V. LANGUES DE L'ÉTAT DE NEW-YORK
On sait que la partie occidentale de cet état, du côté des lacs, était occupée par les tribus iroquoises, appelées les cinq, et ensuite, les six nations. À l'époque de la guerre de 1756, ce territoire était considéré comme appartenant à ces peuples, sous la protection de l'Angleterre. La France en réclamait une portion, comme faisant partie de la Nouvelle-France, et y avait même
des établissemens. Les bords de la rivière d'Hudson , possédés par les Hollandais, et ensuite par les Anglais, étaient peuplés principalement de Mahicans, mêlés avec d’autres nations, dont il ne nous reste que les noms. Il n'existe aucun ouvrage qui nous soit connu sur les langues indiennes de cet état, excepté celle des Mohawks, tribu iroquoise, dont il ne doit pas être question dans ce mémoire. Nous avons, cependant, un vocabulaire manuscrit de la langue des Unquachog , reste de tribu indienne qui habitait alors sur la côte méridionale de l’'Ile-Longue (Long- Island). Ce manuscrit nous a été communiqué par M. Jefferson. Cet illustre citoyen possédaitaussi des vocabulaires des langues des Shinicocks et des Montaks, reste de tribus qui habitaient encore sur cette même île; mais ils furent perdus avec d’autres papiers, par suite d’un accident qui lui arriva en voyage. On dit que ces trois tribus ne s'entendaient pas, lorsque chacune parlait sa langue, cela n'empêche pas que les trois langues ne pussent être de la même famille. La partie orientale de cet état était habitée par des tribus de race algonquine.