ARTICLE SIXIÈME
EXAMEN IMPARTIAL DE LA GESTION DE M. ORFILA, SOUS LE RAPPORT DE L’EMPLOI DES FONDS DES PAVILLONS DE DISSECTION.
I. Le budget des pavillons de dissection, tel qu’il a été modifié sous le décanat de M. Orfila, puise ses recettes dans une rétribution que paie chacun des élèves admis à disséquer dans ces pavillons (sont exempts de cette rétribution les élèves de l’école pratique). Je ne sais trop quelle a été la première origine de ce budget ; mais, quelle qu’elle soit, elle ne
paraîtra peut-être pas à tout le monde à l’abri d’objections sérieuses, puisqu’elle consacre une dépense étrangère à celles exigées par la loi de ceux qui aspirent au grade de docteur en médecine. Ce qu’il y a du moins d’incontestable, c’est que les recettes du budget particulier qui nous occupe, ne doivent être employées par le doyen , ce tuteur naturel des élèves, ce protecteur paternel de tous leurs intérêts , qu’à solder les dépenses essentiellement afférentes au service des dissections, et que, partant, la rétribution des élèves ne doit pas dépasser la somme strictement nécessaire pour l’acquittement de cet ordre de dépenses.
Etant posé ce principe, dicté pour ainsi dire par la justice elle-même, ce principe qui devrait être inscrit à l’entrée des pavillons, s’il ne l’était, d’une manière bien plus ineffaçable, dans le cœur d’un véritable doyen, voyons si, dans le cours de sa gestion, M. Orfila s’en est montré le fidèle et rigide observateur.
IL Prenons pour point de départ la situation financière des pavillons à l’époque où, par suite de la révolution de juillet 1830, M. Landré-Beauvais quitta le fauteuil du décanat. Sous l’administration de ce respectable doyen, il était rendu un compte exact du budget des pavillons de dissection , signé du chef des travaux anatomiques et du doyen. (On trouve aussi les signatures de MM. Amette et Anquetil, agens comptables, sur l’état du 2 janvier 1830.)
Au 1®” mai 1831, il existait sur ce budget un boni de 5,047 fr. 99 c. L’état est signé de M. Amette et de M. Orfila, nouveau doyen, installé le 4 mai 1831.
III. Tout change malheureusement, les années suivantes, et ces fonds, pour me servir d’une exprès-
sion qui D'est pas de moi, sont transformés en une sorte de fonds secrets.
Les états de 1832 et 1833 manquent dans le dossier que j’ai eu sous les yeux , et je n’ai pu bien savoir ce que sont devenus les 5,047 fr. 99 c. formant le boni signalé plus haut, non plus que les recettes de ces deux années. ToutefoiSj dans un état en date du 24 mai 1834, on lit qu’au 1“ mai 1833, il ne restait plus en caisse que 1,130 fr. 30 c.
Il résulte de l’état de 1834, que le boni n’était que de 114 fr., dont l’agent comptable se reconnaissait dépositaire. L’état n’est pas signé.
Les états de 1835 et 1836 manquent dans le dossier que j’ai eu entre les mains. Il en est fait une simple mention-dans celui de 1837, que voici :
État févHer
Recettes. 6,034 f. 99 c. -
Dépenses. 3,332 92 »
Reste. 332 93 » (1)
En examinant les pièces à l’appui des dépenses, on constaté déjà que la plupart de celles-ci sont essentiellement étrangères au budget des pavillons ,.et qu’elles appartiennent à Tordre de celles que le budget ordinaire (matériel) est destiné à solder (2).
(1) C’est 502 fr. 07 c. qu’U faudrait.
(2) Il serait eiirîeûx de mettre sous les yeux du public toutes les pièces relatives à ces dépenses, jè n’en citerai que quatre :
ire R,eçu la somme de cent francs, montant delà souscription de M. Orlila, pour la veuve de l’ouvrier mort le jour de l’ouverture du Musée Dupuylren.
27 décembre 1833. Signé: B. .
2e et 3e-Donné à M. Rabassa sur les fondsGoeherand {fonds Goclie^
IV. — A partir de 1837 jusqu’à 1848, les dépenses et les recettes des pavillons sont inscrites sur un registre particulier tenu par M. le secrétaire-agent comptable.
Il est impossible de croire à tous les genres d’irrégularités que présente ce budget, sans l’avoir bien examiné ; et, même quand on l’a ainsi bien examiné, on a de la peine encore à croire à la plupart des faits qu’on y trouve consignés.
Malgré les crédits extraordinaires pour acquisition de pièces anatomiques (dont un seul de 40,000 fr.), malgré les 10,000 fr. pour l’article Collections, du budget ordinaire en 1846 et 1847 (crédit qui, à cha* cime de cès deux années, fut dépassé de 2,000 fr.), malgré toutes ces ressources, employées comme on a vu, M. Orfila puisait encore largement dans la caisse des pavillons, pour celte même acquisition de pièces et préparations anatomiques. En 1846, l,343f. 85 c., et en 1847,2,244 fr. 30 c., d’après le registre des
randesticisynonymede fonds des pavillons), une somme de cent francs.
Signé: Orûla.
RECIBI CIESÎ FRAWCOS. Signé : Guill. Rabassa.
M. A. voudra bien payer au porteur, sur les fonds Gocherand,
cinquante francs.
Signé : Orfila.
RECIBI CINQÜEKTA FRA3VCOS. Signé : Guill. Rabassa.
M. A., après avoir porté ces so fr. sur l’état, ajoute :