I OO MEMOIRE
donc les corps qui doivent déterminer son jugement sur la distance des parties supérieures du firmament j or le plus .grand nombre des observateurs s'accordent à dire que le diamètre de la pleine lune ( â 4-5° de hauteur ) leur parôît d'environ demi-pied : l'angle optique de la lune étant de 3o' , il en résulterait que, par un jugement porté sans réflexion et par une suggestion rapide (selon l'expression de l'auteur des Essais de Phil.), nous assignons seulement n5 ou 120 pieds pour la distance du firmament dans sa région moyenne. Mais si l'œil quittant les parties, supérieures du ciel , s'abaisse sur l'horizon, alors cet horizon toujours éloigné de nous de quelques lieues, recule d'autant les parties de l'atmosphère auxquelles il sert comme de cadre. Ainsi, en supposant même le rayon vertical un peu plus grand que le rayon à 4^° , il n'en devroif pas moins résulter dans ce cas, entre le rayon vertical et le rayon de la base de la calotte céleste, une disproportion apparente plus forte encore que dans le cas précédent, et plus forte qu'elle n'est sans doute à nos yeux. 11 faut croire que cette disproportion est affaiblie par laconnoissance que nous avons antérieurement de la distance réelle des astres, connoissance dont le souvenir vient immédiatement modifier le premier jugement que nous avions porté.
L'idée que nous nous sommes formée de la distance des parties supérieures du firmament en y voyant la lune et les constellations , se conserve dans notre esprit et détermine notre jugement sur cette même distance, lorsque nous ne voyons pas les astres. C'est ainsi que s'explique la forme surbaissée du ciel pendant le jour.
SUR LES APPARENCES VISIBLES. IOl
11 semble d'abord que pendant la nuit , la surface du terrain qui nous sépare de l'horizon n'offrant à notre œil aucun détail qui lui en fasse mesurer l'étendue, le rayon horizontal apparent de îa voûte céleste devroit s'accourcir : mais il existe alors une autre cause qui lui conserve la même longueur 5 c'est la diminution de l'éclat des astres à mesure qu'ils se rapprochent de ce rayon horizontal, diminution qui est due à l'interposition d'une couche d'air beaucoup plus considérable et beaucoup plus dense.