‹ Mémoire sur les États de Foix, 1608-1789Chapitre 60 sur 82 · DE 1722 A · texte numérisé non relu

DE 1722 A

pecteurs des chemins ^ En 1725, Tintendant appela l'attention des Etats sur les chemins de la province qui étaient pour la plupart impraticables. Les Etats décidèrent de remettre en vigueur, en la renforçant, la délibération de 1722. Ils ordonnèrent aux consuls et aux marguilliers, sous peine d'une amende de 20 livres, de donner avis, dans les deux mois, à l'inspecteur des chemins, des réparations urgentes. Si rinspecteur est négligent, les consuls aviseront les syndics et, si les consuls se négligent, les communautés voisines les dénonceront aux syndics. Enfin, on décide de demander au trésorier les mandements qu'il a déUvrés et les quittances, qu'il a reçues depuis dix ans, des sommes imposées pour les chemins, afin de savoir si les particuliers et les communautés n'ont pas détourné des sommes de leur destination.

De 1722 à 1740, on vote généralement 1.000 Hvres pour l'entretien des grands chemins^.

En 1737, les Etats firent le règlement suivant : (( 1^ Les inspecteurs des chemins feront incessamment leur visite, en rapportant, dans leurs procèsverbaux, l'état actuel des chemins, leur situation, leur largeur, pour savoir si elle est conforme, tant dans la plaine que dans la montagne, au règlement de 1667^ et assigneront l'étendue des grands chemins dans chaque communauté. Ils remettront leur procès-verbal aux syndics qui feront un rapport à l'évêque pour qu'il soit pourvu suivant l'exigence des cas.

* Arch. dép., proc.-verb. 1725.

« Id., 1725, 1726, 1727, 1728, 1732, 1735, 1736.

3 12 pans dans la montagne, 16 dans la plaine.

(( 2'' Les inspecteurs, conformément aux délibérations de 1719 et de 1722, renouvelleront exactement leurs visites de trois mois en trois mois.

(( 3** Pour que les chemins soient entretenus, exiger que les <( frontaliers » tiennent les fossés récurés et fassent des fossés là où il n'y en a pas.

« 4** Les chemins seront annuellement réparés par corvées, à cet efîet chaque famille donnera une journée d'homme chaque année ^

« 5° Les gentilshommes sont priés de donner leur attention à l'exécution de ce règlement, chacun dans sa terre, et de dénoncer les délinquants à Tévêque.

(( 6** Les consuls en feront autant.

« 7^ Si un (( frontalier » ne fait pas les réparations exigées par le règlement, les consuls les feront faire à ses frais ^. »

4. L'arrêt du conseil de 1740. Les grands travaux. — L'année 1740 est une date importante dans l'histoire de la vicinalité du Comté. Jusqu'ici on n'a fait aucun travail d'ensemble : on a accordé quelques subventions aux communautés, on a fait quelques adjudications, mais les chemins sont toujours entretenus par la corvée et il faut violenter consuls et corvéables pour obtenir les plus médiocres résultats.

Un arrêt du conseil de 1740 ordonna la construction des grands chemins de la province^. On se mit aussitôt à l'œuvre. On fit des emprunts*, on vota de

* Les Etats exigeaient que les réparations importantes fussent faites par adjudication.

* Arcli. dép., proc.-verb. 1737.

3 Id., 1756.

* Id., 1741, 1742.

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nouveaux impôts*. On remplaça les inspecteurs par des ingénieurs, plus tard on décida de ne plus accorder de subvention pour les ponts tant que les chemins ne seraient pas terminés. Les ponts en bois pouvaient durer encore, les ruisseaux étaient guéables, sauf à la saison des crues; les frais d'un pont, disait- on, sont plus élevés que ceux de 10 à 12 lieues de chemin et, pourvu qu'il soit possible de passer la rivière sans danger, 10 à 12 lieues de chemin sont bien plus utiles qu'un pont^.

On décida d'employer simultanément le système de la corvée et celui des entreprises et de consacrer, pendant huit ans, 2.500 livres à la construction des routes ; on ne pouvait faire plus, car on avait emprunté de fortes sommes pour parer aux disettes^.

En 1756, sur le rapport d'une commission des chemins*, les Etats firent le plan d'ensemble des routes à ouvrir et ils établirent de nouveaux règlements. Voici quels étaient les chemins les plus utiles à construire ou à réparer :

1^ Celui qui part des limites du Languedoc, audessus de Sa Verdun, et se dirige vers Ax ;

2** Celui du Languedoc à Pamiers, par Mazères ; (à cause de la proximité du canal du Midi) ;

3° De Varilhes k Mirepoix ; (pour communiquer avec le bas Languedoc) ;

* Id., 1783. On fit une exception pour le pont de Mazères qui fait communiquer la province avec le Languedoc. On fit aussi quelques réparations urgentes à d'autres ponts. Cf. id.,1741.

3 Id , 1742.

* Composée de trois nobles et de trois membres du tiers.

4'* Du pas de Saint-Antoine aux Pennes; (pour communiquer avec Limoux et faciliter le transport des grains et des huiles) ;

5^ De Tarascon à Vicdessos ; (à cause des mines) ;

6^ De Foix aux limites du Languedoc, vers Rimont; (pour communiquer avec le Gouserans) ;

7° De Pamiers aux limites de la Guyenne, du côté de Serrelongue, par Sabarat et le Mas-d'Azil ; et de Daumazan aux limites du Languedoc, vers Montesquieu, par La Bastide-de-Besplas ;

8"^ De Saverdun aux limites du Languedoc, par Lissac et Saint-Quirc. (Le seul endroit par où ron puisse transporter le sel'.)

Il était urgent de construire ces routes, car le Comté n'avait de rapports suivis qu'avec la ville de Toulouse, les autres chemins étant impraticables presque toute Tannée.

La commission, s'inspirant de l'arrêt du conseil de 1705 et du règlement des Etats de 1737, approuvé par le roi, fit adopter les résolutions suivantes :

Les chemins seront construits suivant l'alignement le plus droit, on passera à travers les terres des particuliers, sans distinction de personnes, on les dédommagera en leur cédant l'ancien chemin et en leur accordant, au besoin, une indemnité.

Les chemins construits dans la montagne auront trois toises de large et ceux de la plaine quatre.

On creusera des fossés de chaque côté des chemins, ainsi que sur les endroits qui dominent les chemins pour qu'ils ne soient pas endommagés par les orages.

* Il s'est longtemps appelé « le chemin du sel ».

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