‹ Mémoire sur les acides aspartique et maliqueChapitre 3 sur 3 · C8 H* 0% 2 (HO · texte numérisé non relu

C8 H* 0% 2 (HO

Carbone. . . . .

Hydrogène. . . ,

Oxygène ......

Action de la chaleur. — -L’acide actif commence à fondre dans l’étuve à eau bouillante. L’aeide inactif n’est pas altéré à cette température. Si l’on chauffe davantage les acides maliques, tous deux éprouvent le même genre de décomposition et donnent les acides maléique et fumarique inactifs en proportions variables, suivant la manière dont on règle l'application de la clialeur. En plaçant dans un même bain d’huile deux tubes contenant, l’un de l’acide malique actif, Faulre de l’acide malique inactif, et élevant graduellement la température, 011 trouve que l’acide actif entre eu

fusion à ioo degrés et l’acide inactif à 1 33 degrés seulement. D’autre part, si l’on note avec soin 1 instant précis où se forme le premier dépôt de vapeur d’eau sur les parois^ froides des tubes, ce qui est l’annonce de la décomposition des acides , on trouve que l’acide actif commence à se décomposer à i4o degrés et l’acide inactif à i5o.

Maintes actifs et inactifs ,

L’acide malique actif donne lieu , avec les divers oxydes métalliques, à des malates qui tous ont la propriété rotatoire s’exerçant tantôt à droite , tantôt à gauche. Ces malates sont bien connus et ont été étudiés par divers chimistes. Or, à chacun de ces malates actifs répond un malate inactif de même composition chimique, et qui prend naissance exactement dans les mêmes conditions. Je m’occuperai surtout, dans ce travail , des bimalates d’ammoniaque , des bimalates de chaux et des malates de plomb actifs et inactifs.

J’apprécie très-bien l’utilité de l’examen comparatif de tous les malates et de tous les aspartates actifs et inactifs, et je me réserve de présenter cette étude dans un travail ultérieur, lorsque je serai en possession de grandes quantités de matière première, nécessaire à la production, sur une grande échelle, de ces intéressants produits. Mais les résultats principaux de ce travail sont suffisamment établis par les faits qui s’y trouvent consignés. L’étude comparative d’un plus grand nombre de produits actifs et inactifs n ajouterait rien aux conséquences générales déjà mises en évidence par les détails que j’ai précédemment exposés.

Bimalate d’ammoniaque actif \

Le bimalate d ammoniaque actif cristallise en beaux prismes droits rhomboïdaux. Sa forme est représentée fig. 9 et io. En voici les angles principaux :

L par derr.

rn par derr.

m' par der.

— io4 • 36

Ce sont tantôt les faces m , tantôt les faces m1 qui sont le plus développées. Quelquefois il n’existe que l’un des deux couples (m, m) ou (m' , m /;).

Le bimalate d’ammoniaque se présente, en général, avec une forme cristalline homoédrique. Cependant j’ai obtenu des cristaux hémiédriques , et notamment dans le bimalate d’ammoniaque que j’avais produit au moyen de l’acide manque extrait de l’asparagine. Dans ce cas , il arrive souvent que la base P n’est pas rendue nulle par le développement des faces m et et que les cristaux portent les facettes hémiédriques h ^ fig. 10.

Poids spécifique. — - Le poids spécifique du bimalate d’ammoniaque actif, par rapport à Falcool absolu, à la •température de i2°,5 est égal à 1,9349» Cet alcool avait pour densité 0,801 13 à 12°, 5*, la densité de l’eau, à cette température, étant prise pour unité. Il résulte de là que le poids spécifique du bimalate actif, par rapport à l’eau à 12°, 5, est égal à i,55oo.

Solubilité. — J’ai trouvé que 400 grammes d’eau à i5°,y dissolvent 32gt , i5 de bimalate d’ammoniaque actif. Ce résultat a été obtenu en abandonnant à une évaporation spontanée un poids déterminé d’une solution de ce bimalate en train de cristalliser. 981, 196 de solution ont donné 2gr,237 de bimalate cristallisé pur et sec.

