III. Prix Corvisart et Monthyon
Dans le registre des Fondations, je n’ai trouvé aucunes pièces propres à faire connaître tout ce qui se rattache aux prix fondés par Corvisart et Monthyon, et, jele regrette vivement. Lorsque, pour mon instruction particulière, je fis un extrait de tous les procèsverbaux des séances de la Faculté (de 1823 à 184-7 inclusivement), je ne trouvai là non plus que des docuraens très incomplets.
En voici toutefois deux qui sont dignes d’attention :
Le 2 février 1827, une commission avait été nommée pour s’occuper des prix fondés par Corvisart et Monthyon. Dans le procès-verbal de la séance du 7 avril de la même année, on lit que le prix Monthyon est fixé à 1,000 fr.
D’un autre côté, dans le procès-verbal de la séance du 10 janvier 1834-, M. Orfila étant alors doyen, on lit:
« Le prix Monthyon n’ayant pas été distribué pendant quelques années, M. le doyen dit qu’il est parvenu, par dès placemens convenables, à le porter de 300 à 400 fr. »
Mais en 1827, ce prix avait été fixé à 1,000 fr. ! Ce simple rapprochement me paraît de nature à faire naître le désir de quelques explications sur le sujet que nous venons de soumettre à l’attention des lecteurs.
§ ÎII, Prix dé VEcole pratiqué.
Je ne possède pas tous les ëlémens dont j’aurais besoin pour un examen complet de tout ce .qui concerne ce genre de prix, et spécialement l’emploi des fonds qui leur sont consacrés. Je n’en dirai donc que quelques mots.
On lit dans le procès-verbal de la séance de l’assemblée des professeurs du 9 avril 1840 .te budget de la Faculté sera augmenté pour ce qui concerne les concours des prix {\).
Sur le bordereau général des dépenses pour l’exercice 1846, le crédit pour les prix est de 1,500 fr. (â).
Or, les dépenses relatives à ces prix (y compris 150 fr. de frais pour la décoration de l’amphithéâtre, le jour de la distribution des prix), ne s’élèvent qu’à 582 fr. 68 c.
Je ne sais si le même crédit a été accordé pour 1847 (3). Je trouve dans l’état général des dépenses de cet exercice, que celles pour çes prix (y compris toujours 150 fr. de frais pour la décoration de l’amphithéâtre, le jour de la distribution des prix), ne sont que de 662 fr. 68 c.
Ces dépenses sont portées parmi celles du budget ordinaire de la Faculté (service du matériel). Cependant, d’après une déclaration qui m’a été faite par
(1) On ne dit pas l’espèce de prix; mais les prix de l’école pratique sont les seuls auxquels cela puisse s’appliquer.
(2) Cette somme ajoutée à celle de 45,740 fr., du budget ordinaire matériel), dorme un crédit de 46,240 fr., chiffre indiqué dans le rapport de la commission sur la gestion de M. Orfila.
(3) D’après le rapport de la commission, le crédit pour le budget ordinaire de l’exercice 1847 ri’esl que de 45,740 fr. et non de 46,240 fr., comme en 1846. Cette différence s’explique en s\dmettant que le crédit pour les prix de l’école pratique ou n’a pas été porté sur le budget ordinaire, comme en 1846, ou n’a pas été accordé, ce quii n’est guère probable.
M. le secrétaire-agent comptable, et d’après l’état qu’il m’a remis, au sujet du compte-rendu de ma gestion, un crédit spécial de 1,400 fr. serait ouvert à l’Université pour les prix de l’École pratique de la Faculté de médecine de Paris.
En définitive, tout cela ne m’a pas paru suffisamment clair, et me l’a paru d’autant moins que, tout récemment encore, cet article de l’administration de M. Orfila vient d’être l’objet de quelques observations publiées dans un journal politique, attaques auxquelles on n’a pas, si je ne m’abuse, répondu d’une manière victorieuse.
Enfin, pour comble d’embarras, je n’ai pas trouvé dans le registre des procès-verbaux, ceux relatifs à la distribution des prix pour les années 1846 et 1847.
A^TÎGLU CINQUIÈME.
QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LA GESTION DE M. ORFILA, RELATIVEMENT A LA LOCATION DES BATIMENS DÉPEN- DANS DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE.
î. Bâtiment dit des Cordeliers.
Dans le procès-verbal de la séance du 30 janvier 1840, il est question des 1,000 fr. que le conseil municipal s’était engagé, depuis déjà plusieurs années, à donner à la Faculté comme indemnité du logement que l’école primaire du xU arrondissement occupe dans les bâtirnens des Cordeliers, appartenant à la Faculté.
