‹ Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l'Amerique du NordChapitre 59 sur 129 · Ménoménis. — Pike, dans la relation de · texte numérisé non relu

Ménoménis. — Pike, dans la relation de

1 Nous apprenons que c’est le d'. James.

Jo. : féues

son voyage *, dit que les sauvages de cette nation parlent une langue qu'aucun autre Indien ne peut entendre, et que, dans leurs communicatons avec les autres tribus, ils font usage du chippéway. M. le docteur James, qui a résidé long-temps parmi cette nation, et qui sait par— faitement leur idiôme, convient de ce fait; mais il dit : que la cause en vient en grande partie de leur manière d’articuler, et que leur langue écrite ressemble beaucoup au chippéway. Il nous a donné un Vocabulaire dont nous avons fait usage dans celui-ci, et qui prouve l’assertion de ce savant.

5. Knisténaux. — On les appelle aussi Kt/listenos et Cristénaux. Cela provient sans doute de différentes tribus dont les unes prononcent leur nom par À, et d’autres par L ou À, ainsi qu'on le verra dans le Vocabulaire qui va suivre. Les Franco-Canadiens disent Cristinaux, dont les Anglais, qui aiment à abréger les mots, ont fait Cris, qu'ils écrivent Crees, suivant leur orthographe, où le double ee a le son de 1’. On appelle aussi ces Indiens Nehetawa ; il paraît que c’est le nom que se donne au moins une de leurs tri-

: An account ofan expedition to the sources of the Mississipi and throughthe westem parts of Louisiana , ete. performed during the years 1805, 1807. Philadelphia, in-8°.

en COS rire

bus. Cette nation s’étend très loin dans le Canada, et est très nombreuse. Nous n’avons de leur lan-. gue que trois vocabulaires., l’un par Unfreville, dont nous avons déja parlé; le second par Harmon ”, et le troisième par M. Say, qui a accompagné le major Long, comme naturaliste, dans sa dernière expédition *. L'ouvrage de M. Harmon est très rare, l'édition entière ayant été: achetée par la compagnie anglaise du nord-ouest. Nous avons fait usage de. ces trois vocabulaires.

6. Canadiens. — Lescarbot appelle nouvelle langue du Canada, celle des sauvages qu’il rencontra sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Jacques Cartier y avait trouvé des Iroquois, et considérait leur idiome comme la langue canadienne; Lescarbot n'ayant vu que des Alsonquins, s'imagina que la langue avait changé depuis le voyage de J. Cartier; c’est pourquoi il l'appelle zouvelle langue. 1] ne nous en a donné

* À journal of voyages and travels in the interior of north America, by Daniel Williams Harmon, «& partner in the north west company. Andover (Massachussetts ) 1820, 4 vol. in-8°,

3 À narrative of ar expedition to the source of St. Peters river, Lake W/innepeek, of the Woods, etc. under.the commandofmajor Long, by William H. Keating. Philadelphia,

1824, 2 vol.

que les numéraux d’un à dix, dont nous avons fait usage. On verra que cette prétendue nouvelle langue est un dialecte algonquin.

7. Indiens de St.-François.— C’est une tribu de race algonquine, qui habite vers la rivière de ce nom en Canada. M. Pickering, sous l'autorité de deux missionnaires américains, a publié, à la suite de ses notes sur la grammaire d’Eliot, un petit Vocabulaire de la langue de ces sauvages, dont nous avons extrait les mots qui se trouvent dans le nôtre. |

8. Montagnards et Skoffies. — Ce sont deux tribus algonquines qui demeurent à l’ouest de la mer d'Hudson. Nous n'avons qu'un vocabulaire de chacune de ces langues ; ils sont insérés dans le sixième volume des Collections de la société d'histoire de Massachusetts (première série). Nous les citons ainsi : Soc. de Mass. (société de Massachusetts).

Les Montagnards dont nous venons de parler, ne sont point les montagnards ou montagnets du Canada, de la langue desquels le P. Massé nous a donné un échantillon, qui se trouve à la fin du voyage de Champlain *, il consiste en quelques

1 Les voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada. Paris, 1632, in-4°. Dans cette édition , les prières sont précédées de : Doctrine chrétienne du R. P. Ledesme,

prières traduites dans cette langue; la Salutation angélique, par exemple, commence par Ho! ho!

Marie! Nous n’en avons pas fait usage dans ce Vocabulaire, mais nous avons cité quelquefois celui du P. Lejeune dont M. Gallatin nous a communiqué une Copie manuscrite extraite de la relation de ce missionnaire. Le P. Lejeune dit que son baragouin montagnet était parfaitement entendu des Indiens Nipissinks, que Charlevoix dit être les Algonquins purs; le fait est que la langue algonquine avec quelques modifications, est parlée par un grand nombre de tribus qui s'entendent mutuellement, et parmi lesquels les Chippéways et les Outawas sont les plus connues. l

Les Alsonquins ont été connus sous différens noms; par exemple : Algoumequins, Nipissians, Epicénérü, et ce qui est indifférent sous le rapport des langues, que nous ne pouvons connaître que par des exemples bien attestés.

Page 1