Pouvoir rotatoire. J’ai trouvé, l’année dernière (Mémoire déjà cité), le pouvoir rotatoire du bimalate d’ammoniaque égal à — 7 degrés J’ai repris cette mesure, et j’ai trouvé ce pouvoir moléculaire pour 100 millimètres plus 'voisin en réalité de 6 que de 7 degrés. Il 11e sera pas sans utilité de donner, à ce propos, quelques détails sur la

détermination des déviations, au moyen de i appareil de M. Soleil.

J’ai à ma disposition un appareil à compensateur } où je puis établir un tube de 5o centimètres et des tubes de moindre longueur. Le tube de 5o centimètres donne lieu à des réflexions intérieures qui déplacent le zéro de i degré environ. On peut faire varier beaucoup plus îa position du zéro en ne pas regardant exactement dans l’axe du tube. II faut faire usage de diaphragmes ou corriger chaque fois l’erreur due au déplacement du zéro. Quand on emploie des tubes de 20 centimètres environ, il n’y a pas de réflexions Intérieures , et, partant, pas de correction à effectuer. Mais la position de i’œil a toujours de l’influence. Cette cause d’erreur, jointe à celle qu’occasionne la difficulté d’établir l’identité des teintes , surtout pour certains liquides , ne met pas trop en défaut des mesures de fortes variations. Mais pour celles qui ne dépassent pas 5 ou 6 degrés, la détermination exacte d’un pouvoir rotatoire devient très-difficile 5 à plus forte raison lorsque les déviations sont de 2 à 3 degrés seulement. Or il y a beaucoup de substances pour lesquelles il est difficile , à cause de leur peu de solubilité , de dépasser une déviation de quelques degrés. Dans tous ces cas , il faut n’accorder qu’une confiance très-réservée aux mesures des déviations.

Que l’on me permette de revenir, à cette occasion , sur le pouvoir rotatoire de l’asparagine. Dans le travail où j’ai fait connaître l’existence delà propriété rotatoire dans l’asparagine, l’acide aspartique et l’acide maîique, je me suis exprimé de la manière suivante :

« L’asparagine , en dissolution dans l’eau ou dans les alcalis , dévie à gauche le plan de polarisation. Elle le dévie , au contraire, à droite, quand elle est en dissolution dans les acides. — L’asparagine est très-peu soluble dans l’eau froide. Cette circonstance, jointe à la faiblesse du pouvoir rotatoire, fait qu’une dissolution aqueuse d’asparagine sa-

turee à 8 ou 10 degrés ne donne pas. dans le tube de 5o centimètres, une déviation sensible à l’oeil, meme en faisant usage de la double plaque de M. Soleil . La dissolution saturée à 25 degrés donne déjà une déviation appréciable qui devient manifeste si l’on observe une solution chaude concentrée. »

Je me suis contenté , par conséquent , d’établir l’existence du pouvoir rotatoire de l’asparagine en solution aqueuse et le sens de cette déviation. Il est impossible de faire plus, à moins d’opérer à une température élevée et avec une solution assez chargée d’asparagine pour que la déviation devienne mesurable avec quelque rigueur.

J’insiste un peu sur ces détails, parce que M. Dubrunfaut a publié, dans les Comptes rendus de i85i, une Note où il dit : « L’asparagine pure possède un pouvoir rotatoire notable , quoique M. Pasteur déclare n’avoir pu le mesurer à la température de 25 degrés. En effet , 28 grammes d’asparagine, dissoute dans un litre d’eau, ont donné une rotation égalé à , 0\ 0 de millimètre de quartz, dans un tube de 5o centimètres. »

Exprimée en degrés, cette déviation est égale à o°,i2. Cela indique déjà que l’asparagine a un pouvoir rotatoire très-faible. Mais ce qui montre bien le peu de valeur de ces mesures numériques dans des cas où les déviations sont si minimes, c’est qu’en répétant l’expérience de M. Dubrunfaut j’ai trouvé o°,6 au lieu de 0,1. Je le répète donc, lorsque des substances ont un aussi faible pouvoir rotatoire, et surtout aussi peu de solubilité à froid, il faut se contenter d’indiquer l’existence et le sens de la déviation.