M. le bibliothécaire de la Faculté avait demandé 1,200 fr. d’indemnité pour le logement auquel il croyait avoir droit ; M. le ministre a vait refusé cette
indemnité. On propose de demander les 1,000 fr. indiqués plus haut pour indemniser M. le bibliothécaire. Cette proposition est adoptée, et M. le doyen est chargé de suivre cette affaire.
Il sèrait à souhaiter que M. Orfîla, chargé, comme on Tient de le voir, de suivre cette ajBfaire^ voulût bien nous apprendre quelle suite elle a eue, et où elle en était au moment où il a quitté l’administralion.
Quant à moi, au milieu de tant d’autres affaires difficiles que m’avait léguées mon prédécesseur, j’aurais bien pu ne pas songer à celle-là. Néanmoins, je ne l’avais pas oubliée. M. le secrétaire-agent comptable auquel j’en parlai ne me donna point de renseignemens satisfaisânSj et j’allais proposer à une commission d’examiner cette affaire, ainsi que d’autres, lorsque je fus révoqué.
Il ÿ a, du reste, dans le bâtiment des Cordeliers, des locataires auxquels il serait aussi, peut-être, à propos de demander les titres à M. Orfila.
ÎL Maison de la rue de f École-de-Méâecine, n° 14, appartenant à VEcole.
Le bâtiment des Cordeliers, situé dans la rue de l’École-de-Médecine, n’est pas la seule propriété dépendante de cette École. Il existe dans la même rue une autre maison appartenant à l’École, et pour la location de laquelle mon prédécesseur a passé un bail avec Mlle G...,. L’affaire de. cette location n’est pas une de celles qui m’ont le moins occupé pendant les laborieuses vacances qu’on m’avait faites ( 1 ). On
(1) Il manquait des pièces au dossier de la Faculté qui me fut remis. Heureusement, MUe n..... m’en communiqua de suffisantes pour débrouiller un peu le chaos de cette petite affaire.
pourra consulter au besoin ma correspondance avec M. le ministre pour défendre les intérêts de l’École.
Voici quelques mots sur ce petit chapitre :
Dans le bail notarié, signé de M. Landré-Beauvais, le prix de la location de cette maison était de 2,000 fr.; mais l’administration de la Faculté s’était réservé la jouissance d’appartemens dont le loyer avait été estimé à 1,200 fr. Comme l’employé de la Faculté,
M. H., qui devait occuper ces appartemens, en
avait laissé la libre disposition au principal locataire, celui-ci lui payait une indemnité de 1,200 francs.
Mlle G. a mis sous mes yeux les quittances de
Mlle G..... m’assura que sous le décanat de M. Orfila, elle avait été déchargée de la réserve indiquée plus haut (1), et que néanmoins le bail de la maison lui avait été concédé comme précédemment pour la somme de 2,000 fr.
Gela me surprit. Je me permis de faire observer à Mlle G.que, le prix des appartemens ayant beau¬
coup augmenté depuis l’époque du premier bail, il était bien singulier que celui de la location de la maison de la Faculté, au lieu d’avoir été augmenté, eût été ainsi abaissé de plus d’un tiers. Elle ne put me donner aucune explication satisfaisante de la décharge, ou, si l’on veut, de la faveur qui nous occupe. Je la priai de me fournir quelques pièces à l’appui de cette décharge, laquelle n’était point mentionnée dans les baux postérieurs à celui notarié, qui nous a servi de point de départ pour la fixation des prix de la location de la maison dont Mlle G. est encore au-
(1) On sait qu’il s’agit d’un appartement réservé par la Faculté, et dont le loyer avait été évalué à t ,200 fr.
joui’d’hui la principale locataire. Au contraire, il est expressément stipulé dans ces baux, notamment dans le dernier, qûe les réserves faites dans le premier bail étaient maintenues.
Mlle G.. en dépit des baux, persistait à soute¬
nir qu’elle avait été bien positivement déchargée de la réserve en question. C’est alors que j’eus avec M. le ministre une correspondance relative à cette
affaire. Enfin, après bien des démarches , Mlle G.
obtint dans les bureaux du ministère une pièce qui lui était favorable, et l’affaire en resta là.
Que résulte-t-il de ce qui précède? C’est que, aune époque où M. le ministre de l’instruction publique avait, en effet, déchargé le principal locataire de la maison appartenant à l’École de médecine des réserves stipulées dans le premier bail, ces réserves étaient néanmoins maintenues dans les baux ultérieurs passés avec M. Orfila. Là est toute la difficulté; je la signale sans la résoudre. Hat to