TROISIÈME PIÈCE
L’injustice me révolte, et l’on est par trop injuste envers vous; après toutes les démarches, vous ne comptez que 123 vois; les malheureux ne savent donc pas tout ce que vous avez fait pour eux pendant que vous siégiez, et ils oublient qu’en bon républicain vous avez poussé l’abnégation jusqu’à accepter la place de conseiller et d’officier rien que pour leur être utile !
Voyez ensuite pour la clientèle ; vous courez après quelques pratiques, tandis que des gens qui sont loin de vous valoir, Ch..., R..., An..., les Ray... et mille autres, ne savent où donner de la tête; le public qui vous relègue au moins au troisième rang, ne vous a donc pas entendu dire que tous ces gens-là ne sont que des ignorants, et que vous seul avez dataient? Que ce public est niais de ne pas ajouter foi à vos paroles et de ne pas vous croire, lorsque vous lui dites que vous êtes le créateur de la science !
(1) Il s’agit ici d’une note accusatrice qui parut dans le journal la Réforme, dont je n’ai eu connaissance qu’après sa publication, et à laquelle M. Orfila fit une réponse que j’engage les lecteurs à consulter.
Qa’y a-t-il de plus injuste que le j ugement porté sur vous comme administrateur ? On vous reproche d’aecorder tout ce que demandent vos administrés, malgré les lois, les ordonnances et les réglemens, et dans le but de devenir populaire, mais en toutes choses, ne faut-il pas voir le résultat? et si vous parvenez à faire plaisir à certaines gens et à vous en faire des partisans, qu’importe que les études, que vous avez mission de fortifier, soient affaiblies et même perdues ?
Je vous avoue que je ne comprends rien à toutes ces injustices, à toutes ces criailleries. Il faut que l’on soit bien jaloux.
Et pourquoi blâme-t-on aussi vos opinions, en opposition avec celles des gens que vous recevez, comme si chacun n’était pas libre de penser ce qu’il veut ? Vos sympathies pour les opprimés de Vincennes, bien connues aujourd’hui de tout le monde , ne prouvent qu’une chose , c’est que vous êtes prévoyant, et que vous voulez vous ménager une porte de derrière pour le cas où.... Comme si cela était bien extraordinaire ; et, d’ailleurs, n’est-ce pas à vos risques et n’êtes-vous pas exposé à chaque instant à vous faire renvoyer par ceux qui croient avoir droit à un concours d’autant plus loyal qu’il est mieux rétribué?
Convenez que les hommes sont injustes et perfides.
Au revoir.
(Cette lettre porte le timbre de Paris.)