‹ Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l'Amerique du NordChapitre 56 sur 129 · VII. LANGUES DES ÉTATS SUD, DU MARYLAND A LA GÉORGIE · texte numérisé non relu

VII. LANGUES DES ÉTATS SUD, DU MARYLAND A LA GÉORGIE

Les habitans des états du sud de l'Ünion-Américaine se sont très peu occupés des langues sauvages. Aussi savons-nous très peu de chose sur celles des Indiens qui habitaient autrefois ce

pays; car il ne reste aujourd’hui que les races floridiennes qui existent encore dans la Géorgie

et l'Alabama, et qui bientôt disparaîtront de là surface de ce territoire. Quelques familles de

Tuscaroras subsistent encore en Virginie. Quelques années avant sa mort, M. Jefferson nous

communiqua un vocabulaire de leur langue ; mais c’est une race iroquoise , dont nous ne nous

occupons pas dans ce mémoire.

Les seules langues algonquines de la partie méridionale des Etats-Unis , desquelles nous ayons quelque connaissance , sont celles des Nantico— kés, des Shawanos, des Pampticoughs et de ceux qu'on appellait Pawhatans. Ce que nous en savons est bien peu chose.

Nous ne connaissons des Pampticoughs , originaires, dit-on, de la Caroline, que quelques mots répandus dans le vocabulaire comparatif du docteur Barton‘ et dans quelques autres ouvrages; autant que nous pouvons en juger, cette langue a beaucoup de rapport avec celles du pla-

1 New views ofthe original tribes and nations of America, by Benjamin Smith Barton, M. D. Philadelphia, 1797. Secondeédition avec additions, 1798. L'objet decet ouvrage était de prouver l’origine asiatique des tribus indiennes de l'Amérique, en comparant leurs langues avec celles de V'Asie, dont les mots sonts extraits du grand vocabulaire de Pimpératrice Catherine.

teau du Mississipi, dont nous parlerons à leux place.

Les Shawanos, appelés par les Francais Chaouanons, sont, dit-on, originaires de la Floride et de la Géorgie, ce que leur nom, qui signifie habitans du sud , comme celui des Abénaquis (Wapanachki) (habitans de l’est), semble confirmer ; mais il paraît qu'ils se sont considérablement étendus dans le nord, puisqu'il en est fait mention dans les écrits des voyageurs et des missionnaires français au Canada. On n’en trouve plus dans le pays primitif. En 1819, ils habitaient sur les bords de l'Ohio; mais nous les placons ici à Cause de l’origine qu’on leur attribue, et dont on dit avoir des preuves, ce qu'il est inutile de discuter ici. Nous observerons seulement que leur langue ne paraît pas avoir de rapport avec celle de la Floride, elle appartient évidemment à la grande famille que nous appeiurs algonquine, et semble être un de ses dialectes méridionaux.

Il y a un vocabulaire de cette langue, par M. John Johnston, dans le premier volume de l'4rchæologia americana”, imprimé à Worces-

1 Archæologia americana ; or transactions and collections of the American antiquarian society, volume I. Worcester (Massachusetts), 1820. Cette société, à qui son fondateur , le vénérable Isaiah Thomas, auteur de {Histoire de l'im>

4er, en Massachusetts, en 1820; nous eñ avons fait beaucoup usage. Nous en possédons aussi am en manuscrit de M. Heckewelder, qui en a composé aussi plusieurs, où il compare cet idiome avec d’autres langues de la même famille ; ces vocabulaires sont restés manuscrits.

Ici commencent les langues appellées floridiennes, qui diffèrent de celles dont nous nous occupons, quoïqu’on trouve dans quelques-unes d’entre-elles , et particulièrement dans celles des Chactàs, des mots d’origine algonquine, qui font voir que cette grande famille s’est étendue autrefois bien loin dans la partie méridionale du conünent. Nous allons maintenant retourner au nord, pour suivre la route que nous nous sommes prescrite.

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