CHAPITRE VII
Idéologie.
Nous voici arrivé à la partie la plus importante
de ce mémoire, celle qui est proprement et purement grammaticale. Nous croyons lavoir ; par les observations précédentes et les deux vocabu:
laires qui y sont joints, atteint, autant qu'il est
en nous, le but proposé par la commission; quant
à la partie lexicographique, la tache qui nous reste à remplir est infiniment plus ardue. Nous allons cependant faire notre possible pour y par-
2 4 14 a venir, non sans solliciter beaucoup d’indulgence. La marche que nous nous proposons de suivre est de traiter successivement et séparément de chacune des parties qui, de temps immémo-
rial, ont été considérées par les grammairiens
comme composant ce qu’on appelle Le discours, ou , pour parler avec plus de précision, Le langage. Cette division en huit ou neuf parties est une admirable analyse de la pensée humaine et nous paraît encore plus applicable aux idées qui se présentent à notre esprit qu'aux langues qui s'efforcent de les exprimer. Car il y a telle partie du discours, l’article, par exemple ; dont cer-
taines langues sont entièrement dépourvues ;
toutefois on le trouve en analysant la pensée, et lorsque la langue ne l’exprime pas, l'esprit le sous-entend. De même, il existe des langues où
ces parties sont confondues dans les mots,
comme ils le sont dans les idées avant que l’ana- | lyse les ait développées; c'est ce qu’on pourra
observer d'une manière bien frappante dans les
langues dont nous traitons; mais il est impossible de parvenir à analyser les formes de ces langues autrement qu’en analysant les idées qu’elles rappellent et qu’elles rendent présentes à l'esprit: Lorsque, dans une langue indienne, nous voyons un groupe d'idées rassemblées et, pour ainsi dire , agglomérées sous la forme d’unseul mot,
ce n’est qu'au moyen des élémens que ce mot rénferme que nous pouvons Connaître sa Signification. Nous appliquerons donc aux idées la division de ces élémens que les grammairiens ont appliquée aux mots, et de là nous passerons ‘aux formes dont ils sont revêtus, soit séparé mént par une méthode analytique, soit par une confusion apparente, au moyen de ces formes polysynthétiques qui dominent plus ou moins dans toutes les langues de l'Amérique.
Mais avant de procéder ainsi analytiquement, nous eroyôns devoir jeter un-coup d'œil rapide qui embrasse dans leur ensemble les langues dont nous avons à parler,