Action de Ici chaleur sur le himalate cl ammoniaque actif. — Lorsque l’on chauffe au bain d’huile, de 160 à 200 degrés, comme l’a indiqué M. Dessaignes, le himalate d’ammoniaque, il se transforme en un produit peu soluble dont la composition est la même que celle de 1 acide aspartique, moins les éléments de l’eau.

Voici 1 analyse de ce curieux produit :

100 degrés, ont donné o,483 d’acide carbonique et 0,102 d’eau. D’autre part, oSr,24^ ont donné 0,222 de platine en dosant l’ammoniaque par le procédé Will et Fresenius.

Ces résultats correspondent à la formule

G8 H1 Az O5.

Trouvé.

Calculé.

Carbone. . . .

Hydrogène . .

Azote. . . . . .

Oxygène. . . .

Cette composition nous montre que quand on fait bouillir cette matière avec l’acide chlorhydrique , dans le procédé de préparation donné par M. Dessaignes, pour l’acide aspartique inactif, il y a simplement fixation de 3 molécules d’eau. En effet, on a

C8 H4 Az O5 + 3 (HO) = G8 H7 AzO3.

Ac. aspartique crist.

Voici d’ailleurs la réaction principale de la décomposition du bimalate d’ammoniaque :

G8 H4 O8 Az H4 O 4- HO = G8 W Az O5 -f- 5(HO).

Mais il est facile de reconnaître que l’eau qui se dégage est chargée d’ammoniaque, de telle manière qu une partie de l’acide malique doit être mise en liberté. Aussi il prend naissance de l’acide fumarique et de l’acide maléique. J’ai retrouvé, en outre, dans la partie soluble du résidu de l’opération, les acides maliques actif et inactif (1).

(1) Il est facile de transformer en la substance C* H4 AzO1* tout l’acidc

malique du bimalate d’ammoniaque. Fai remarqué en eiïel que si Ton bu

La présence de l’acide malique inactif dans la partie solubie du résidu de la décomposition du bimalate d’ammoniaque actif est un fait assez important pour que j’indique comment je l’ai constatée. J’ai précipité la liqueur par l’acétate de jlomb, traité ensuite par l’hydrogène sulfuré le précipité lavé, puis j’ai transformé l’acide en bisel d’ammoniaque. Parmi les cristaux qui prirent naissance, j’ai reconnu la forme cristalline du bimalate d’ammoniaque inactif, que je ferai bientôt connaître, et j’en ai mesuré les

angles.

Il résulte de là que , dans les conditions actuelles, l’acide malique actif paraît se transformer en acide malique inactif, seulement par une élévation de température.

Bimalate cV ammoniaque inactif.

Le bimalate d’ammoniaque inactif se prépare comme le bimalate actif. On partage en deux une solution d’acide malique inactif, on neutralise l’une des liqueurs par F ammoniaque , et on l’ajoute ensuite à l’autre. En évaporant la solution, deux espèces de cristaux peuvent prendre naissance. Ceux qui se déposent en premier lieu ont exactement la forme et la composition du bimalate d’ammoniaque actif. C est un prisme droit rhombique, avec biseau aux extrémités. Non-seulement les formes de ces deux bimalates actif et inactif se ressemblent , mais les angles sont les mêmes, au moins à un ou deux degrés près. Je n’ai pu les mesurer •'que d’une manière approchée. C’est que les cristaux de ce bimalate inactif sont striés, très-peu nets, et paraissent, si l’on peut s exprimer ainsi , avoir eu de la peine à se former. Au contraire, le bimalate inactif donne toujours et facile-

mecte d’ammoniaque le bimalate avant de le chauffer à 200 degrés, le résidu ne cède presque rien à l’eau , et son poids est très-sensiblement , après lavage et dessiccation, celui qui est exigé par l’équation

C* H4 Os Az H4 O , HO == C’ H4 ArOl + 5( HO ).

ment de beaux cristaux limpides, à faces nettes et bien réfléchissantes.

