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nous avons donné des exemples. On verra le méême-miot passer , per saltum, du nord au sud et de l’est à l’ouest , tandis que la même: chose sera exprimée par différens mots dans les lan gues voisines. Sans doute, il y a des:subidivisions à faire dans cette famille, mais cette classifica= tion n’est pas exigée de nous et ne fait pas partie de l’objet de ce mémoire.
Les langues algonquimes , non plus que celles des Hurons et des Iroquois , ne paraissent pas avoir subi de grands changemens depuis deux cents ans qu'elles nous sont connues. Le vocabulaire.-de La Hontan peut encore servir aujourd'hui, à peu de chose près; pour la langüe:des Algonquins proprés; des Chippéways et des Ou tawas. Il:ya quelques annéés que nous trouvant avec des sauvages Wyandots (qui sont le même peuple que les Hurons ), nous les étonnämes beaucoup en parlant leur langue au moyen du dictionnaire du père Sagard. ‘ } quelCharlevoix a beaucoup trop déprécié*. Ils entendirent parfai-
* Dictionnaire de la langue hurônne, par Fr. Gabriel Sa- gard, récollet.de Saint-François; de la paroïsse de 'Saint- Denis. Paris, 1632, in-1 2: Cet ouvrage est communément relié avec « le Grand voyage au pays des Hurons,. » par.le même auteur.
2 Les Jésuites et les Franciscains étaient jaloux les uns des autres en Canada, comme ils le furent à la Chine.
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tément ce que nous leur lûmes, et leur interprète nous en donna l'explication, en anglais, entièrement conforme à celle du livre que nous tenions à la main. Cet auteur, dans sa préface, compare la langue huronne à celle des Epicérys (tribu aujourd’hui éteinte) et des Canadiens ou Montagnets afin de-faire voir combien elles diffèrent lesunes des autres. « Les Hurons, dit-il, appellentun chien gagnenon ; les Epicérimys arionce; les Canadiens ou Montagnets alimoy. Pour dire ma mère en huron, on dit añdouen ét en canadien necaout '; il est aisé de reconnaître dans arionce et alimoy , alum, arum, anum, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent , et dans rcaoui le nigaous des Abénaquis, et.le n’gahowés des Lénâpés (voyez le Vocabulaire au mot mère), un peu variés par la différence. des dialectes et peut-être aussi par les formes grammaticales, sinon par l'oreille et l'orthographe de l'écrivain, Ce qu'il y a de remarquable c’est que, dans ce long espace de deux siècles, l’iroquois et le huron d’un côté, et les langues algonquines de l’autre ne.se sont. nullement rapprochés par l'adoption des mots de leurs langues respec-
! C'est que les Hurons étaient de la famille iroquoise, et les Epicérys ou Epicérinys, ainsi que les Canadiens ou Montagnets, de la famille algonquine, ce dont le bon père ne se doutait pas.
tives, quoiqu’ils habitassent le même pays et malgré leurs fréquentes communications mutuelles , tant en paix qu’en guerre: C’est un phénomène qui nous paraît bien digne d'attention.
Cependant certaines tribus ont adopté plusieurs mots des langues européennes. Les Micmacs' se saluent en disant boujourti (bonjour à toi); ils appellent un chapeau monchapoug, n’oubliant point d’adjoindre le pronom préfixe. Ils ont aussi emprunté des mots anglais ; ils disent blakit pour blanket (une couverture }.et djackit pour Jacket (un gilet).
Les Abénaquis* ont aussi introduit dans leur langue beaucoup de mots francais et anglais: Les premiers ont principalement trait à la religion; ils disent, angéri, ange, nécommunicoussi, je communie, confesséouiarmé, se confesser,sancté (de sanctus) jour de fête, etc. Ils ont aussi des mots francais d’une autre espèce : ils appellent une monnaie de cuivre soumarkinak ; une bouteille potanié, etc. Leurs mots anglais ont en général rapport à l’agriculture et au commerce, comme mannt, de l'argent (money), kaous, bœuf ou vache (cow), ahassou , cheval (horse), coucou, chaudière (cook ); prkess ,
! Massachusetts Hist. coll. vol. 6.
2 Rasles, Dictionnaire abénaqui.