtera.
2° Langue des Cherokées.
Manuscrit du missionnaire Buthrick, cité par Jarvis' et Pickering®.
Cutuwo, je me lave, je me pat
Culestula, je me lave la tête.
Tsestula, je lave la tête d’un autre.
Cucusquo, je me lave le visage. :
Tsecusquo ; je lave le visage d’un autre.
Tacasula, je me lave les mains.
Taitseyasula, je lave les mains d’un autre:
Tacasula, je me lave les pieds.
Tatseyasula , je lave les pieds d’un autre.
Tacungkela, je lave mes hardes.
Tatseyungkela, je lave les hardes d’an autre.
* A Discourse on the Religion of the Indian tribes of north America, by Samuel F. Jarvis: New-York, 1820.
# Observations on.the language of. the Muhhekaneew Indians , by Jonathan Edwards. D. D. à new edition with notes, by John Pickring. Boston, 1823.
Tacutega, je lave des plats.
Tseyuwu, je lave un enfant.
Cowela, je lave de la viande.
Les noms se modifient par un procédé analogue. Mais nous en avons dit assez pour faire connaître le caractère général de ces langues; il est temps que nous venions à celles qui font
l'objet principal de ce mémoire.