Le bimalate d’ammoniaque actif offre un clivage facile perpendiculairement aux faces verticales du prisme. Le. même clivage se retrouve dans le bimalate inactif de même composition.

Le bimalate d ammoniaque inactif ne présente pas de facettes hémiédriques. Ainsi que je l’ai fait voir précédemment, elles existent quelquefois dans le bimalate actif.

J'ai dit que la solution évaporée du bimalate d’ammoniaque inactif pouvait donner deux espèces de cristaux. Lorsque ceux dont je viens de parler ont pris naissance (ce qui n’arrive pas toujours), si l’on décante l’eau mère qui les surnage et qu’on l’abandonne à elle-même, on voit se former immédiatement des cristaux qui , en deux ou trois heures au plus, deviennent très-volumineux, durs , d’une limpidité admirable. Autant ceux dont j’ai parlé précédemment sont lents à se produire et irrégulièrement forrués, autant ceux-ci prennent naissance facilement et sont remarquables par leur netteté.

Ces nouveaux cristaux constituent un bimalate d’ammoniaque inactif qui n’a pas encore son correspondant parmi les malates actifs. Sa composition s’exprime par la formule

C8H4 O8 Az H4 O -f- 3 (HO), ainsi que le prouvent les analvses suivantes :

I. ogr,5 de matière ont donné 0,520 d’acide carbonique et 0,290 d’eau.

II. osr,4 ont donné o,4i4 (l’acide carbonique et o,23i5 d’eau..

Calculé.

On déduit de là

Trouvé.

Carbone . 28,3

Hydrogène... 6,4

Je me suis assuré que le bimalate d ammoniaque actii ordinaire avait bien la formule généralement admise

C*H<08, Az H4 O H~ HO.

Voici la formule cristalline du bimalate d’ammoniaque inactif à 3 (HO). Elle appartient au système du prisme oblique à base rhombe. Cette forme est représentée fig. 12. On a :

Angle des arêtes d’intersect. des faces {m, m ) et (L, L) = 1 io°56

Rien dans ces cristaux n’annonce l’hémiédrie.

Nota. — Si Ton fait cristalliser un mélange à poids égaux de bimalate d’ammoniaque inactif à 3 (HO) et de bimalate d’ammoniaque actif ordinaire, voici ce que l’on observe. Il se dépose en premier lieu des cristaux de la forme du bimalate actif ordinaire. L eau mère fournit ensuite des cristaux en prismes obliques, identiques avec ceux que je viens d’étudier. La nouvelle eau mère laisse déposer des cristaux de la forme du bimalate actif, puis, après décantation , des cristaux en prismes obliques, jusqu à la dernière goutte. Mais je reviendrai plus tard sur la cristallisation des mélanges de substances actives et inactives.

Action de la chaleur. — Le bimalate d’ammoniaque inactif soumis à l’action de la chaleur se comporte exactement comme le bimalate actif. H y a perte d eau et d ammoniaque , et formation de cet acide azoté dont la composition est la même que celle de l’acide aspartique, moins 3 molécules d’eau.

J’ai placé dans un même bain d huile deux tubes renfermant, l’un du bimalate actif, l’autre du bimalate inactif de meme forme et de meme composition , et j ai élevé gra-

duellement la température. À une différence près de quelques degrés , les phénomènes sont identiques dans les deux tubes. Ainsi à ioo degrés un papier de tournesol rouge, humide , commence à bleuir un peu dans le tube qui renferme le sel inactif. Ce n’est que vers iio degrés que le papier bleuit dans l’autre tube. A 160 degrés, le bimalate inactif entre en fusion , ce qui n’arrive que vers 1 70 degrés pour l’autre sel. La vapeur d’eau est déjà en quantité sensible dans le tube inactif à i65 degrés, tandis qu’elle n’apparaît qu’à 170 degrés dans le tube actif. Si l’on retire les tubes à 180 degrés, qu’on reprenne par l’eau les résidus, la dissolution est complète dans le tube actif, incomplète dans l’autre. La partie insoluble est l’acide découvert par M. Dessaignes, qui se transforme, sous l’influence des acides énergiques , en acide aspartique.

