LES BARONNIES
neurs, dit Acoquat, à qui la loi interdit la gestion de leurs biens, devenir administrateurs de la chose publique ^ »
En tête de la noblesse étaient les cinq barons ^. Le seigneur de Rabat, descendant de Loup et de Gaston, était premier baron des Etats et président de Tordre de la noblesse ^. Il baronnisait. Baronniser c'était présider la noblesse, si on délibérait par ordres. Recevoir la noblesse avant la tenue des Etats, offrir un dîner aux trois ordres, avoir des honneurs spéciaux dans les cérémonies publiques, c'était encore baronniser *.
En Tabsence du premier baron, un autre baron ou un simple gentilhomme, dans Tordre du catalogue, baronnisait. « Des cinq baronnies, écrit le marquis d'Usson en 1780, il y en a trois dont les possesseurs ne peuvent pas entrer aux Etats, les deux autres s'en dispensent et c'est presque toujours un gentilhomme
* Acoquat, 1. c, p. 33.
* Dans le Béarn, dit Cadier, les barons « en raison de leur dignité et comme juges de la cour majour, formaient, pour ainsi dire, un ordre à part. » p. 242. Cf. dom Morice, liist. de Bret , t. II, p. 6 et 27. « Les l)aronnies de Bretagne étaient des éclisses des anciens comtés et des partages de cadets. Les barons n'étaient point de simples seigneurs du pays, mais les premiers seigneurs du pays... Les puînés des comtes s'appelaient barons par diminution. Le titre de baron emportait une vraie prééminence sur les autres nobles aux délibérations, assises, etc., pour les affaires d'état. Ils siégeaient comme collatéraux des princes, à cause du lieu d'où ils étaient descendus... »
3 De Lascazes, ch. 24. Arch.nat.,H.7l6.Etats du pays de Foix.
* Arch. dép., proc.-verb. 1779. Arch. nat., H. 716. Etats du pays de Foix. Le premier baron touchait la môme indemnité que le président des Etats.
qui baronnise au rang de son fief ^ » Quand les roturiers eurent envahi le liaut-banc, on prit des mesures pour les empêcher de baronniser.
Les questions de préséance avaient une importance réelle. Pendant plus d'un siècle, le représentant du fief de Ganac a protesté, quand on lisait le catalogue, parce que la terre de Mauléon-Durban était nommée avant celle de Ganac ^.
Les contestations pour les entrées et les préséances étaient soumises, après enquêtes des syndics et consultations d'avocats, aux Etats qui tranchaient les différends, mais la partie qui se croyait lésée pouvait faire appel à une cour de justice ou au conseil du roi.
Dans le Comté de Foix, les ordres ne délibéraient pas séparément sur les intérêts généraux du pays ; ce n'était que par exception, quand il s'agissait des intérêts spéciaux de leurs ordres, que la noblesse et le tiers formaient des chambres séparées. De même les commissions se composaient de nobles et de membres du tiers, cependant la commission chargée d'examiner les titres des possesseurs de fiefs et la commission qui fixait la capitation de la noblesse étaient exclusivement nobles ; un gentilhomme présidait toujours la chambre de cotise ^ et, au xviii® siècle, les nobles furent chargés de la surveillance des chemins vicinaux étabUs sur leurs terres.
« Arch. nat., H. 71G. Tableau de la Comté.
* Proc.-verb. à dater de 1688. Lorsqu'un membre du haut-banc siège pour la première fois, il doit prêter serment et faire preuve « de ses droits reconnus sur les terres dont il porte le nom. » Arch. dép., proc.-verb. 1G39 et 1649.
3 Arch. nat., K. 1162. Mém. sur le pays de Foix.