TUMEUR ÉRECTILE VEINEUSE DE LA. LÈVRE INFÉRIKURE ; EMPLOI INFRUCTÜEMX
des aiguilles; ablation avec l’instrument tranchant; guérison.
Obs. 111. — Une tumeur présentant tous les caractères des tumeurs érectiles veineuses occupait toute l’épaisseur de la lèvre inférieure. Elle avait le volume d’une petite noix. M. Huguier eut d’abord recours à la méthode de M. Lallemand. Huit grosses épingles furent placées dans la tumeur, et y restèrent pendant quinze jours. Au bout de ce temps la maladie n’ayant pas changé d’aspect, M. Huguier se détermina à pratiquer l’ablation de la tumeur. Je passe sous silence les détails de l’opération et de ses suites. Je me bornerai à mentionner le résultat de l’inspection de la tumeur dans les points qui avaient été traversés par les épingles. Or, le tissu érectile n’avait éprouvé aucun changement appréciable dans le voisinage du trajet des épingles. Rien dans ces points n’indiquait que | l’on fût parvenu à enflammer et à oblitérer les vaisseaux.
Bien convaincu, d’après ces faits et d’autres analogues, que les épingles ne permettaient pas d’atteindre le but proposé, je fis alors quelques
tentatives pour y arriver d’une autre façon; car, je l’avoue, le principe éta- 3)li par M. Lallemand pour guérir les tumeurs érectiles me paraît excellent, le moyen seul est infidèle. M. le professeur Pelletan, témoin d’un des essais que j’avais tentés avec les épingles, pensa que ces corps étrangers n’enflammaient pas le tissu morbide parce qu’ils sont métalliques. 11 me donna le conseil de me servir d’épingles d’ivoire ou de corne, s’appuyant sur ce qu’on observe lorsque l’on s’enfonce un corps étranger tel qu’une écharde de bois ou une épine à travers la peau. J’eus bientôt l’occasion de traiter par ce moyen une tumeur érectile veineuse occupant toute l’épaisseur de la partie moyenne de la lèvre supérieure. En voici une courte analyse :