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Fig. 94. Caisse à canopes de Sesenb-nef. Inscriplions des côtés et du couvercle.
Ge sarcophage est double, comme d'ordinaire à cette époque, mais il présente celte particularité que les deux caisses, de forme rectangulaire, ne sont pas
indépendantes, mais emboîtées l’une dans l’autre si étroitement qu'elles ne forment qu'un seul corps. De cette manière, la décoration ne couvre que l'extérieur du premier cercueil et son intérieur jusqu'au point seulement où aboutit le second, c’est-à-dire dans le haut seulement; ce dernier, par contre, n’est décoré que sur ses parois intérieures. Îls ont été assemblés tous les deux avant d’être livrés au peintre d'hiéroglyphes.
Les deux couvereles, par contre, sont indépendants; celui du dessous est plat à sa partie inférieure, avec un léger ressaut permettant de l’emboîter dans les parois de la euve; sa face supérieure est bombée. Le couvercle extérieur a la même
forme, sauf à ses deux extrémités, où deux dés rectangulaires forment le
prolongement des deux petites parois de la caisse. De même que la plupart des sarcophages du Moyen Empire, celui-ci est décoré à l'extérieur de textes hiéroglyphiques. Au haut de chacune des parois, une bande
horizontale donne les formules d'usage, et de ces lignes descendent des colonnes du même style, qui bordent verticalement les petites parois et divisent les grandes en parties égales. Les hiéroglyphes sont sculptés profondément, puis remplis d’une
sorte de pâte bleue. Comme dans la plus grande partie des textes funéraires de cette époque, nous voyons ici et dans toutes les autres inscriptions de notre sarcophage, les animaux coupés par le milieu du corps.
Nous avons donc une série de panneaux égaux, un sur chacune des petites parois, trois sur celles des côtés, encadrés par les grandes bandes d'inscriptions.
Leur partie supérieure forme un grand rectangle recouvert d'une sorte de vernis Le]
très épais, brillant et de couleur brunâtre, sur lequel se détachent en plus clair
des colonnes d’hiéroglyphes, donnant une série de textes très développés. La paroi de la tête avait beaucoup souffert (pl. XVI), mais les autres inscriptions étaient à peu près complètes et ont pu être relevées en entier, quoique après un court séjour à l'air, le vernis, s'écaillant praduellement, soit tombé en poussière. Le seul panneau qui diffère des autres est celui qui se trouvait à gauche de la tête du mort et qui portait, au lieu d'inscription, la représentation peinte d’une porte, ornée seulement dans le haut, des deux veux traditionnels (pl. XVII).
En dehors, le couverele est orné de la même façon (pl. XX) : au sommet, une ligne de gros hiéroglyphes bleus part du côté de la tête, et de chaque côté de
celte bande longitudinale se détachent sur le vernis brillant, cinquante-six colonnes
de textes, qui, à part une grande lacune du côté gauche, étaient, lors de la décou-
verte, en aussi bon état que ceux des côtés. La partie intérieure (pl. XXI) de ce couvercle est simplement peinte, les signes se détachant en bleu sur le fond blanc;
la disposition est la même que sur l'autre face, à cela près que les petits textes
verticaux sont indépendants les uns des autres et isolés dans seize petits carrés. Le couvercle interne est très sobre de décoration: ilne porte, sur l’une et l’autre de ses faces, qu'une seule ligne d'inscription (fig. 95 et 96), toujours dirigée lonpitudinalement de la tête aux pieds.
A l'intérieur (pl. XXII-XXV), comme nous l'avons vu, l’ornementation peinte, quoique formantun tout, tient à la fois aux deux cercueils. La partie supérieure, qui se trouve donc sur les parois de la cuve externe, représente, dans des petits compartiments isolés, les offrandes, vêtements, parfums, vases à collyres et à onguents. Au-dessous, dans le pelit sarcophage, une inscription horizontale en
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gros caracteres, pts un texte en pelites colonnes occupant en panneaux toute la
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Fig. 95.
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Fig. 96.
Sarcophage de Sesenb-nef. Inscriptions du sarcophage interne.
largeur des parois, et ménageant seulement, à gauche de la tête, un espace rectangulaire pour la représentation des deux yeux symboliques (pl. XXIIT).
Si tous ces textes nous offrent très peu de lacunes, il n'en est pas de même de ceux qui couvraient le fond de la cuve, dont plus de la moitié disparaissait sous une épaisse couche de bitume que nous n'avons pu enlever (pl. XXVI).
Les textes du sarcophage de Sesenb-nef, étant très développés et à peu près complets, pourront servir de base à la reconstitution du formulaire funéraire au Moyen Empire. Une analyse complète serait déplacée ici, et nous nous bornons à joindre à cette courte description la reproduction aussi exacte que possible des parois du cercueil, laissant à d’autres le soin d'en faire une étude plus approfondie.
Les nombreux lombeaux de cette époque explorés jusqu'ici nous montrent qu'à la XIT° dynastie, on avait l'habitude de représenter sur le sarcophage tous les
objets nécessaires au mort, qui n'étaient pas déposés en réalité dans le tombeau:
cette remarque nous permet d'affirmer que la tombe de Sesenb-nef devait être
fort riche avant la spoliation. En effet, nous ne Voyons figurés ei ni les bijoux ni
Fig. 97. Armes et bâtons.
certains instruments, objets qui devaient toujours accompagner le mort, ne füt-ce
qu'en peinture; nous sommes donc en droit de supposer qu'ils existaient et auront
été enlevés par les voleurs. Ceux-ci par contre avaient dédaigné d'enlever un certain nombre de bâtons et d'armes que nous avons retrouvés pris en partie dans la couche de bitume ou de résine durcie répandue au fond du sarcophage et dont voici la liste (fig. 97):
1. Flagellum à manche de bois. Il se composait de perles blanches et vertes en terre émaillée qui avaient la forme d’un cône tronqué, de tubes allongés en même matière et de pendeloques en bois; les fils qui reliaient les différents éléments avaient disparu, mais toutes les pièces étant encore en place, nous avons pu le reconstituer sans difficulté. Longueur o m. 59 cent.
2. Masse à tête arrondie, en calcaire, manche en bois. Longueur o m. 5e cent.
3. Sceptre coudé au-dessus des deux tiers de sa longueur, figurant deux bâtons accouplés longitudinalement. Ligature simulée au-dessous du coude. Longueur idéale d’une extrémité à l'autre 1 m. 57 cent.
h. Arc en bois. Longueur 1 m. 43 cent.