‹ Mémoire sur les biens des Jésuites en Canada [microforme]Chapitre 36 sur 51 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

RÉCLAMATIONS ET REQUÈTES DES ÉVÊÈQUES ET DU CLERGÉ DU BAS-CANADA, POUR DEMANDER LA RESTITUTION DES BIENS DES JÉSUITES.

Lettre de de Mgr Hubert, évêque de Québec, à l'honorable William Smith, Grand-juge de la Province de Québec, 18 Novembre 11789.

Le Grand-juge, l'honorable William Smith, avait demandé à Mgr Hubert, s’il croyait qu’alors une université mixte fût nécessaire ou du moins utile au Canada, Il répondit négativement, et d’une manière si solide qu’on renonça au projet d'en établir une. Après avoir montré que le Séminaire de Québec, qui depuis la cession du Canada s'était chargé de l'éducation publique de la jeunesse, et qui formait-de bons sujets pour toutes les professions, suffisait avec celui de Montréal, alors naissant et si utile dans la suite, il ajoutait dans sa réponse : ‘Un objet non moins essentiel pour le présent, serait de procurer à notre jeunesse un troisième lieu d'instruction publique. On demandera sans doute : par quel moyen ? En voici un qui n'est peut-être pas impraticable. Nous avons au milieu de Québec un beau et vaste collége, dont la plus grande partie est occupée par les troupes de la garnison. Ne pourrait-on pas rapprocher cette maison de son institution primitive, en substituant à ces troupes, sous le bon plaisir de Son Excellence, quelques classes utiles, comme seraient celles de droit civil et de navigation, auxquelles on pourrait ajouter, si l’on veut, la classe de mathématiques qui se fait présentement au Séminaire? Ce même collége ne pourrait-il pas par la suite des temps être érigé en université et se soutenir en partie par les revenus des fonds actuellement appartenant aux Jésuites? Cette manière de procéder graduellement à l'établissement d’une uni-

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versité me paraît beaucoup plus prudente et plus sûre.

Je rends aux Révérends Pères Jésuites toute la justice qu'ils méritent pour le zèle avec lequel ils ont travaillé" dans cette colonie à J’instruction et au salut des âmes. Néanmoins je ne serais pas éloigné de prendre dès maintenant des mesures pour assurer leur collége, ainsi que leurs autres biens, au peuple canadien, sous l’autorité de l’Evêque de Québec. Mais à qui 'appartiendrait le gouvernement du collége des Jésuites, s’il était remis sur pied? D'abord au R. P. de Glapion jusqu’à sa mort, et ensuite à ceux qui lui seraient substitués par l’Evêque.

Est-on surpris! d'un‘tel!projet ?,& Voici l'analyse des principes sur lesquels je l'établis :

4. Le fonds de ce collége ne consistera que dansiles biens des Jésuites.

2. La Province n’a droit de se’les approprier; qu’à raison de leur destination primordiale.

3. La propagation de la foi catholique estile principal motif de tous les titres.

4. Les circonstances des donations et les qualités des donateurs prouveraient toutes que c’éiait là leur intention. Les Canadiens, considérés comme catholiques, ont donc à ces biens un droit incontestabie,

5. L’instruction des sauvagss et la subsistance de leurs missionnaires paraissent entrer pour beaucoup dans ces motifs, qui ont dirigé les donateurs des biens des Jésuites ; n'est-il pas à propos que l’Evêque de Québec, qui députe ces missionnaires, puisse déterminer er leur faveurj l’applicatioy. de la {partie des dits biens qui sera jugée avoir été donnée pour eux, plutôt que de les voir à charge 84 gouvernement, comme plusieurs l’ont été depuis un certain nombre d'années ? Or,, en conservant les Biens des Jésuites aux Canadiens, sous l'autorité de l’Evêque, celui-ci serait en lieu de. faire exécuter, cette partie essentielle de l'intention des donateurs, et il est d’ailleurs très-probable que:.le collége «et le public gagneraient à cet arrangement,”

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