L’expérience précédente, répétée sur le bimalate inactif à 3 (HO), donne les résultats suivants. Le papier rouge commence déjà à bleuir vers 90 degrés, et le sel est complètement fondu de 120 à i3o degrés. En reprenant par l’eau le résidu du tube porté à 180 degrés, il reste une grande quantité de matière indissoute.

Malates de chaux neutres actifs et inactifs.

One solution aqueuse d’acide malique inactif neutralisée par l’eau de chaux ne donne lieu à aucun précipité. Ajoutet-on de l’alcool , il prend aussitôt naissance des flocons blancs, amorphes, de malate neutre.

Si l’on fait bouillir la solution aqueuse neutre précédente, elle ne tarde pas à donner lieu à un précipité grenu, cristallin , de malate neutre de chaux, très-peu soluble dans l’eau froide ou chaude ,

C8 H4 O3, 2 ( CaO ).

Enfin, si l’on ajoute à une solution de bimalate d ammo-

niaque un sel de cliaux soluble, et de l’ammoniaque en excès, il n’y a pas formation de précipité j mais, en vingt” quatre heures, des cristaux limpides , d’ordinaire réunis en mamelons rayonnés , se déposent sur les parois du vase. Leur composition s’exprime par

C8H4 O8 2 (CaO) -h 5 (HO).

Or ces trois caractères sont exactement ceux que l’on sait . appartenir à Facide malique actif ordinaire,

Bimalates de chaux actif et inactif.

Le malate neutre de chaux actif, dissous dans 1 acide nitrique faible, laisse déposer du bimalate de chaux hydraté en beaux cristaux limpides dont la forme est représentée fig. i3. C’est un prisme droit à base rhombe , portant un biseau aux extrémités. L , L sont les faces des pans 5 m , m celles du biseau. Souvent les cristaux portent les faces M d’un deuxième prisme rhomboïdal, et les faces d’un autre biseau mr , m' . Quant aux troncatures ù, elles méritent de fixer l’attention. Ce sont des facettes hémiédriques. Elles n’existent pas toujours sur les cristaux de bimalate de chaux, et jusqu’à présent je n’avais pu découvrir Fhémiédrie dans cette substance. Mais j’ai obtenu récemment plusieurs cristallisations où pas un cristal n’était privé des quatre facettes ù, que Fon reconnaît aux caractères suivants : si Fon place le cristal devant soi , disposé comme l’indique la figure, la facette ù, la plus voisine de l’observateur à l’extrémité supérieure du cristal , est toujours inclinée à droite. La loi de symétrie exigerait, par conséquent , une autre facette h inclinée à gauche de la meme manière. Cela ferait en tout huit facettes h. Or il n’y en a jamais que quatre dont le prolongement conduit à un tétraèdre irrégulier (i). On a, d’ailleurs :

(i) Les bimalates d’ammoniaque et de chaux, que je prouve avoir des structures cristallines hémiédriques, sont un exemple nouveau de cette cor-

environ ;

quelquefois rn! \ m z=z 160° env. ;

la face

m' étant remplacée par une autre

un peu

moins inclinée sur m.

Qo.

Lorsqu’on dissout dans l'acide nitrique faible le maîate neutre de chaux inactif, on obtient aussi de beaux cristaux 1 impides de bimalate de chaux inactif dont je n’ai pas encore fait l’analyse. Quant à sa forme cristalline, elle est représentée fig. 14. C’est la forme cristalline du bimalate actif. Mais, de plus, j’ai trouvé que les angles des faces correspondantes étaient sensiblement les mêmes. Quant aux faces A, elles sont au nombre de quatre seulement, mais inclinées de la même manière à droite et à gauche.

