‹ Mémoire sur les cucurbitacéesChapitre 12 sur 28 · e. Expérience · texte numérisé non relu

e. Expérience

Dans cette expérience , je tâchai d'éprouver l'action de l'acide prussique sur la sensitive ( mimosa puclica ). Dans ce but une ou deux gouttes de l'acide concentré furent versées sur l'extrémité d'une des branches à laquelle étoient attachées quatre feuilles. Au bout de quelques momens , toutes les feuilles se fermèrent. 11 arrivoit cependant quel-

quefois que tous les folioles de chaque feuille ne se sont pas fermés, mais seulement ceux qui étoientles plus rapprochés de l'extrémité de la branche, sur laquelle l'acide pmssique avoit été versé. Les feuilles se rouvrirent au bout d'environ un quart d'heure, mais elles avoient perdu la plus grande portion de leur sensibilité : elles ne la recouvrirent qu'an bout de quelques heures.

Lorsqu'on tenoit de l'acide prussique dans une cuiller un peu au-dessous des feuilles de la sensitive, quelquesunes de ces feuilles se fermoient au bout de quelques momens. De même, lorsqu'on présentoit le flacon d'acide prussique ouvert à une feuille, les folioles se fermoient presqu'immédiatement. Dans les deux cas, les feuilles soumises à l'expérience ne regagnoient complètement leur sensibilité primitive qu'au bout de quelques heures. Il paroît qu'ainsi même la vapeur de l'acide prussique exerce une action sur les feuilles de la sensitive.

M. Th. Becker a fait dernièrement quelques expériences relatives à l'action de l'acide prussique sur les plantes. 11 en conclut , que ce poison détruit les végétaux en agissant sur eux à peu près de la même manière que sur les animaux. Les graines qui ont été trempées dans cet acide, perdent , selon lui, la faculté de la germination : les plantes délicates exposées à son action périssent plus tôt que les plantes robustes, etc. Voyez : Dissertatio de acidi kydrocyanici vi pcrniciosâ in plantas; ïena, i823; etslnrzals of Philo sophy , Octobre 1824.

sur l'action des poisons etc. Bj

De l'Eau distillée du Laurier Cerise.

Le 8 Mai , à midi, une plante de haricot fut introduite par la racine dans de l'eau distillée du Laurier Cerise. Au bout de quelques momens, quelques-unes des feuilles se crispèrent par leurs extrémités, en se repliant sur ellesmêmes. Cet état de crispation dura environ une demiheure : au bout de ce temps, les feuilles se déplièrent , et devinrent tout-à-fait flasques. Le soir , la plante étoit complètement morte. En répétant plusieurs fois cette expérience, je me suis aperçu que la crispation des feuilles varioit beaucoup suivant les circonstances, et que quelquefois même la plante périssoit sans qu'elle eut lieu d'une manière sensible.

De la Belladone.

Le 19 Mai, à 9 heures du matin, j'introduisis la racine d'une plante de haricot dans une solution de cinq grains de l'extrait aqueux de Belladone dans une once d'eau. Je n'aperçus pas de crispation de l'extrémité des feuilles : mais, au bout de quelques minutes , les deux feuilles inférieures attachées à la tige changèrent de position , se pliant depnis le sommet du pétiole de haut en bas, et prenant une position telle que leur extrémité se trouvoit plus penchée vers la terre qu'elle ne lest dans l'état naturel , précisément comme dans le cas de la plante empoisonnée par les semences du Coculus Menispermis. A 9 heures du soir, les feuilles s'étoient rapprochées de leur état naturel , mais étoient devenues un peu flasques. Le lendemain matin , Mém. de la Soc. de Phys. et d'Hist. nat. T. îïï. 1 Jc Part. S

elles avoient repris la position décrite ci-dessus ; elles y sont restées pendant 24 heures, et les feuilles supérieures ont commencé à se pencher. Le 1 1 , les feuilles inférieures, qui avoient ainsi changé de position , commencèrent à devenir jaunâtres. Ce jaunissement commença par les extrémités, et s'étendit peu à peu sur la plus grande partie des feuilles. Le i3 , enfin, la plante entière fut morte.

La Belladone paroît tuer les plantes plus lentement que plusieurs autres poisons végétaux; mais elle n'en agit pas moins sur elles d'une manière très-distincte, et produit le plus souvent des effets très-singuliers. Ce poison , selon M. Orfila, exerce sur les animaux une action locale peu violente j mais elle est absorbée et transportée dans la circulation , et occasione la mort en agissant sur !e système nerveux, et principalement sur le cerveau.

De l'Alcool.

Une plante de haricot fut introduite par les racines dans de l'alcool mêlé avec un volume égal d'eau. Je trouvai la plante morte au bout de 12 heures; les feuilles étoient flétries, et étoient devenues tout-à-fait flasques.

Après avoir dissout trois grains de camphre dans une demi-once d'alcool foible , j'y introduisis une plante de haricot. Elle mourut au bout de douze heures; mais, outre que les feuilles étoient flétries comme dans le cas précédent, les pétioles avoient l'apparence cl être rompus par le milieu, comme dans le cas de la noix vomique.

M. Julio, ayant placé des branches chargées des fleurs du Mesémbrànthemum barbaLum dans de l'eau conte-

SUR 1/ ACTION DES POISOKS etc. 5^

liant un peu d'alcool , s'est aperçu que ces fleurs s epanouissoient plus tôt le matin et se fermoient plus tard le soir , que celles d'une autre branche qui étoit placée dans un vaie contenant de leau pure.

De l'Acide Oxalique.

i .re Expérience.

Le 12 Avril, à 10 heures, une branche de rosier portant une fleur à l'extrémité, fut détachée de l'arbre et introduite dans une solution de cinq grains d'acide oxalique dans une once d'eau. Le lendemain, la couleur des pétales extérieurs de la fleur étoit devenue plus foncée, et les feuilles commençoient à se faner : la plante avoit absorbé sept grains du liquide. Le 1 4 Avril , les feuilles et la tige de la branche étoient complètement sèches , etles pétales de la fleur étoient tout-à-fait fanés. La plante n'avoit absorbé dans les dernières 24 heures qu'un grain du liquide 5 et l'absorption entière pendant les 4^ heures n equivaloit pas à un dixième de grain d'acide oxalique pur.

Ce poison, lorsqu'il est administré aux animaux en quantité considérable, agit comme les acides minéraux, en détruisant le tissu de l'estomac. Il tue cependant aussi très-vîte, lorsqu'il est administré en petite quantité, et il paroît que dans ce dernier cas, son action se porte principalement sur le système nerveux.

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