‹ Mémoire sur les Carmathes du Bahran et les FatimidesChapitre 4 sur 13 · III, 228S. 2) P · texte numérisé non relu

III, 228S. 2) P

3) Kî/eiô al-Ojjoan, man. de Berlin, f. 75 r.

4) Arîb, man. de Grotha, f. 75 r.

quand il voulait monter à cheval ; mais cela ne l'empêchait pas de déployer l'activité la plus énergique. C'est encore Djaubarî qui prétend qu'il était versé dans les sciences occultes et qu'il se faisait passer pour prophète. A l'appui de son dire il cite les vers suivants du poète attaché à sa cour , al-Kiftî ach-Chaïbânî :

Qui donc est l'homme qui sait expliquer les révélations consignées dans ces feuilles saintes où les paroles de Dieu se trouvent disposées dans un si poétique ensemble?

Qui donc est l'homme qui affermit les appuis de la terre et sans qui la surface du monde serait en ruines?

Mais c'est exagérer la portée de ces vers; il n'y faut voir qu'une vénération outrée , comme le pense Salîl ibn Razzâk ') : ))En outre, nous dit-il, al-Hasan s'arrogeait des attributs si étonnants que les gens de peu d'intelligence le regardaient comme un Dieu". Et cette vénération ne fit que grandir après sa mort. Nâcir ibn Khosrau nous rapporte ^) que les Carmathes du Bahraïn portaient le nom d'Abou-Sa'idîs. »Abou Sa'îd leur a persuadé qu'il se présenterait à eux après sa mort. Un cheval sanglé , paré d'un collier et d'une aigrette , et que l'on change à tour de rôle, se tient nuit et jour à la porte du mausolée d'Abou Sa'îd pour être monté par lui lorsqu'il sortira du tombeau. Celui-ci a fait, dit-on, à ses enfants la recommandation suivante: ))Si, lorsque je rej)viendrai , vous ne me reconnaissez pas , assénez-moi un »coup de sabre sur la nuque. Si c'est bien moi, je re-

1) Bistory of the Imams and Seytjids of Oman, transi, by G. P. Badger, p. 28.

2) Se far ISameh , trad. de M. Schefer, p. 226, 228.

))viendrai à l'instant à la vie". Il a établi cette règle, afin que personne ne puisse se faire passer pour lui".

Il va sans dire qu' après ses victoires Abou Sa'id obtint dans la hiérarchie des Carmathes un rang supérieur à celui de simple missionaire. Mais nous ignorons quel était le titre qu'il a porté Peut-être celui de Mançour du Bahraïn , de même que le missionnaire du Yémen se nommait le Mançour du Yémen ; car c'est un haut titre équivalant souvent à celui de Mahdî ^).

D'après un rapport que j'ai donné plus haut^), un des parents d'Abou Sa'îd , désigné par lui pour lui succéder, aurait été tué en 290. Mais il se peut que ce soit une exagération due au gouverneur Ibn Bânou. Suivant Djaubarî , Abou Sa'îd laissa sept fils : Sa'id , al-Fadhl, Ibrâhîra , Yousof, Ahmed, al-Câsira et Solaïmân. Nowaïrî ^) en compte six: il omet al-Câsim et, au lieu de Fadhl , nomme Mohammed, ce qui est certainement une erreur. On dit d'ordinaire que c'est Abou Tâhir Solaïmân qui a succédé à son père. Mais Ibn Machkowaïh , Ibn al-Athîr , Aboulféda , Nowaïrî , Ibn Khaldoun et l'auteur de la chronique anonyme citée tantôt (man. de Leide 1957) racontent qu'Abou '1-Câsim Sa'îd avait été désigné par son père pour lui succéder et qu'il fut dépossédé par Abou Tâhir. Ce qui confirme cette assertion, c'est d'abord que Sa'îd était l'aîné , puisque son père avait pris le surnom d'Abou Sa'îd , comme le font les Arabes ; c'est aussi le fait qu'Abou Tâhir n'était âgé que de 17 ans en 312, à ce que disent Ibn

1) Voyez la note de M. D. H. Millier, Burgen und Schlosser I, 75.

2) P. 45. 3) Dans de Sacy, Ckrestom. II, 126.

Machkowaïh , Hamadzânî ' ) , le Kitâb al- Oyoun ^) , Ibn al-Athîr ^) et Ibn al-Djauzî *). Comme c'est sous le commandement d'Abou Tâhir qu'avait eu lieu l'année précédente (311) le premier fait d'armes important des Carmathes depuis la mort d'Abou Sa'îd , on peut croire que c'est à raison de cette circonstance que le conseil des Icdâniya, dont il sera question plus loin, résolut de charger Abou Tâhir de la direction des aâaires au lieu et place de Sa'îd qui ne parait pas avoir hérité du courage de son père ^). Ce choix fut confirmé par le Mahdî Obaïdallah ^) ; peut-être même avait-il été provoqué par lui. Mais il n'est pas vrai de dire qu'Abou Tâhir aurait tué sou frère, comme M. Weil ') l'admet sur la foi d'Ibn Khaldoun : non seulement ce frère a aidé Abou Tahîr à gouverner, conjointement avec al-Fadhl^); mais encore, après la mort d'Abou Tâhir, nous voyous Sa'îd continuer à gouverner le pays avec d'autres de ses frères et nous savons surtout qu'il ne mourut qu'en 361 ^). De même, il est peu vraisemblable qu'Abou Sa'îd ait institué le gouvernement des six Seyids, comme le rapporte Nâcir ibn Khosrau 'o).

Il résulte de ce qui précède qu' Ibn al-Athir, dans

1) Man. de Paris, f. 81 v. 2) Man de Berlin, f. 108.

3) VIII, lOS, 1. 2. 4) Man. de M. Schefer, f. 139 v.

5) Ibn Machkow. .A^i ?oJa-saj jj; Ibn al-Athîr VIII, 63 et Aboulfeda jA^-i *Liiii -y= j:^^-

6) Ibn Khaldoun IV, 88, 1. dern, et suiv.

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