‹ Mémoire sur les faits relatifs à la révocation de M. Bouillaud des fonctions de doyen de la Faculté de médecine de Paris et à la gestion de M. OrfilaChapitre 25 sur 30 · L.B........ de G...G...., F., O..... L..., B · texte numérisé non relu

L.B........ de G...G...., F., O..... L..., B

qui sont les uns fournisseurs, un autre architecte, un autre

libraire de la Faculté.. .. 2,835 06

(Près de 3,000 fr., en moins de deux mois, prélevés sur ' un budget payé par les élèves, pour solder des dépenses aussi essentiellement étrangères à celles que doit solder ce budget des pavillons î)

8“ 6 décembre 1847. Payé l’éclairage au gaz jusqu’au

31 décembi-e.... 1,756 56

En vérités peut-on croire qu’on ait, d’un seul coup, pris sur sur un budget dont les élèves font les frais, l’énorme somme de 1,756 fr. .50 c., pour payer une dépense qui

rentre si naturellement dans celles auxquelles est affecté le budget ordinaire de la Faculté 1 Je pourrais ajouter que cette affaire de l’éclairage au gaz est une de celles qui réclamaient le plus impérieusement les lumières d’une enquête bien faite.

90 1846 (5 février). Payé à madame B.(2,318 95). . 160 »

Quel a été l’emploi de cette énorme somme de 2,318 fr'. 95 c. dont les 160 fr. ci-dessus étaient apparemment un à-compte? -

Combien d’autres exemples de dépenses pareilles ne pourrais-je pas mettre sous les yeux du public! mais je lui en ferai grâce, et je passe immédiatement à la partie des recettes, article qui sera très court, mais significatif. '

Recettes.

Beçu des professeurs, depuis 1842 jusqu’à 1848 inclusivement . ... 6,502 50

Je ne crois pas avoir besoin de faire remarquer que la recette de 1848 a eu lieu avant ma nomination (elle est inscrite sur le registre à la date du 1 er février).

Cette recette me paraissait une énigme proposée par un sphynx d’un nouveau genre, et qu’un autre OEdipe aurait seul devinée - mais M. le secrétaire-agent comptable eut la bonté de m’en donner le mol. U

don payée par les élèves pour disséquer dans les pavillons , cette rétribution a été plus que suffisante pour solder les dépenses qui^ dans l’état actuel des choses, sont réellement et essentiellement applicables à ce budget, et qui, à mon avjs, dans un meilleur ordre de choses, auraient cependant dû être portées sur le budget ordinaire de la Faculté.

VI. Dans mon extrait des pièces justificatives des dépenses soldées avec les fonds des pavillons de dissection, je trouve que plusieurs de ces dépenses ont été faites pour les Galeries de collections de l’Ecole, et spécialement pour le Musée que, par une singulière

voici : les droits de présence pour les concours dits d’intérieur n’étaient que de 5^ fr., au lieu de 10 fr. comme pour les autres concours.

Les professeurs jugèrent convenable de porter à 10 fr. les droits de présOTce des juges de ces concours d’intérieur. Mais on objecta que le budget ordinaire de la Faculté ne pourrait faire les frais de cette augmentation. Il fut alors décidé qu’une somme de 37 fr. 50 c. serait prélevée sur le traitement de chaque professeur, pour être consacrée à cet objet. Eh bien ! c’est la retenue dont il s’agit qui était ainsi versée dans une caisse dont les fonds étaient, en partie, employés comme ou l’a vu tout à l’heure !

Ajoutons que dans le procès-verbal du 9 avril 1840, on lit : Le budget de la Faculté sera augmenté pour ce qui concerne les concours des prix et pour les droits de présence des divers concours d’intérieur. Si cette augmentation a eu lieu, pourquoi la retenue dont il s’agit ?

Aujourd’hui même (5 février) 1849), la retenue dont il s’agit figure sur l’état de mes appointemens pour le 4e trimestre de 1848, tel qu’il m’est adressé par M. le secrétaire-agent comptable de la Faculté.

1842. Pour les cadavres. .............. 5i7f. -c.

1843 (20 mai). Reçu de M. Goret (pour un mémoire

du Muséel. . ... ... ... . 401 75

1843 (1er septembre). Reçu un mémoire de R. . , 2 320 ,

1843 (5 novembre). ... . . ^ . . 3,250 »

Quelle est la source où l’on a puisé cette somme de 6,488 fr. 75 c. 1 Elle est parfaitement connue pour, les deux derniers mémoires. En effet, le sieur R...... préparateur de la Faculté, a déclaré qu’il avait

touché le montant au trésor, au moyen de mémoires fictifs. Les 8i7 fr. pour les cadavres et les 40l fr. 75 c. pour un mémoire du Musée doivent, sans doute, être un peu surpris de figurer parmi les recettes du budget que nous examinons.