Les deux espèces de cristaux ont un clivage net et facile, parallèlement aux faces R. Ce clivage est accusé par des stries qui gênent souvent la mesure exacte des angles dans ces deux formes cristallines.

Je regrette de n’avoir pu encore disposer d’une quantité suffisante de bimalate inactif pour comparer la solubilité de

relation que dans des recherches antérieures j’ai montrée exister entre l’hémiédrie et le phénomène de la polarisation rotatoire moléculaire. L’hémiédrie, quoique possible dans une substance, n’est pas toujours accusée matériellement par une forme dissymétrique. Cela n’a rien qui doive surprendre. Beaucoup de formes secondaires sont compatibles avec une forme primitive donnée. Toutes ces formes cependant ne sont pas indiquées dans le cristal qui pourrait les revêtir. Cela est surtout sensible pour les cristaux artificiels des laboratoires, où chaque substance s’offre presque toujours avec la même forme, parce qu’en général nous faisons très- peu varier les conditions de la cristallisation. 11 arrive de même que la forme déterminée par l’ensemble des facettes hémiédriques peut ne pas exister, quoique compatible avec la structure interne du cristal.

11 est utile de noter que dans tous les exemples nouveaux d’hémiédric que renferme ce Mémoire, l’hémiédrie est toujours non superposable.

ce sel à la solubilité du bimalate actif correspondant. Une récolte abondante de sorbier me permettra prochainement de combler les lacunes que je laisse, à regret, dans le Iravail que je soumets aujourd’hui à l’Académie.

Malates de plomb actifs et inactifs .

On connaît les propriétés curieuses du malate de plomb ordinaire. Ce sel, qui a pour composition

G(i) * * * * * * 8 H4 O8, 2 (PbO) 4- 6 (HO),

est amorphe au moment de sa précipitation, et au bout de quelques heures il se prend en cristaux aiguillés. Jeté dans

l’eau bouillante, il entre en fusion et peut se tirer en longs

fils soyeux.

On retrouve exactement ces propriétés dans le malate de plomb inactif. 11 est amorphe au moment de sa précipitation , et au bout de quelques jours on voit des houppes de cristaux soyeux prendre naissance au sein de la masse et finir par l’envahir tout entière. Toute la différence que Ton remarque entre les deux malates cle plomb, c’est que le malate inactif met plus de temps à devenir cristallin que le malate actif. Le malate inactif entre aussi , et très-facilement, en fusion dans l’eau chaude (i).

(i) Le malate neutre de plomb actif, amorphe au moment de sa précipitation, ne met souvent que quelques heures à se transformer en cristaux aiguillés. Pai toujours vu, au contraire, le malate inactif rester amorphe pendant plusieurs jours. Cette légère différence entre les deux sels se manifeste dans une autre circonstance que je crois utile de signaler. Si Ton

fait bouillir dans beau les malates de p’omb neutres aelil et inaclil, ils en¬

trent aussitôt en fusion, mais une partie se dissout et se précipite par le

refroidissement et le repos de la liqueur. Alors le malate actif se dépose

après vingt-quatre heures en aiguilles brillantes, réunies en houppes. Au

contraire, le malate inactif se dépose amorphe et recouvre uniformément

les parois du vase. Mais, au bout de quelques jours, ce précipité amorphe

disparaît et se trouve remplacé par des cristaux aiguillés également réunis

Ces deux sels se dissolvent dans l’acétate de plomb, qui , par une évaporation lente, les laisse déposer en cristaux aiguillés soyeux.

Mais il est une circonstance fort importante à noter lorsque Ton essaye de reconnaître les caractères que je viens de rappeler, la transformation du malate amorphe en maîate cristallisé , et la fusion dans l’eau chaude. Je m’étonne même que cette circonstance ait jusqu’ici échappé à l'attention. Lorsque l’on verse de l’acétate de plomb dans un malate additionné d’ammoniaque , le précipité qui prend naissance est un malate anhydre qui renferme 4 molécules d’oxyde de plomb ,

• C8 H4 O8, 4 (Pb O).

