XV. PÈRE
Nous devons observer que, dans la plupart de ces langues, les noms substantifs, indicatifs des chosesoudes personnessusteptiblesde possession ou de relation directe avec la personne, comme maison, père, frère, ami, ennemi, ont ordinairement pour préfixe la première lettre du mot qui désigne le pronom personnel, c’est-à-dire n à la première, # à la seconde, ou, o ou # à la troisième, tant au pluriel qu'au singulier. Lorsque le nom substantifcommence par o ou par 04, on lui donne souvent une terminaison particulière à la troisième personne, pour éviter l'hiatus. — Ainsi, en langue lénàpé, on dit : r0och, mon père, kooch , ton père, ochwal}, son père. Les exemples qui suivent et commencent par un 2, signifient tous 7207 père.
Outawa.
Algonquin.
Nanticôké.
Chippéway.
Shawanos.
Miami.
Potéwotami.
Ménoménis.
Lénâpé.
Délawares de N. Suède.
—deNew Jersey.
Micmacs.
Souriquois.
Massachusetts.
Narragansetts. Pian, Illinois et Mi.
Unquachog.
Mahican.
Oss. î | Hamelin.
Nouscé. La Hontan.
Nossac. Mackenzie.
Now-ozé (nozé). Ms.
Noschsch. Heckewelder.
Noosah (noucé). Carver.
Os, nos. Schoolcraft.
Nocey. Long.
Osima (abs.), nos (mon Docteur James.
père), Nochsa. Heckewelder.
Nuthau, nootkau(nout- Barton.
ka).
Notha. Johnston.
Le son du th approche de celui de la lettre s. Noxsahé. Volney.
Nokhsakh. Thornton.
Nonsah, nosah. Barton.
Nosah. ” Id.
Nonih. Docteur James.
Ooch (nooch, mon). Heckewelder.
Nook. Ë Campanius.
Nuknau. M.
Nouch. Soc. de Mass.
Nouchik. Laet.
Noosh. Ebot.
Osh. Barton.
Nossah (ah indique le Ms.
pluriel).
Cws(kous, tonpère). Id.
Oghan. Id.
Mahican. Wétochémuk. Heckewelder.
Knisténaux. Nouta, noutawi. Ms.
Nootawu (noutaoui), Mackenzie.
Montagnards. Notowee (notooui). Soc. de Mass. Skoffies. Nontowwee (nontooui). Id.
Nons n'avons pas le mot pére dans la langue des Missisagués ; mais, sans nul doute, il est dérivé de même que les précédens. Il paraît en être autrement dans la langue des Abénaki et dans celle des Indiens de Penobscot, qui en est un dialecte.
Abénaki. Tangous (père). Rasles.
. Nami Tangous ( mon Id.
père).
Amih tangoussar (son Id.
père).
Pénobscot. Meetongus (mitangous, Barton.
père).
Mikhtangus. Hale.
Komitangos (ton père). Ms.
Nami, komi, amich, sont les trois personnes du pronom possessif.
N'mikhtangus, mon père.
Mikhtangussena, notre père (en général ).
Niunanmikhtangussena, notre père ( à nous exclusivement ).
Tagwim'khtangussina, notre père (à nous deux).
La langue délaware ou.lenni-lénäpé, a plusieurs mots pour exprimer l’idée de père. M. Heckewelder nous apprend qu'il ya des nuancés très délicates entre ces différens mots. Noock, mon père, est le terme générique, celui dont
ces Indiens se servent toujours en parlant à des. Français; ils n’appellent les autres que mon frère. L'idée principale qu'exprime le mot 100ch, est celle d'amour ou de protection. 7etoochwink comprend l'idée de génération et celle de là puissance paternelle ; wetochemuxit , exprime l’idée religieuse. C’est par ce mot au vo. catif wetochemelenk, que les Lénäpés invoquent J'Étre-Suprême, Hit leurs prières et dans leurs. chants sacrés. (Corresp. de Heckewelder avec. M. Duponceau, p. 411.)
Goëthe, parlant des avantages de la langue française, s’écrie dans un moment d’enthousiasme ; «O0! qu’une natiôn est digne d'envie, qui peut exprimer des nuances si délicates par: un seul mot!" » Ne pourrait-on pas, même sans. enthousiasme, en dire autant de la langue délaware, d’après l'exemple que nous venons de.
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