La lettre de M. G«....... rapportée dans l’article l®»’ de la première

partie de notre Mémoire, nous donne d’ailleurs des lumières suffisantes sur l’origine des 517 fr. pour cadavres. -

anticipation, on désigne parfois sous le nom de Musée Or fila (1). Le chiffre spécial de celles de ces dépenses afférentes à l’année 184-7, qui ont été inscrites, s’é¬

lève à . 1,619 f. 10 c.

et rentre dans celui de ... . 2,244- 30

que j’ai posé un peu plus haut (2).

Avant d’en finir sur L’emploi des fonds des pavillons, produit de la rétribution des élèves, j’ajouterai qu’ils ont servi même au paiement d’un abonnement de journal. En effet, on lit dans le registre de ce budget:

1847 —- (15 juillet.) — Six mois d’abonnement

à V Union médicale. . . 18 f. »

1848 —(Janvier.)—Six mois d’abonnement

au même journal .. . 19 50

VIL— Terminons par le relevé général des recettes du budget des pavillons dans l’espace des dix-sept années du décanat de M. Orfila.

M. Gocherand, gardien des pavillons, m’a remis un état des versemens qu’il a faits à la Faculté, depuis

(4) Ce nom, comme nous l’avons vu, fut, en effet, donné plus tard par M. le minstre de l’instruction publique au Musée pour lequel il avait accordé ce crédit de -JO,000 fr., voté par les Chambres, et dont le trésor, le lecteur ne l’a pas oublié, acquitta la majeure partie sur des mériioires fictifs ou exagérés.

(2) En voici le détail (j’ai cru devoii’ retrancher la signature mise au bas des reçus) :

40 Novembre 18-47. Pour travail fait au Musée Orfila {sic). 98 fr. 93 c.

2» ler décembre. (Pièce très curieuse). Demande de

M. Th....... acquit de M. Ch.., au compte duquel des

substances médicamenteuses avaient été passées. 443 73

40 3 novembre 1847. Objets pour le cabinet de zoologie de la Faculté. .. 807 »

30 3 novembre 1847. Dépense pour galerie d’histoire naturelle de la Faculté. 93 »

6oNovembre i847.Pour le musée de l’école de médecine. 417

70 Avril 1847 (il y a aussi 1846). Menus frais pour le Musée Orfila. . . .. .. -73

— Taie 1®" janvier 1831 jusqu’au 31 décembre 1837. D’a¬

près cet état, le total des verse-

mens est de. 11,377f. 62c.

l’excédant des dépenses de plusieurs mois est de. 114 70

Reste. 11,262 92 (1)

Je n’ai pas relevé, d’une manière exacte et précise, les recettes des années 1838, 1839, 1840 et 1841. Mais je l’ai fait pour les six années suivantes ( 1842, 1843, 1844, 1845, 1846 et 1847). Les recettes portées au registre des pavillons pour ces six années s’élèvent à... . . 51,905 f. 90 c.

ce qui donne une moyenne de 8,500 francs environ par an.

Adoptons cette moyenne, diminuée, si l’on veut, de 500 fr. pour les quatre années 1838, 1839 , 1840 et 1841, dont je ne connais pas positivement les recet¬

tes. Nous aurons un total de . . 32,000 f. »

Additionnons ce chiffre avec celui de . ...... . . 51,905 90

des années 184;2 à 1847

et a vec celui de.. 11^262 92

des années 1831 â 1837 , et il en

résulte un total général de. . . 95,168fr.82 c.

(l)M. Gocherand m’a remis aussi l’état particulier des recettes et des dépenses du budget des pavillons, depuis le 1 »^ octobre 1847 Jusqu’au

29 février 1848. -

Les recettes montent à. . .. . 7,931 fr. » c.

Les dépenses ne sont que de. . .. . 2,004 69

Reste . . . 5,926 31

M. Gocherand note que, de cette somme, il faut retrancher le remboursement fait aux élèves de la première année de l’école pratique, lequel d’après les pièces justificatives, s’élève à. . ... 300

Reste. . .

Quel est maintenant le chiffre des dépenses régulières, légitimes, normales, du budget dont nous venons de calculer les diverses recettes ? Les dépenses vraiment inhérentes aux pavillons des dissections, en m’en rapportant moins encore à ma propre expérience qu’à celle des personnes sous la direction immédiate desquelles ces pavillons sont placés, ne s’élèvent pas, chaque année, en moyenne, à plus de 2,000 ou 2,500 fr. ; ce qui, pour les dix-sept années dont nous avons fait connaître les recettes, donnerait une somme d’environ. 40,000 fr. »

Resterait un boni de . . . . 55,168 82 c.,

dont il conviendrait toutefois dé retranchèr lés recettes irrégulières que nous avons signalées précédemment, savoir, celles qui ne proviennent pas de la rétribution des élèves.

