‹ Mémoire sur les garanties de catholicité [microforme]Chapitre 13 sur 28 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Avons-nous à Montréal, dans notre Constitution universitaire, la perfection du genre? ce n'est par là notre prétention. Je prétends seulement que, étant données les circonstances, nous avons réussi, même au delà de toute espérance, à établir légalement le mode d'être le meilleur. Comme toutes les choses humaines, notre oeuvre est sans doute perfectible, et, au besoin, nous travaillerons volontiers à la perfectionner, en respectant les droits acquis d'un chacun, en même temps que les grands intéréts publics.

Ce qu'il v a de singulier, dans cette affaire, c'est que ceux qui nous reprochent d'avoir, dns notre Constitution particulière, des lacunes, sont ceux-là même qui, par la délicatesse des situations qu'ils ont contribué à créer, nous ont empéchés, en grande partie, d'être plus complets. Au lieu de nous embarrasser, qu'on nous aide, et bientôt toutes les objections auront disparu: c'est d'autant plus facile que le remède à tous les maux existe dans la Constitution de l'Université elle-méme, je veux dire la Constitution canonique que lui a donnée le Saint Siège. Pourquoi s'obstiner à ne pas y avoir recours ?

Ce remède se trouve dans le Conseil Supérieur des Evèques. Sur ce point la Constitution Jun dudum s'exprime clairement :

“ Les Evèques des deux Provinces de Québec et de Montréal se “ réuniront tous les ans pour prendre connaissance de l'enseignement “et de la discipline de l'Université, et ils détermineront d'un commun accord tont ce qui sera jugé nécessaire suivant les temps et “ les circonstances. ,

Voilà le tribunal auguste, régulivrement constitué par le Saint Siege, où devrait être porté le réglement des dificultés, au fur et à mesure qu'elles se présentent,

L'épiscopat, chez nous, malgré nos mistres, est encore respecte, [a fait la nation, il a protégé toutes nos libertés religieuses et civiles, et le peuple le sait. Son caractère le met au-dessus des luttes de parti: et son intérèt est de rendre justice à tous les droits, à toutes les aspirations ligitimes qui font appel à son impartialité, On accepte volontiers, en général, sa missiou de diriger dans toutes les

mativres qui touchent à la foi et aux moeurs: et, dans tous les cas

üficiles, 1 est le seul modérateur qui soit acceprabie à tous.

cl] l'es

C'était l'opinion de Mgr A. Racine, Evèque de Sherbrooke, lorsqu'il écrivait à l'Eminentissime Préfet de la Sacrée Congrégation de li Propagande, le 6 janvier 1892:

“ La, dans l'épiscopat réuni des deux Provinces, se trouve Île vrai, le seul lien de l'unité universitaire, si importante à conserver pour l'avenir de notre pays: là se trouve la solution de toutes nos diflicultés, si toutefois cette autorité suprème est acceptée réellement et pratiquement dans les deux sièges de TUniversité, et si cette autorité elle-mème peut et veut exercer les droits qui lui sont

* confits, Dès l'année 1890, j'exprimais la méme idée: * Toutes nos difii- ‘ cultés ne trouveront de solution véritable et durable que dans Faction supérieure, libre, indépendante et eflicace de lépiscopat, En dehors de I, il n'v aura que des triomphes momentanés, des vietoires plus désastreuses que des défaites, et des luttes toujours reniuissantes, luttes d'autant plus déplorables que des prêtres et de “ puissantes institutions ecclésiastiques y sont melées. 4 (Lettre de l'abbé J. B. Proulr à Son Enuinence le Cardinal Simeoni, LT juin 1890).

Je termine ici ce long Mémoire, J'ose espérer avoir répondu, d'une manivre satisfaisante, aux accusations que l'on porte contre nous. Pour en arriver D, j'ai dû démontrer que le mode d'etre actuel de F'Université Laval à Montréal à été établi, à raison des exigences des civeonstunces, par initiative, où sous la diretion et avec Fapprobation du Saint Siège; qu'il est en conformité avec les décrets romains et qu'il respecte les droits de FUÜniversité Laval: entin qu'il à produit les meilleurs résultats.

Espérant que cette démonstration prouvera, on ne peut plus clairement, à Votre Eminence, que tous, dans la Province ecclésiastique

de Montréal, unis dans un même effort, Evéques, Prètres, Lariques de

bonne volonté. nous sommes à faire de FUniversité Laval à Montréal

une grande Institution, qui n'est pas indigne des sympathies et des faveurs du Saint Sivue, je demeure dans les seutiments du plus profond respect et de la vénération la plus haute, De Votre Eminence, Eininentissine Seiuneur, Le très humble et très obéissant serviteur, 4, B. PROULX pire, Vice-Rect,

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