M. Schoolcraft écrit sagian , mais. on sait que dans ces
langues le g étle# se confondent souvent dans la prononciation. La Hontan écrit sakia.
üve du pluriel du genre animé. Nous ne cons naissons pas l’origine du nom ici donné aux Français.
Ogisakian, il les aïmait. 0 en chippéway et #w.enlénàpé, est le signe préfixe de la troisième personne dans les deux nombres, ar ,. signifie la même chose au pluriel dans une forme transive du verbe; sak, saki, sakia est la racine du verbe aimer; gi, préfixe, indique le prétérit. ;
Ain, la phrase entière signifié :
Pontiac eux les Français il les aimait. La terminaison az fait accorder le substantif avec le verbe. | ; |
Pontiac était un célèbre chef de sauvages, qui, après que les Francais eurentperdu le Canada , combattit encore long-temps contre les Anglais, pour l'indépendance des tribus indiennes.
Zeïisberger n'indique pas cette double forme dans sa grammaire lénâpé, mais il en fait sou vent usage lorsqu'il écrit ou traduit dans cette langue. Il dit, par exemple : Dabidall patamawos (pibius , Dieu répéta à David’, patama- 1v0s wtellawall Abrahamall, Dieu dit à Abraham; al} est la désinence pronominale £/, ou /ui; dans la première de ces phrases, elle est seulement adjointe au substantif; däns la Secoñde, au substantif et au verbe, qui ainsi s'accordent.
Voilà tout ce qui a rapports, dans les langues algonquines, à ce qu'on appelle cas dans les langues savantes de l’Europe. IL n’est pas diff cile, cependant, mais dans un sens difféfent, de former des déclinaisons dans les’ idiomes +sauvages. M. Schoolcraft en compte six-dans le chippéwaysqui, par différentes désinencés, font connaître le nombre du.substantif joint aux formes pronominales : ainsi, ‘mon père, son père, nos pères, etc., exprimés en un seul mot,
auront chacun une désinence particulière, qui
distingue à la fois le nombre et la personne. Ilen est de même des déclinaisons. pour-les genres ; mais tous ces détails, excellens pour ceux qui veulent apprendre à parler ces-idiomes , ne ser viraient pas beaucoup à en faire connaitre le caractère grammatical, qui est l’objet de ce mémoire*. Il suffit de savoir que des genres ét lés nombres se désignent par des inflexions du mot principal ; et souvent du nom et du verbe pour la concordance*; nous aurons assez occasion
* Les différences dans les désinences qui donnent lieu à M. Schoolcraft d’en former différentes déclinaisons; sont, en, général, euphoniques , et dépendent de la voyelle ou de la consonne qui précède l’inflexion du mot, et par conséquent la gouverne. "ru
* On ne s’attendrait-pas à trouver des concordances dans des-langues qu’on appelle barbares.
de les faire connaître, ou au moins les principales.
‘Le genre, comme nous l'avons dit , est animé ou inanimé. Cela n’empêche pas qu'il n’y ait des manières de désigner les différences de.sexe, lorsqu'il le faut. Cela se fait quelquefois en donnant un‘nom différent à l'animal mâle età l’animal femelle, comme quand nous disons cerf et biche; mais, le plus souvent, on fait précéder le substantif du mot homme ou femme , ou du mot mâle ou femelle.
Nous allons en donner quelques exemples tirés de la langue des Chippéways.
Dans cette langue, y4bé (que M. Schoolegif écrit iabai) signifie mâle, et nôjé (qu'il écrit nôzhai) signifie femelle.
n6s, mon père, ninyah, ma mère.
niningwan, MOn gen— züssim, ma bru.
dre ogima, chef de tribu, ogimakwa(ojimacoué), la femme d’un chef (d'ickoué, femme).
addik, un renne. neetshäni (nitchani), sa femelle.
animoos (animous ), kiskishai ( kiskiché), chien, chienne.
On fait le plus souvent précéder le nom des
animaux du mot imäle, ou du mot feméllé que nous avons donnés dde.
Le même système a lieu dans les autres langues : en lénâpé on dit chans; frère aîné; mis, sœur aînée ; /ernochesmus, frère cadet ; da der chesmus, sœur cadette; de sorte que le mot chesmus, qui seul signifie frère aîné, joint au mot /rino (homme) signifie frère cadet; et joint à ochqueu (femme), sœur cadette; de même, on dit noschik, mon oncle, #’piwitak, ma tante. Quelques animaux ont des noms différens, selon leur sexe; mais la plupart se distinguent par lennowechurn (male), et ochquechum (femelle), qui précède le nom générique de l'animal. Il serait facile de multiplier ces exemples dans les différens idiomes; mais on ne verrait partout que le même système très peu varié dans les détails.
