LE COMTE DE TRÉVILLE
En 1657, 1658, 1659 et 1660, le gouverneur, comte de Tréville\ et le commandant du château, Lafleurique, eurent de graves démêlés avec les Etats.
Le comte de Tréville s'installait, pendant les sessions, au château de Foix et, à la tête de la garnison, il terrorisait les Etats. Il avait les consuls de Foix dans son absolue dépendance et il obligeait les députés à venir lui rendre compte de tout ce qui passait dans l'assemblée. Malgré la détresse du pays, il se fît voter des appointements de 1.600 livres.
Le commandant du château, Lafleurique, qui rempUssait en son absence les fonctions de commissaire du roi, était son .complice. Lafleurique était un simple soldat de fortune, de basse naissance et sans emploi considérable dans les armées ; les prélats et les barons étaient humiliés de faire visite à un personnage de cette condition.
En 1657, bien que la clôture des Etats eût été prononcée, Lafleurique fit fermer les portes de la ville, obhgea les membres de l'assemblée à se réunir de nouveau et à voter différentes sommes^.
En 1658, grâce à la malveillance du commandant du château et des consuls de Foix, les membres de la noblesse ne purent trouver où se loger. Après la messe de rentrée, quand Tévêque traversa la place
* Ou de Troisvilles, né àOloron vers 1599. V. Jaurgain, le cap. de Troisvilles; d^Artagnan ; Athos, Porthos etAramis.Rev.de Béarn, Navarre, etc., 1. 1®'. — Haristoy, Arnaud- Jean de Peyré, 1«' comte de Trois-villes et cap. des mousquetaires des rois Louis XIII et XIV, connu sous le nom de Troisvilles ou de Tréville, (1599- 1672) (dans les rech. hist. sur le pays basque, t. 2. Bayonne, Lasserre; Paris, Champion).
« Arch. dép., pièces div., Déput. d'un syndic au roi.
publique en rochet et camail, il fut abordé par un sergent que lui envoyaient les consuls : « J'ai ordre de mes maîtres, dit-il, de remettre cela à vous-même. » C'était un acte que lui signifiaient les consuls. L'évéque le lut à l'assemblée, il fut trouvé « plein de faussetés, contraire aux délibérations des Etats et rempli d'injures contre l'assemblée et son président.» Il contenait même des menaces contre la noblesse et certains membres du tiers. Séance tenante, l'assemblée adressa une plainte à Lafleurique, commissaire du roi ; conjme elle ne recevait pas une réponse satisfaisante, elle décida de se séparer et d'aller siéger dans une autre ville ^
Elle se réunit, le 20 décembre, à La Bastide-de-Sérou ^. Le roi avait ordonné à un consul de Foix de faire une réparation d'honneur. Le consul refusa de se présenter. L'assemblée décida que les consuls de Foix seraient à jamais privés de l'entrée aux Etats, comptes et cotises et que les Etats ne se tiendraient plus à Foix, où ils n'étaient pas libres ^
Il ne fut pas tenu compte de cette délibération et l'année suivante, le comte de Tréville demanda à l'assemblée si, l'année précédente, personne de la ville ou du château n'avait rien fait pour troubler la liberté des suffrages. « Qu'on le déclare, dit-il, et je ferai dresser l'instruction par le juge-mage. » Personne
* L'injure fut faite à l'évoque Is 7 octobre. Arch. dép., procverb. 1658.
2 Convoquée à La Bastide par arrêt du conseil d'en haut tenu à Lyon, 1658. M. de Durban était commissaire du roi.
3 Arch. d^p., proc.-verb. 1658 et pièces div., Dép. d'un syndic au roi.