Or ce sel ne cristallise jamais avec le temps et ne fond pas dans l’eau bouillante. Il fond en diminuant beaucoup de volume si l’on ajoute de l’acide acétique.

Dans les mêmes conditions exactement , il se forme un malate de plomb inactif de même composition ,

C8 H4 O6, 4(PbO).

J’ai découvert ce sel en premier lieu, et c est 1 extrême ressemblance des propriétés chimiques des deux acides maiiques qui m’a fait rechercher le sel correspondant actif. Ce malate inactif basique ne cristallise jamais avec le temps, et il ne fond dans l’eau bouillante qu’autant qu elle est un peu acide. L’acide s’empare d’une partie de la base et régénère le malate neutre.

Ces deux malates basiques sont solubles dans l’acétate de plomb, comme les malates neutres. Lorsque la solution est un peu concentrée, l’ammoniaque la précipite en blanc.

on houppes, et d’une ressemblance parfaite avec, les cristaux du malate actif.

Te crois que l’on peut employer avec succès ce caractère dans des cas où il s’agit de distinguer les malates actifs et inactifs, et que l’on dispose seu le ment de quantités fort minimes de ces produits.

Ils sont presque insolubles dans l’eau froide ou chaude. Cependant ils sont assez solubles pour bleuir le papier rouge quand on les place sur ce papier en fragments humides.

Je dois ajouter que le malate actif basique ne m’a pas offert une composition constante, ce qui peut dépendre de causes diverses. Deux échantillons provenant de préparations différentes m’ont donné, l’un 77,4? l’autre 74,5 d’oxyde de plomb. Le malate inactif m’a donné 79,09. La formule

C8 H4 0% 4(PbO)

exige 79,43 pour 100 d’oxyde de plomb.

Je 11’ai pas encore recherché la cause de ces résultats variables. Il faut dire cependant que l’acide malique actif retiré du malate basique sent fortement l’acide acétique lorsqu’on l’évapore ; ce qui indique que de l’acétate de plomb est entraîné et que des lavages à l’eau ne l’enlèvent pas au malate basique.

Il est presque inutile de dire que j'ai trouvé au malate neutre inactif cristallisé la même composition qu’au malate neutre actif

C8 H4 O8, 2 (PbO) + 6 (HO).

Lorsque le sel est amorphe, il peut perdre assez facilement toute son eau de cristallisation sous une cloche desséchée par l’acide sulfurique. La perte est plus longue, plus difficile , si le sel est cristallisé. Le malate de plomb cristallisé actif perd aussi de l’eau, mais très-lentement , dans un air sec. Même à 100 degrés, pour ces deux sels, la partie complète des 6 molécules d’eau est très-longue à s’effectuer. Il faut chauffer au bain d’huile à i5o degrés environ.

643 milligrammes de malate de plomb actif cristallisé on t perdu 91 milligrammes d’eau, ce qui correspond «à i4,ï pour 100.

5o3 milligrammes de malate de plomb inactif cristallisé ont perdu 70 milligrammes d’eau, ce qui correspond à i3,9 pour ïoo. On avait, dans les deux cas, chauffé à

i6o degrés. La formule

CHtb05 2 ( Pb O8 ) + 6 (HO)

exige

Les malates neutres de plomb cjui entrent facilement en fusion quand on les jette dans Feau chaude ne fondent pas dans l’étuve, ni à ioo degrés, ni à une température plus élevée. Ils conservent même tous deux leur aspect cristallisé jusqu'à la température de 170 degrés,' bien que la presque totalité de Feau de cristallisation soit dissipée déjà depuis environ 100 degrés. Vers 170 degrés, ils deviennent d’un blanc mat et lanugineux.

