‹ Mémoire sur les biens des Jésuites en Canada [microforme]Chapitre 4 sur 51 · PSE TERRE ER RES · texte numérisé non relu

PSE TERRE ER RES

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un crime dans les gouvernements modernes de séculariser ces mêmes biens et d’en disposer, sous prétexte que ce sont des biens temporels. L'Etat n’a pas plus le droit de prendre les biens de l'Eglise et d’en disposer, qu'un particulier n’a le droit de prendre les biens d’un autre particulier qui est entièrement indépendant de lui et d’en disposer. ‘ Le bien d’autrui tu ne prendras, ni retiendras à ton escient.” Ce commandement est pour l'Etat aussi bien que pour les particuliers.

La société civile existe pour faire régner l’ordre, la paix, ia sécurité parmi les hommes. Or, la fin de la société civile étant subordonnée à la fin de l'Eglise, il s'ensuit que la société civile elle-même est subordonnée à la société religieuse, et qu’elle lui doit soumission et obéissance dans l'emploi des moyens nécessaires pour parvenir à sa fin.

L'Eglise est supérieure à la société civile. Elle la dirige et lui rappelle ses devoirs, entre autresle devoir de ne posséder et de n’administrer les biens temporels que conformément aux règles de la justice. Et la Ste Eglise jugerait et condamnerait, même le gouvernement, qui posséderait et administrerait des biens temporels contrairement aux règles de la justice.

Les princes qui ont l'autorité, sont les enfants de l'Eglise, chargés de la protéger. Ils ne sont pas ses supérieurs, chargés de la prendre en tutelle, de la diriger ou de la surveiller.

Bien plus l'Eglise étant une société supérieure à toutes les autres sociétés, à cause de l’excellence de sa fin, il s'ensuit que violer les droits de l'Eglise, est un crime bien plus grand que violer les droits de toute autre société. Comme ces biens sont consacrés à Dieu, violer les droits de l'Eglise dans la possession ou l’administration de ses biens, est un crime qui a la malice du sacrilège. Beaucoup d'hommes, qui prétendent être des hommes d’Etat, craignent toujours que si l’Eglise jouissait de ses droits indépendamment de l'Etat, la sécurité et le bien-être du pays en souffriraient.

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Qu'ils se rassurent! Jamais ni la sécurité, ni le bienêtre d’un pays n'ont été en péril, parce que ceux qui DR rt respectaient la justice et les droits de Eglise. Et ce n’est pas être homme d'Etat que de voir le malheur du pays dans la prospérité de l’Eglise. L'expérience, la raison et la foi, nous montrent toujours que plus l’Eglise est libre et respectée, plus le pays est heureux.

Ces mêmes prétendus politiques craignent que l'Eglise n’empiète sur leurs droits, s’ils ne se prémunissent contre elle. Qu'ils se rassurent encore! L'Eglise cesserait d’être sainte, si elle empiétait sur les droits de l'Etat, si par une injustice elle troublait la paix des peuples.

L'Eglise n'a jamais empiété, n’a jamais été injuste. Ce sont les injustices et les empiétements de l'Etat sur l'Eglise, qui attirent des malheurs sur un peuple.

La fin de l'Eglise n’est jamais opposée à la fin de l'Etat. Et les moyens qu'elle emploie pour y parvenir ne sont jamais opposés aux moyens légitimes

qu’emploie l'Etat, pour faire régner la tranquillité, la

sécurité et la paix. Le règne de Dieu dans la société affermit la sécurité, la tranquillité, la paix et le bonheur. C’est une erreur dans ceux qui gouvernent de s’imaginer que le bien civil et matériel de la société demande qu’ils aient à intervenir pour limiter et régler les droits qu'a l'Eglise de posséder et d’administrer ses biens. Dieu a donné à son Eglise Îa sagesse et la justice dont elle a besoin pour régler ses affaires, sans l'intervention et la direction du gouvernement.

‘C’est à l'Eglise à prononcer sur ses droits. Elle est

indépendante. Cest à l'Etat à respecter la sentence de l'Eglise. Il lui est subordonné. C'est par cette subordination qu’il assurera la sécurité de ses propres droits et jouira d’une paix plus profonde et plus asgurée. 4

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