‹ Mémoire sur les Figures de l'ApocalypseChapitre 2 sur 101 · N° 12 de la vente Didot faite en · texte numérisé non relu

N° 12 de la vente Didot faite en

2 . Catalogue d'une importante collection de livres et de manuscrits précieux, provenant en grande partie de la bibliothèque de

IV MÉMOIRE SUR LES FIGURES DE l'âPOCALYPSE

8° Bibliothèque du séminaire de Namur. Volume de 45 feuillets, contenant 85 tableaux, exécuté dans le nord de la France vers le commencement du xive siècle. Il m'a été envoyé gracieusement en communication au mois de mai 1900.

90 Musée britannique, manuscrit additionnel n° 35 166. Exemplaire exécuté au xme siècle, dont il ne subsiste plus que 38 feuillets. M. George F. Warner a bien voulu dresser à mon intention la liste des 76 peintures qu'il renferme.

io° Bibliothèque du collège d'Eton, ms. 177, exécuté en Angleterre au xme siècle. La table des 96 peintures de ce manuscrit a été donnée par M. Montague Rhodes James, p. 104- 108 de son Catalogue des manuscrits du collège d'Eton.

ii° Bibliothèque nationale, manuscrit latin 688. Volume qui semble avoir été écrit en Espagne, vers le milieu du xive siècle et qui contient 90 tableaux.

i2° Bibliothèque nationale, manuscrit latin 14410, venu de l'abbaye de Saint-Victor. Il peut dater du milieu du xive siècle et renferme 83 tableaux.

i3° Musée britannique, manuscrit additionnel n<> 17333. Volume exécuté en France au commencement duxive siècle. Suivant le témoignage de M. G.-F. Warner, qui a comparé les 83 peintures de ce manuscrit avec les peintures du manuscrit de Metz, il y a une grande analogie entre ces deux exemplaires.

140 Musée Gondé à Chantilly, ms. 1378. Volume d'origine française, de la première moitié du xve siècle, 84 peintures.

i5° Bibliothèque de M. le docteur Rey, à Larçay dans le département d'Indre-et-Loire. En 1895, j'ai pu, grâce à l'obligeance du vénérable M. Rey, examiner ce manuscrit, qui renferme 67 tableaux se rapportant à des scènes de l'Apocalypse, et qui pourrait bien avoir été exécuté au commencement du xive siècle par une main italienne.

M. le comte de N..., dont la vente aura lieu le 7 avril 187g. Paris, Schlesinger, 1879. In-8°. La description de l'Apocalypse occupe les pages 493-504 du Catalogue.

PRÉAMBULE

i6° Bibliothèque de M. Henry Yates Thompson à Londres. Ce manuscrit qui a passé, mais indûment, pour avoir fait partie de la bibliothèque de Manzoni, m'a paru d'origine française ; on m'assure cependant que sir Edouard Maunde Thompson lui attribue une origine anglaise. Il peut dater de la fin du xme siècle. Il contient 1 5 3 tableaux, dont la moitié seulement se rattache d'une façon immédiate au texte de l'Apocalypse.

On trouvera un peu plus loin des renseignements circonstanciés sur ces différents manuscrits; mais, avant tout, il est nécessaire de dresser la liste des tableaux entrés dans l'illustration de l'Apocalypse que nous voulons étudier, en indiquant la place que ces tableaux occupent dans chacun des seize manuscrits ci-dessus énumérés.

Comme ces tableaux se retrouvent à peu près dans le même ordre sur la Tapisserie de la cathédrale d'Angers, j'ai ouvert une colonne spéciale pour y marquer la place assignée à chaque sujet par les auteurs de la célèbre Tapisserie. Je n'ai pu admirer moi-même ce merveilleux produit de l'industrie française du xive et du xve siècle ; j'en ai vu seulement les quatre panneaux 1 qui ont été envoyés à Paris en 1900 pour figurer à l'Exposition rétrospective ; mais j'ai toute confiance dans les descriptions que nous en devons à M. Guiffrey 2,

1. Ce sont les panneaux 6, 7, 80 et 81, qui correspondent aux planches 6,7, 71 et 72 de l'ouvrage de M. deJoannis,

2. Dans son Histoire de la tapisserie (grand in-8o), parue en 1886, chez Marne, et dans Y Histoire générale de la tapisserie (infoi.) qu'il a publiée en collaboration avec M. Mûntz,

VI MÉMOIRE SUR LES FIGURES DE i/apOCALYPSE

à M. L. de Farcy 1 et à M. Joseph Denais 2 ; avant tout, je me suis laissé guider par les dessins de M. de Joannis 3.

