VIII. LANGUES DE L'ANCIEN CANADA
Par l’ancien Canada, nous entendons tout le pays que la France possédait ou réclamait sous ce nom ou celui de NouveLLE-FRANCE, avant la guerre de 1756. Nous n’y comprenons point ce que nous avons dénommé l’ancienne Acadie,
primerie en Amérique a laissé un legs considérable, va reprendre ses travaux suspendus depuis quelques années. Elle possède une fort belle bibliothèque et un cabinet d’antiquités américaines.
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mon plus que ce qui était censé appartenir à la Loui-: siane. Le pays dont nous parlons est situé des. deux côtés du fleuve Saint-Laurent et des grands: lacs. Il s'étend, à l'ouest jusqu'aux sources du Mississipi ; au nord d’un côté, jusque bien au delà de la mer d'Hudson ; et de l’autre le long de la côte de Labrador, jusqu'au pays des Esquimaux.. Au sud, il embrasse le territoire de Michigan et une partie de l’état de l'Ohio, et se prolonge très loin au nord-ouest. On sait que la partie de l’état de New-York qui borde les lacs, était occupée par la race iroquoise, qui se répandait en même temps dans plusieurs parties du Canada, où les Hurons, alliés des Francais, étaient la nation la plus remarquable de cette race. Les Iroquois proprement dits habitaient au sud des grands lacs, sous la protection de l’Angleterre. Ils ont presque entièrement disparu , tandis que la race algonquine qu'ils semblaient destinés à détruire , existe encore répandue sur une vaste étendue de territoire; mais la grande masse de ces peuples est aujourd’hui dans celui dont nous parlons.
Nous ne ferons pas l'énumération des nom-
breuses tribus algonquines qui n'existent plus,
mais dont les noms nous sont cependant connus; nous ne parlerons pas non plus de celles qui existent encore, mais sur les langues desquelles nous
294 cd n'avons aucun renseignement, sinon qu'elles appartenaient à cette famille. Nous traiterons seulement de celles dont nous possédons au moins des vocabulaires, dont nous avons introduit des mots dans celui qui va suivre.
Nous allons nous occuper de ces différentes nations où tribus séparément et indiquer les sources où nous aVOns puisé nos renseignemens sur chacune d'elles.
1° Algonquins.—1 s'agit ici des Algonquins purs, c'est-à-dire, de ceux que les Français ont toujours appellés et appellent encore de cenom. Nous savons qu'il y en a dans le Canada, mais nous ne pouvons dire quel est leur nombre, ni où ils font leur demeure. Des missionnaires français ou franco-canadiens se trouvent parmi eux ; Mails On ne s'est pas, à ce qu'il paraît, beaucoup embarrassé de leur langue. Cependant, nous avons oui dire qu’il en existe dans ce pays des grammaires manuserites, êt peut-être des dic— tionnaires. Nous sommes informé aussi qu'il existe aujourd’hui à Paris, dans la congrégation de Saint-Sulpice, un vénérable missionnaire , nommé M. Thavenet, qui sait parfaitement cette langue et qui possède, sans doute, des manus-, crits précieux pour la philologie indienne. Il serait à désirer qu'il en donnât une grammaire. Au reste, nous ne connaissons rien d’imprimé ou
manuscrit qui ait rapport” à cette langue, sinon lecourt vocabulaire du baron de la Hontan qui, malgré ce qu’en dit le P. Charlevoix, nous parait très exact; celui qui est contenu dans le voyage de Long, imprimé à Londres en 1796*, celui d'Alexandre Mackenzie” , et enfin celui qui nous est donné par Unfreville, voyageur anglais. Nous ne connaissons ni grammaire ni dictionnaire de cette langue. La Hontan dit quelques mots de ses formes grammaticales.
.2. Chippéways. — Nous sommes persuadé que ces peuples sont des Algonquins, désignés ici per le nom qu’ils se donnent à eux-mêmes. Leur langue parait être la même, sauf quelques lé-
1 Depuis que ce mémoire à été écrit, nous avons été informé que ce digne missionnaire réside maintenant à Rome, où il s'occupe de travaux philologiques. On dit même qu'il compte publier une traduction de la Bible en langue algonquine, sousla protection du pape Grégoire XVI. Si ce dessein s’exécute, la communion Catholique aura aussi son Eliot.
2? Voyages and travels of an indian interpreter and trader, describing the manners and custems of the north American Indians, ete. London, 1797,in-/°. Ilen existe une traduction française dans laquelle on cherche vainement les vocabulaires.
3 Voyage from Montreal on the river St.-Laurence through the continent of north America, etc. in the years 1389 and 1793. London. Cet ouvrage a eu trois éditionsen Amérique; la dernière est de New-York, 1803.
gères différences. Le vocabulaire qu’en a publié Carver ‘est tout algonquin. Cette langue, comme l'était l’algonquineil y a deux siècles , est aujourd'hui celle dent se servent les nations indiennes pour communiquer les unes avec les autres ; elle est parmi les sauvages du nord de l'Amérique, ce qu'est la langue francaise dans les cours de l'Europe. Ainsi , on est fondé à croire que cette langue est l’algonquin sous un autre nom : c'est l'opinion générale parmi ceux qui la connaissent.
Il n’y a pas long-temps que nous ne possédions rien de cette langue, que les vocabulaires de: Long et de Carver, etun plus récent par M. Keaing que nous citons; aujourd'hui, elle: attire l'attention des philologues des Etats-Unis. M. le docteur Edwin James, ancien chirurgien-major de l’armée américaine, aujourd'hui médecin, résidant à Albany, dans l'état de New-York, a demeuré long-temps parmi les nations indiennes et possède parfaitement les langues chippéway et ménoméni. Nous avons de lui imprimé une longue série de paradigmes de verbes chippé- Ways, et un vocabulaire manuscrit, dont nous avons fait usage dans le nôtre”. Nous avons ob-
| Three years travels thrô the interior parts of north America, Boston, 1797. Cet ouvrage a été d'abord imprimé a Londres en 1774.
4 Il a donné aussi un vocabulaire et quelques phrases de