‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 16 sur 82 · PRÉDOMINANCE DES NOBLES · texte numérisé non relu

PRÉDOMINANCE DES NOBLES

4, Prédominance des nobles, — Les nobles prédominèrent aux Etats de 1612 à 1672. De 1612 à 1615, certains gentilshommes firent admettre, sans permission du. roi, les représentants des bourgs et villages qui étaient dans leur vasselage. Un seul seigneur avait jusqu'à onze de ses vassaux, ayant voix délibérative, sur le banc du tiers ^ C'était absolument contraire aux règlements. L'auteur du « projet de réforme » raye impitoyablement du nouveau catalogue les noms des bourgs et des villages vassaux « pour suivre et se conformer à l'entier tableau ou catalogue de 1520 tiré de la chambre du trésor de Pau, qui doit servir de loi pour régler la question présente, dans lequel les vassaux des seigneurs ne sont pas compris, que seulement les lieux qui relèvent de la justice et directe du roi, les anciens Comtes de Foix, auxquels nos rois ont succédé, qui ont fait rétablissement des Etats et le choix des personnes qui les doivent remplir, ayant témoigné par cette conduite qu'ils n'entendaient donner l'entrée qu'à leurs vassaux seulement et non pas à ceux des seigneurs ^.» Les nobles firent durement sentir leur tyrannie. « La province, disent les syndics de 1640, ne peut plus supporter les maux dont elle souffre... Il faut demander que les vassaux ne puissent plus opiner aux causes auxquelles leurs seigneurs sont intéressés... (Ces) vassaux suivent aveuglément leurs sentiments ^. » Nous trouvons les mêmes plaintes beaucoup plus

* Arch. dép., pièces div., Proj. de réf.

« Id.

3 Arch. dép., pièces div., Proc. d'un synd. gén. à un avocat du conseil.

tard. L'auteur du « projet de réforme » se plaint des (( maux que le pays souffre de ce que, par le crédit que certains gentilshommes ont acquis aux Etats, à la faveur de leurs vassaux, qu'ils y ont fait introduire sans ordre du roi et contre rétablissement fait par les Comtes de Foix, ces gentilshommes réussissent dans le dessein qu'ils y forment, soit pour leurs intérêts particuliers, soit pour ceux de leurs amis, lesquels ne sont pas toujours les plus justes, soit encore pour remplir de leurs créatures les charges des Etats, en sorte qu'ils en sont les maîtres. » « Ces vassaux*, ajoute-t-il, suivent aveuglément et lâchement l'avis de leurs seigneurs. » L'auteur du projet avoue qu'il n'a d'autre but que « d'affaiblir la puissance des seigneurs et d'empêcher les abus qu'elle a produits *. »

5. Décadence des nobles, — Cette toute puissance ne survit pas à la réforme de 1672. Des fiefs, qui ne donnaient pas à leurs possesseurs le droit d'entrée aux Etats, furent rayés du catalogue de la noblesse, les noms de quelques villages et bourgs, situés sur les terres vassales des seigneurs, furent rayés du catalogue du tiers; enfin, depuis quelque temps, on n'admettait plus les seigneurs appartenant à la religion réformée.

Pendant les trois premiers quarts du xvii® siècle, beaucoup de nobles ne se dérangeaient pas pour venir siéger aux Etats parce qu'ils étaient assurés d'avoir

* n résulte d'un examen minutieux du « projet de réforme » qu'il ne s*agit que de vassaux siégeant sur les bancs du tiers, c'est-à-dire de consuls des bourgs ou villages situés dans le vasselage des seigneurs.

« Arch. dép., pièces div., Proj. de réf.

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