‹ Mémoire sur les faits relatifs à la révocation de M. Bouillaud des fonctions de doyen de la Faculté de médecine de Paris et à la gestion de M. OrfilaChapitre 7 sur 30 · SIXIÈME PIÈCE · texte numérisé non relu

SIXIÈME PIÈCE

La note suivante m’a été adressée par une personne des plus compétentes :

a Depuis l’époque de la construction des pavillons d’anatoniie, il y a par conséquent plus de 15 ans, les allocations du budget pour les dépenses de la Faculté ont toujours été dépassées ; et les surcroîts de ces dépenses déguisés, en laissant un arriéré considérable de dettes qui se sont successivement accrues : irrégularité qui rendait fictives, les redditions de compte de fin d’année imposées au doyen, pour l’examen de sa gestion (1); »

Pour compléter ce premier paragraphe, je demande la permission de publier les deux lettres suivantes, bien qu’elles soient anonymes. En effet, quelque pénible sentiment que doivent inspirer les lettres anony-

(1) Ces redditions de compte, ainsi qu’on le verra plus loin, n’ont eu lieu que pour un petit nombre d’années.

ssaes en général, il en est cependant dont on peut faire son profit, et c’est à cette catégorie que me paraissent ap])artenir les deux suivantes :

Citoyen doyen,

Comment se fait-il qu’au, milieu de tous les abus que vous relevez dans l’administration de l’Ecole, vous n’ayez pas encore fait justice de certains individus qui se sont fait donner des logémens dans les bâtimens qui en dépendent?

Cet avis vous est donné par une personne qui vous estime, et qui désire vous voir entrer dans les voies de justice que vous avez toujours pratiquées.

Ce 4 juin.

(Cette lettre porte le timbre de Paris, bureau A.)

Monsieur,

Vos amis s’étonnent de l’espèce de tiédeur que vous avez l’air de montrera l’égard de la dilapidation dont on accuse l’ancienne administration de la Faculté de Paris. Ils craignent que vous ne soyez la dupe des partisans nombreux de cette administration corrompue. Dans tous les cas, ils s’étonnent que vous n’ayez pas saisi l’autorité supérieure des soupçons graves élevés au sein de la Faculté de Paris, et qui ont mis en émoi la portion saine du corps médical.

Nous savons d’autre part que vos ennemis, intéressés à étouffer la lumière qui doit éclaircir les turpitudes de l’ancien régime de l’établissement que vous dirigez, se targuent de vous empêcher de rien voir du tout dans tout ce qui a été fait avant vous, sous le prétexte que vous ne sauriez atteindre à l’habileté proverbiale de vos prédécesseurs en matière d’administration. A vous, monsieur, de tranquilliser les uns, d’imposer silence aux autres et de donner pleine satisfaction à l’honorable-susceptibilité de la médecine parisienne : nous y comptons, car nous savonstoui ce qu’on a droit d’attendre de votre équité, de vos lumières et de votre énergie. Mais le temps presse. Vos ennemis, qui ne sont autres que ceux de la probité et de la droiture, relèvent déjà la tête, comme vous avez pu te voir parce qui s’est passé hier à l’assemblée du corps médical, où

un certain nombre de voix n’ont pas rougi de proposer M. O..

comme candidat à la présidence de la future réunion.

Mardi.

(Cette lettre porte le timbre de Paris.)

§ II. Lettres et billets anonymes d’intimidation.

Certes, ce a’est pas sans une répugnance presque invincible que je me suis décidé à publier les pièces qu’on va lire. Mais j’ai dû ne reculer devant aucun des moyens, propres à faire jaillir cette vive lumière, dont l’opinion publique a besoin pour porter un jugement équitable et vrai sur la grave affaire à laquelle ce Mémoire est consacré.

Bien peut-être n’est plus propre que les pièces suivantes, à révéler l’indigne système, les lâches manœuvres dont on s’est servi pour tâcher d’impioser silence à un homme dont on connaissait bien le caractère indulgent et généreux, mais qu’on savait aussi animé d’un tel amour pour la justice, l’honneur et la probité, qu’il lui serait bien difficile de consentir, sans résistance aucune, à tout ce qu’on se proposait d’exiger de lui.

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