Le genre proprement dit (animé ou inanimé) !
n’a point au singulier de forme qui lui soit propre, ce n’est qu'au pluriel qu'ilse distingue par
! En chippéway, selon M. Schoolcraft, il y a quelques objets qui, quoiqu’ils n’appartiennent pas proprement au genre animé, énrecoivent, cependant, les formes, tels que les serres de l'aigle, les pattes de l’ours, les cornes des quadrupèdes, le castoreum du castor, les ongles de l'homme, l'écorce extérieure des arbres, etc. Ce sont des titres dé noblesse grammaticale.
des inflexions que nous allons faire connaitre em parlant des nombres.
Le nombre, non plus que le genre, n’a aucune forme distinctive au singulier ; le pluriel seul recoit les désinences qui indiquent à la fois ces deux modifications de l’idée. On connaît le sin gulier par l'absence des formes du pluriel, et le genre par là nature de l'objet, de sorte que la distinction qui existe entre le genre animéet l’inanimé paraît être purement de luxe. Si elle frappe limagination comme plus belle que celle des genres sexuels, on peut dire aussi que celleci est plus nécessaire pour l'intelligence du discours, on l’a seulement portée trop loin en l'appliquant à des objets’ qui n’ont point de sexe”. |
Nous parlons ici seulement des substantifs sous leur forme simple et nominative. Ils ont au pluriel une désinence indicative du genre, mais
? Cette distinction de sexe pour les objets inanimés est néanmoins dans la nature. En anglais, un vaisseau, une montre, soit souvent considérés comme du genre féminin, on dit familiérement ske, elle, lorsqu'on en. parle. C’est que ce sont des objets auxquels on s'attache, on en fait, pour ainsi dire, sa maîtresse; ainsi c’est dans les affections humaines qu’on ‘peut trouver l'origine de plusieurs modes d'expression qui nous paraissent bizarres, même dans nos langues.
qui désigne en même temps le nombre, puisqu’ellele distingue du singulier quin’en a aucune. Dans la plupart de ces langues, cette désinence est en ak, og pour le genre animé, et en as, all, ar, an, pour le genre inanimé. En voici
quelques exemples : »
Genre anime pluriel.
Pluriel.
Lénâpé. : Tscholens, oiseau. Tscholensak.
Tipas, volaille. Tipâsak. Abénaki. Sipsis, oiseau. Sipsissak.
Massach. Wosketomp, homme. Wosketompaog. — L’a prononcé é est euphonique.
Mittamwossis, femme. Mittamwossisog.
Ox, bœuf. Oxesog. — C'est un mot anglais introduit dans la langue et pluralisé par Eliot.
Mahican. Nemannauw, homme. Nemanwauk.
Genre inanimé.
Pluriel.
Lénâpé. Achsin, pierre. Achsinall. | Wikwam, maison. Wikwahemall. — He est ici pour l'euphonie.
Abénaki. * Wigouam, maison. Wigouamar.
Mahican. Ukisk, son œil. Ukiskouan.
On voit que ces différentes terminaisons recoivent des modifications euphoniques ; cela est particulièrement sensible dans le chippéway où les terminaisons ag (genre animé) et az (genre
inanimé) se changent en eg, ig, og ug, el en,
in, on, un, Selon la voyelle qui précède : ainsi,
de ojee, mouche, on fera ojeeg ; de iskodai, feu (inanimé), on fera iskodain, etc. Mais ces détails nous mèneraient trop lom.
Nous n’avons parlé jusqu'ici que du substantif dans sa forme simple et primitive, mais lorsqu'il est joint au pronom possessif, il se décline d’une manière qu’il serait difficile de faire comprendre autrement que par des exemples. Il recoit des inflexions auxquelles nous ne connaissons rien d’analogue dans les langues de l’ancien monde. Au singulier, il n’en recoit qu’à la troisième personne, et cette terminaison est toujours du genre inanimé. Dans les différens pluriels, ses désinences représentent le genre, et sont variées de façon à faire distinguer les différences entre le singulier joint au pluriel, le pluriel joint au smgulier et le double pluriel. La distinction entre le pluriel général ou inclusif, et particulier ou exclusif, n’a lieu dans les noms, comme dans les verbes, qu'à la première personne. Enfin, les exemples suivans, tirés-des idiomes chippéway et lénâpé feront mieux connaître ce mode étrange de déclinaison, qu'aucune explication que nous en pourrions donner.
A à p DECLINAISON PRONOMINALE * Du mot pére, os en chippéway, ock en lénäpé. 1. Singulier.
Mon, ton, son.
Chippéway. Lénàäpé.
N6s, nôch, mon père.
K6s, kôch, ton père.
Osan, ochwall, son père à lui ou à elle.
: Cette désinence az ou all est, comme on voit, du genre inanimé, quoique le mot père soit du genre animé. La terminaison a», en chippéway, n’est autre chose que le changement ordinaire du /en 7. Dans d’autres langues, c'est r qui
prend la place.