‹ Mémoire sur les Figures de l'ApocalypseChapitre 72 sur 101 · Planche GGXXX1X du classement de l'édition anglaise · texte numérisé non relu

Planche GGXXX1X du classement de l'édition anglaise

NOTES SUR DIVERS MANUSCRITS

d'une riche église gothique, la comparution devant le proconsul, le renvoi de l'apôtre devant Domitien, le supplice de l'huile bouillante et la traversée de Rome à Patmos. Le tout forme un ensemble harmonieux qui plaît à l'œil autant par la perfection du dessin que par l'éclat du coloris. La multiplicité et la complication des détails n'empêchent pas de bien saisir la succession et l'enchaînement des différentes scènes.

Parfois, au contraire, le peintre flamand a trouvé bon de largement développer les compositions de la série primitive. C'est le cas de la vision des sept églises, qui est représentée par un seul tableau dans le manuscrit 403 de la Bibliothèque nationale et dans les manuscrits similaires, tandis qu'à cette même vision sont affectées trois grandes pages du manuscrit néerlandais : la première nous fait voir le Seigneur au milieu des sept églises et saint Jean invité à écrire à ces sept églises ; dans un deuxième tableau, l'artiste a figuré les recommandations que l'apôtre devait transmettre aux églises d'Ephèse, de Smyrne, de Pergame et de Thyatira ; dans un troisième , les recommandations aux églises de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée. A côté de chaque église est placé un épisode qui fait allusion à quelques mots du texte de l'Apocalypse : près de l'église de Pergame, une belle maison dont les habitants, à leur fenêtre , écoutent un discours de Satan : ubi sedes est Satanœ (II, i3); près de l'église de Thyatira, les désordres de Jézabel : quia permittis mulierem Je^abel... fornicari (II, 20) ; près de l'église de Laodicée, des malheureux privés de vêtements : quia tu es miser et miserabilis et pauper et cœcus et nudus (III, 17).

Dans tous ces détails le peintre a donné un libre

cours à son imagination. Il a manifesté en plus d'un endroit l'esprit satyrique dont il était animé. Ainsi, il a affublé d'un habit de moine la bête hideuse, à deux cornes, qui figure le pseudo-prophète dans les chapitres XIII-XVI de l'Apocalypse. On la retrouve jusqu'à quatre fois sous ce grotesque accoutrement aux feuillets 14 et 17 du manuscrit. Nous devions en faire la remarque, parce que la bête est pareillement habillée en moine dans les tableaux42, 43 et 47 du manuscrit vendu en 1879 par le libraire Schlesinger. Nous avons déjà eu l'occasion (p. xxxin) de signaler cette particularité dans le manuscrit 1378 du Musée Condé.

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