PREMIÈRE PIÈGE
Paris, le 3 Juin 1848.
Mon cher maître.
Il est question de remplacer le chef (1), par un membre de l’Assemblée nationale.
On parle de dépenses personnelles soldées sur les fonds de rétablissement, et d’infractions aux l églemens. Une plainte sera adressée au grand chef C. (2), avec des pièces à l’appui.
On signalera le chef comme étant l’auteur des notes à la Réforme, et l’on produira celle écrite par XXX, futur chef de clinique, et qui a été interceptée. XXX n’a été, qu’un instrument.
Les détails contenus dans la note saisie, et que l’on tient, le prou-
(1) C’est du doyen qu’il s’agit.
( 2 ) M. Carnot était alors miiiislrç de l’instruction publique.
vent surabondamment, On fera ressortir ce qu’il y a d’odieux dans l’usage d’un pareil moyen.
Une rencontre est inévitable, à en croire celui qui est si méchamment persécuté et qui ne cache ses projets à personne.
Cet avis part d’une voix amie, puisse-t-il prévenir une destitution et une catastrophe !
Je suis avec respect,
(Cette lettre a été mise à la poste à Paris.)
DEÜXIÈME PIÈGE.
Le professeur X s’exerce tous les jours, depuis un mois, à tirer le pistolet et l’épée-, je l’affirme pour l’avoir vu.
J’ai lu la note écrite par M. X (1) ; c’est une pièce écrasante pour celui qui l’a dictée ; le jour où tout cela éclatera, et ce jour-là n’est pas bien éloigné, ce dernier n’aura qu’à se cacher,
(Mise à la poste à Montrouge. Le timbre porte 20 juin 184.8. Il y a sur l’adresse . une lettre B, modifiée par une main étrangère, qui s’est en quelque sorte trahie elle-même.)