‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 59 sur 82 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

1. Les chemins entretenus par les communautés. 2. L'intervention des Etats. 3. De 1722 à 1740. 4. L'arrêt du conseil de 1740. Les grands travaux. 5. Rapport de révoque d'Agoult. 6. Jugement de Tingénieur Mercadier.

1, Les chemins entretenus par les communautés. — A l'origine, les Etats ne s'occupaient guère de vicinalité. Les communautés seules ouvraient et entretenaient les routes qui n'étaient que des sentiers et construisaient les ponts qui n'étaient que des passerelles ^ Les nobles faisaient entretenir les chemins sur leurs terres et construire les ponts par leurs vassaux. Communautés et nobles percevaient des droits de pontonage. Mais avec Textention du commerce et l'établissement de la poste, les communautés et les particuliers furent impuissants à assurer les communications ^.

2, L'intervention des Etats. — C'est alors qu'interviennent les Etats. Nous lisons dans une délibération de 1666 : (( Les consuls sont chargés de tenir

^ On traversait TAriège avec des gabares et des bateaux.

* Les Etats établissent la poste de Foix à Auterive en 1689, Louvois donnait gratuitement les lettres de provisions pour la prennlère fois ; les Etats demandent rétablissement de la poste

en bon état les chemins et passages de lear consulat. » Soit négligence de leur part, soit mauvaise volonté des corvéables, ils s'acquittent fort mal de cette charge. « Les chemins sont impraticables, lisons-nous dans plusieurs délibérations,... on est en danger de sa vie ^ » Le rôle des Etats se borne d'abord à exiger des consuls qu'ils fassent réparer les chemins ; s'ils n'obéissent pas, les syndics les font réparer à leurs frais ^,

Mais les consuls sont récalcitrants, les corvéables encore plus. Les Etats de 1667 font avertir les communautés que, si les chemins ne sont pas réparés dans les trois mois, les syndics les feront réparer à leurs dépens. Enfin, ils menacent les consuls de les priver de l'entrée aux Etats. La même année, ils fixent la largeur des chemins : ils auront 12 pans dans la montagne et 16 dans la plaine^

Les ponts de bois étaient dans un état déplorable ; à chaque crue ils étaient emportés. Les Etats prirent l'habitude de répondre à toutes les requjètes des communautés quand les syndics, après enquête, les avaient déclarées recevables. Ils payaient, en général, la moitié des frais de construction et de réparation ; mais les syndics assistaient aux adjudications, au même titre que les consuls. Quelquefois ils faisaient les devis. Les Etats venaient même en

d'Aulerive k Toulouse; ils donnent 600 liv. de gages à deux maîtres de poste. Arch. dép., pr.ic.-verb. 1680. H y avait auparavaiit un messager payé par les Etats. Id., 1688.

Md., 1666, 1607, 1695, 1700.

2 Id., 1666.

Md., 1667 et 1668.

adjudication ; mais comme trop souvent les communautés prennent Fargent et négligent les chemins, ils font surveiller les travaux par les syndics. Bientôt ils n'accorderont des fonds que si les communautés s'engagent à faire une dépense semblable. Avant 1740, on n'entretient guère à frais communs que la route de Toulouse à Ax et celle qui conduit de Tarascon aux minières de Vicdessos. Les chemins de traverse restent à la charge entière des communautés.

Presque tous les ans, les Etats établissent un fonds de 900, 1.500, 3.000 livres pour Tentretien des ponts et des chemins, sans compter les subventions particulières pour la construction des ponts en maçonne rie. En 1711, ils y consacrent 4.000 livres, mais les « frontaliers » tiendront les fosses en état et entretiendront les routes déjà réparées, conformément à une délibération de 1700 ^

La guerre de la succession d'Espagne épuisa tellement le pays que les Etats durent renoncer à toute subvention pour la vicinalité et quand Pintendant demanda à la province une somme de 1.000 livres pour ouvrir un chemin au col de Paillères et faire communiquer le Comté avec le Roussillon par le Donezan et la Gerdagne, les Etats lui opposèrent le refus le plus catégorique. Il fallut un ordre du roi pour que le chemin fût ouvert^.

5. De 1722 à 1740. — C'est en 1722 que les Etats se remettent activement aux travaux publics, ils font de nouveaux règlements et nomment des ins-

* Arch. dèp., proc.-verb. 1684 1696, 1700, 1711, 1713. « Id., 1716, 1717.

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