Les numéros inscrits dans l'avant dernière colonne du tableau indiquent les panneaux de la Tapisserie, tels qu'ils sont cotés dans les descriptions de M. de Farcy et de M. Denais. J'ai ajouté dans la colonne voisine le renvoi aux planches de l'ouvrage de M. de Joannis.

A l'aide de la liste qui suit, il sera facile de comprendre le programme que les artistes ont eu à remplir. En tête de l'œuvre se placent huit tableaux empruntés à la légende de saint Jean l'évangéliste telle qu'on peut la lire dans le pseudo-Abdias. C'est en quelque sorte, la préface d'une série d'environ 82 peintures qui représentent, en suivant l'ordre de l'Apocalypse, les principales scènes du récit de l'Apôtre. Il y a seulement deux tableaux, relatifs à l'antéchrist, auxquels ne correspond aucun verset de l'Apocalypse; j'aurai l'occasion d'en dire quelques mots en décrivant le ms. 403 de la Bibliothèque nationale. L'ouvrage se termine par cinq ou six tableaux inspirés, comme ceux du commencement, par la légende de saint Jean.

1. Histoire et description des Tapisseries de la cathédrale d'Angers. Lille, Desclée, sans date. In-4, 80 p. avec planches.

1. Monographie de la cathédrale d'Angers (Paris, 1899, in-8), p. 3i5-354.

3. Les Tapisseries de l'Apocalypse de la cathédrale d'Angers dites Tapisseries du roi Renèy réduites au dixième et reproduites au trait avec texte explicatif. Angers et Paris, 1864. In-folio.

PRÉAMBULE

Gomme les fidèles qui feuilletaient ou auxquels on montrait ces livres d'images auraient pu éprouver quelque embarras à se rendre compte du sujet des tableaux, les peintres ont dû ménager dans les cadres qu'ils avaient à remplir des espaces destinés à recevoir des légendes plus ou moins longues. Ces légendes consistent en citations à peu près textuelles de l'Apocalypse et en explications mystiques des scènes représentées.

Il m'a paru indispensable de mettre sous les yeux du lecteur le texte même de ces légendes, sans lequel les tableaux sont parfois difficiles à comprendre, et, comme ce texte fait défaut dans le manuscrit que la Société des Anciens Textes a fait reproduire, j'ai dû l'ajouter au bas des pages suivantes, au dessous de l'indication des sujets et du renvoi aux pages des manuscrits. J'ai adopté le texte du manuscrit de la Bodléienne, le plus facile à consulter, grâce à la reproduction du Roxburghe club : il est d'ailleurs, sauf de très rares exceptions, rigoureusement conforme à celui des manuscrits du vicomte Blin de Bourdon et du comte de Crawford. J'ai toutefois pu rectifier quelques passages des légendes, à l'aide du manuscrit de M. Blin de Bourdon, que j'avais sous les yeux en corrigeant les épreuves.

Au texte des légendes j'ai ajouté quelques détails sur les différences que nous offre la représentation de plusieurs scènes de l'Apocalypse dans quelques manuscrits des deux familles.

Il suffira de jeter les yeux sur la liste qui suit

pour voir combien est justifiée la division des manuscrits en deux familles. Ainsi, telle scène est l'objet d'un seul tableau dans les manuscrits d'une famille, tandis que la même scène a fourni la matière de tableaux multiples aux manuscrits de l'autre famille; en plus d'un endroit, les manuscrits d'une famille n'ont point tenu compte de certaines scènes qui sont figurées dans les manuscrits de l'autre.

Un des traits les plus caractéristiques, c'est qu'on ne trouve dans les manuscrits de la seconde famille ni les tableaux relatifs à l'antéchrist ni ceux dont le sujet a été emprunté à la légende de saint Jean et qui servent d'introduction et de conclusion aux Figures de l'Apocalypse dans les quatre manuscrits de la première famille 2.

Les manuscrits de la première famille renferment encore un sujet qui n'a pas été traité dans ceux dé la seconde : la défaite du dragon et la proclamation du règne de Dieu. Cette double scène, décrite aux versets 8-12 du chapitre xn de l'Apocalypse, fait l'objet d'un tableau dans le manuscrit de

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