Je dois traiter, en terminant cet examen des malates actifs et inactifs, une question qu’il est naturel de se poser, et qu’il me paraît facile de résoudre. Les acides aspartique et malique inactifs ne sont-ils pas des combinaisons d’acide droit et d’acide gauche, analogues à 1 acide racémique? Cette opinion ne peut être soutenue. D’abord il y a beaucoup plus de différence entrel’acide racémique et Facide tartrique qu’il n’y en a entre les acides maliques actif et inactif. Ainsi il est rare qu’un racémate possède la composition chimique du tartrate correspondant , et dans les seuls cas même où cette identité de composition est bien constatée, on voit le racémate se dédoubler, parla cristallisation, en tartrate droit et en tartrate gauche. Mais surtout ce qui éloigne cette manière de voir, c’est le mode de production des acides aspartique et malique inactifs. L’acide aspartique inactif dérive, en définitive, des acides maléique et fümarique. S’il a une constitution binaire, il faut admettre une constitution binaire analogue dans les acides qui lui donnent naissance, à moins que l’on ne suppose que les acides fumarique et maléique inactifs se transforment par la chaleur en des groupes binaires symétriques , ce qui est encore plus difficile à concevoir. Or, admettre une constitution binaire dans les acides fumarique et maléique , c’est vouloir que Faction de la chaleur transforme une molécule

d’acide nialique actif en des groupes binaires de 2 molécules actives identiques, mais non superposables. Il est rationnel , au contraire, de penser qu’un arrangement moleculaire constitué dissymétriquement , soumis à Faction d’une température élevée, peut se changer en un autre arrangement moléculaire où la disposition spéciale qui produit la dissymétrie du premier arrangement a disparu (1).

Les résultats qui font Fohjet de ce Mémoire éclairent d’un jour nouveau la constitution moléculaire des corps» Dans des recherches antérieures, j’ai montré que les substances douées d’une action sur la lumière polarisée devaient être assimilées à ces assemblages , si fréquents dans les règnes végétal et animal , dont la dissymétrie est telle , qu’on peut en imaginer d’autres identiques, quoique non superposables : par exemple , les membres droits et les membres gauches ; par exemple, ces plantes, dont la ligne d’insertion des feuilles est une spirale dextrorsum ou sinistrorsum . Dans un cas, on se le rappelle, j’ai découvert les gauches des substances droites déjà connues. Aujourd’hui nous voyons que les combinaisons actives sur la lumière polarisée peuvent être assez peu altérées dans leur groupement moléculaire constitutif, pour conserver, sans exception, toutes leurs propriétés chimiques, en perdant seulement dans leurs molécules constituantes cette dissymétrie spéciale qui produit le caractère droit ou gauche.

(») Le bimalate d’ammoniaque, par soustraction de 5 molécules d’eau à 200 degrés, et l’acide aspartique par soustraction de 3 molécules, deviennent inactifs. On peut attribuer la perte de la propriété rotatoire à plusieurs causes : i° à Faction de la chaleur; 2° à l’expulsion de l’eau , le groupe moléculaire étant dissymétrique avant la perte de l’eau, par la disposition des atomes de cette substance au sein du groupe ; 3° on peut enfin supposer que la propriété rotatoire résidait dans l’arrangement relatif des molécules d’eau et des molécules du groupe déshydraté.

Il serait très-utile, pour avancer la solution de cotte importante question, de soustraire les molécules d’eau des groupes actifs à une basse température , et de rechercher si la propriété rotatoire disparaît encore dans ces conditions.

Aucun composé dans la science ne peut être rapproché des substances qui viennent de nous occuper, si ce n’est Fessence de térébenthine active ordinaire et Fessence de térébenthine inactive retirée, par Faction delà chaleur et de la chaux vive, du camphre artificiel solide de térébenthine. Mais je ne doute pas que ce nouveau genre d’isomérie ne soit propre en général aux substances douées de la propriété rotatoire, et que des exemples du même ordre se multiplieront, aujourd’hui que l’attention est appelée sur cette nouvelle classe de produits chimiques.

( Extrait des Annales de Chimie et de Phys 3e série, t. XXXIV.)

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