Quoi qu’il en soit, c’est donc avec autant de raison que de justice que j’ai diminué d’un tiers la rétribution payée par les élèves pour disséquer dans les pavillons (je l’ai réduite de 30 à 20 fr.). Bien que quelques uns m’aient fait un reproche de cet acte d’administration, je crois pouvoir le compter au nombre de ceux par lesquels j^étàis heureux d’avoir, en quelque sorte, inauguré mon décanat. Cette diminution n’était pas, d’ailleurs, mon dernier mot. Je me proposais, en effet, après en avoir délibéré en conseil de la Faculté, et avoir consulté M. le ministre de l’instruction publique, de supprimer complètement une rétribution à laquelle, pour ma part, je n’avais jamais applaudi, et qui me répugnait de plus en plus, surtout depuis que j’avais entendu désigner sous la triste dénomination de fonds secrets le budget dont elle est la source.

Ma résolution de supprimer ainsi la rétribution in-

diquée était d’autant mieux arrêtée au moment où j’ai quitté l’École, qu’une expérience de dix mois, au milieu de difficultés dé toute sorte, m’avait appris que, grâce à une sage et lumineuse distribution du budget ordinaire de la Faculté, on pouvait, sans faire éprouver à aucun service une notable souffrance, prendre sur ce budget les fonds nécessaires aux dépenses des pavillons de dissection.

Je ne suis pas, au reste, le seul ni le premier qui se soit prononcé contre la rétribution à laquelle sont soumis, les élèves qui dissèquent dans les pavillons de l’École pratique. Parmi les adversaires de celte sorte de taxe surajoutée aux 1,100 fr. que la loi exige des jeunes gens qui aspirent au doctorat en médecine, je dois surtout citer M. le docteur Chassaignac, dont la compétence et l’autorité en pareille matière doivent être prises en sérieuse considération. En effet, en janvier 1844, cet honorable médecin, dans une lettre qu’il adresse à la Faculté, qualifie d’illégale et d’immorale la rétribution de 30 fr. payée par chaque élève pour ses dissections. II. écrivit à M. le ministre une lettre conçue dans le même séns.

yiU. Quoi qu’il en soit, et pour nous résumer, on est forcé de reconnaître :

1° Que, dans l’emploi des fonds des pavillons, M. Orfila, contrairement à ce principe de rigoureuse justice que nous avons posé au commencement de cet article, a détourne de sa dèstination naturelle, légitime et régulière, la majeuré partie de ce tribut, pour ainsi dire sacré, que les élèves acquittent pour disséquer dans les pavillons.

2“ Qu’il a mêlé aux recettes normales dubudget des dissections, des recettes dont on ne saurait, en conscience, approuver l’origine, notamment celles prove-

— Te¬

nant d’une retenue faite sur le traitement des professeurs, ses collègues, et celles qu’il s’est procurées au moyen de mémoires fictifs soldés par le trésor de l’État, toutes recettes dont il n’a pas été d’ailleurs fait un emploi conforme auxprincipes quidoivent présider à une administration régulière, et à ces lois imprescriptibles que chacun de nous porte, pour ainsi dire, gravées dans le vivant évangile de sa conscience, ou du for intérieur.

Aux graves observations qui précèdent nous en ajouterons, avant de terminer, une autre qui ne l’est pas moins, savoir que, parmi les dépenses du budget des pavillons, on en trouve qui paraissent relatives à des services qui ont été soldés par d’autres budgets, et c’est encore ici que l’enquête était indispensable. Voici de ce que j’avance un exemple palpable qui, au moment même où j’écris ceci, mè tombe en quelque sorte sous les yeux :

Dans le registre des fonds des pavillons, à la date du 21 octobre 1847, on lit :

« Payé pour le concours des aides . . fr. S20 »

Eh bien ! dans le premier bordereau des dépenses de l’exercice 1847, portées au compte du budget ordinaire, on trouve ce qui suit :

« Juges du concours des aides d’anatomie . . . .... . 400 fr.)

» Et des sages-femmes. . . 120 j *

Après avoir bien apprécié tout ce précède, quel lecteur ne s’écriera pas :

« Est-ce donc ainsi que le chef d’un établissement, consacre a 1 instruction de l’elite de la jeunesse française et a l enseignement de la plus noble de toutes

les sciences, a donné l’exemple de cette probité sévère qui doit être la première qualité du médecin : Vir probus y medendi peritus ? »

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