IX. LANGUES DE L'INTÉRIEUR DES ÉTATS-UNIS
Nous voulons parler ici non pas des états ma ritimes, mais de ceux qui sont situés sur le Mississipi et l'Ohio jusqu'aux grands lacs. Depuis
traduite en langage canadais , autre que celui des montagnards, par le P. Brebœuf.
long-temps, on ne voit plus ou presque plus d’Indiens dans les anciens états de l'Union, si on en excepte la Géorgie et le Maine, autrefois parüe du Massachusetts ; nous en avons déja parlé. C’est sur les bords du Mississipi, de l'Ohio, de la rivière des Illinois et de lOuabache, que demeurent les sauvages de race algonquine, dont nous allons nous occuper ; ils s'étendent jusqu’à la frontière des possessions anglaises, et quelquesuns plus loin, où ils se mêlent avec ceux dont nous avons désigné les langues sous le nom de celles de l’ancien Canada. Comme nous savons très peu de chose de ces langues ; nous n'avons pas beaucoup à dire à leur sujet.
1. Miamis. — Cette nation habite sur les bords du Mississipi et des rivières qui y portent leurs eaux, dans la partie orientale de la haute Louisiane, contrée que les Franco-Louisianais appellent encore aujourd’hui Ze pays des Ilinois; mais on trouve des Miamis jusque dans le voisinage des lacs Erié et Michigan *. Auprès d’eux sont les Piankeshaws et les Illinois, que les habitans d’origine francaise, vivant dans ce
pays, confondent avec les Miamis, de sorte que
? Voyez la carte dans le second volume de la Relation de la dernière expédition sous les ordre du major Long, par M. Keating.
nous avons un vocabulaire manuscrit en françcais de la langue des Pians (Piankeshaws), Illinois et Mi (Miamis), que l’auteur dit être parfaitement semblables, ou ne différer que très peu. Nous ne connaissons pas l’auteur de ce vocabulaire : nous le citons sous la rubrique Pian, I/-
linois et Mr. De la langue des Illinois, propre-
ment dits, nous ne connaissons qu’un seul mot, qui nous est donné par le père Hennepin, et qu'on trouvera dans notre Vocabulaire au mot zomme: De celle des Piankechaws, nous n'avons que quelques imots, extraits de l'ouvrage de Barton, que nous citons.
Mais la langue des Miamis, grace à M. de Volney , nous est mieux connue; nous avons fait beaucoup usage de son excellent vocabulaire, que nous possédons écrit de sa main, pour M. Jefferson, qui en a fait don à la société philosophique américaine. Nous avons un autre vocabulaire de la même langue, fait par feu M, Thornton, ancien chef de bureau à Washmgton, et philologue distingué; sauf une orthographe particulière que l’auteur a adoptée, son vocabulaire s'accorde très bien avec celui de Volney; il faut dire cependant qu'il a été obtenu des mêmes sources : nous avons cité l’un et l'autre.