L'ACIDE GALLIQUE
Par M.r A. LE ROYER, Pharmacien.
Mémoire lu à la Société de Physique et d'Histoire naturelle.
Ocheele est le premier qui ait se'paré l'acide gallique des substances avec lesquelles la nature le présente en combinaison , et l'ait offert pur et cristallé à l'examen des chimistes. Ce célèbre auteur l'obtënoit de la manière suivante. Il exposoit à l'air une décoction de noix de Galles pendant un long espace de temps, et n'y donnoit d'autres soins que de la débarrasser des moisissures qui se formoient à sa surface; à mesure qu'elles paroissoient, l'évaporation lente qui avoit lieu changeoit le liquide en une masse solide et cristalline; il lavoit alors celle-ci à l'eau froide, faisoit dissoudre les cristaux à l'eau chaude, filtroit , et par le refroidissement obtenoit des cristaux acides, mais encore colorés. Deyeux, pour éviter cet inconvénient, proposa la sublimation comme le moyen le plus sûr de se procurer l'acide gallique dans un état de pureté parfaite; mais les précautions qu'exige une opération aussi délicate , la toible quantité d'acide qu'on dégage proportionnellement aux noix de galles employées, ont fait désirer de voir ce traitement remplacé par queiqu'autre plus facile et moins coûteux»
8o ACIDE GALLIQUE.
En 1818, M. Braconnot reprit et perfectionna le procédé de Scheele; au moyen du charbon animal il réussit à décolorer complètement les cristaux d'acide gallique ; il en obtint en poids le cinquième de la noix de galle traitée, lorsque celle-ci étoit de bonne qualité. L'on ne sauroit rien reprocher à la marche q u'ila suivie, si ce n'est la longueur du temps qu'il faut y consacrer et la nécessité d'avoir recours à plus d'une purification. Le mode d'analyse que j'ai adopté et que je vais décrire me semble dégagé des difficultés que je viens d'exposer plus haut.
J'épuise les noix de galles par des décoctions répétées jusqu'à ce que le papier réactif ne décèle presque plus d'acidité. A ces décoctions réunies, filtrées et convenablement évaporées, j'ajoute une solution de gélatine, qui par son union avec le tanin doit mettre l'acide en liberté. En effet, de clair qu'il étoit d'abord, le liquide devient très- louche, un abondant précipité se forme. J'ajoute du charbon animal très-pur, je fais bouillir pendant huit ou dix minutes , je filtre, et par le refroidissement j'obtiens une masse de cristaux d'acide gallique soyeux et très-blancs. Les eaux mères en fournissent encore une quantité considérable.
Lorsque la noix de galle est de première qualité, j'en retire par ce procédé à la fois simple et rapide , un quart de son poids dacide parfaitement pur, quantité, comme on voit, supérieure à ceile indiquée par M. Braconnot. Je n'ai pas retrouvé l'acide ellagique dont parle l'auteur que nous venons de citer. Ce dernier produit ne résulterai t~il point de quelque réaction entre les principes de l'acide gallique ? leur longue exposition à l'air donne à cette opinion quelque poids.
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SUR
Par G. MAURICE, Docteur -es -Sciences.
Lu à la Société de Physique et d'Histoire naturelle, le 20 Janvier <8s5.
JLàes apparences visibles , selon la définition de l'Auteur des Essais de Philosophie (i), sont pour nous un signe des phénomènes tactiles : traiter des apparences visibles , c'est donc analyser les opérations du sens de la vue, lorsqu'il cher? che à former un jugement sur l'état actuel des objets qui se trouvent hors de la portée du tact, mais qui sont placés de manière à renvoyer à notre œil des rayons lumineux ; c'est déduire de cette analyse le degré de confiance qu'on peut accorder à ces jugemens, et la cause des erreurs qui les affectent ou peuvent les affecter.
Les qualités tactiles d'un objet sur lesquelles la vue peut nous instruire, sont sa place, sa grandeur et sa
(1) Essais de Philosophie , par P. Prévost. T, I. p. 88 , à Paris et à Genève , chez J.-J. Paschoud.
Mé/n. dç la Soc. de Phys. etd'Hisl. nat. T. III. i.re Part. ' n
8a MÉMOIRE
forme : mais en analysant ces qualités relativement aux jugemens du sens de la vue , on reconnoît que la troisième n'est qu'une conséquence des deux premières; en effet, le jugement que porte 1 œil sur la forme réelle d'un objet , dépend entièrement de la position relative qu'il assigne aux difFéreus points de la surface visible de cet objet, et des rapports de grandeur qu'il établit entre ses diverses parties.
On pourroit encore placer à la suite des apparences visibles, les mouvetnens apparens des corps, qui ne sont autre chose qu'une succession de positions différentes que la vue apprécie bien ou mal.
La couleur d'un objet, bien qu'elle soit peut-être la première de ses qualités qui frappe nos yeux, ne rentre dans le champ des apparences visibles , que comme pouvant servir, par les nuances et les modifications qu'elle reçoit de la direction et de l'abondance de la lumière, ainsi que d© la distance de lobjet, à aider le jugement de l'œil sur la. place de cet objet et de ses différens points.