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la noblesse et d'armer les chevaliers. La loi exigeait que l'aspirant fût reconnu possesseur de terres et de troupeaux, descendant de noble, et en état de porter tes armes. Le jour de la cérémonie, il se présentait devant l'assemblée des guayres, les cheveux flottant sur les épaules. Le faycaî*, interpellant rassemblée, disait à haute voix : « Vous tous qui m'écoutez, je » vous conjure, au nom A'Alcorac (Dieu), de déclarer » si vous avez vu tel, fils de tel, entrer dans tnieber- » gerie pour traire ou tuer des chèvres (1), si vous » l'avez vu préparer lui-même son repas, commettre » des rapines en temps de paix ; s'il s'est montré dé- » loyal ou insolent par paroles ou par actions, surtout » envers les femmes. » Lorsqu'on répondait négativement à toutes ces questions, le faycan faisait approcher le récipiendaire et lui coupait la pointe des cheveux un peu au-dessus des épaules, l'armait du magado ou javelot de guerre pour qu'il s'en servit à la défense du prince. Dès cet instant le jeune guerrier pouvait s'asseoir parmi les nobles ; mais s'il se towivait parmi les assistants un muL témpi^qui provH vit qu'il avait manqué à une des conditions exigées
» wo-wrey, | «1 otroobiipo de Galdaa, t el ofeoieyde Tilde, i «1 otro totapode Telde, queef|indo«pifalaHdnde«ié.do*wiiio»«ii4oda>liikla, »ii eja mator el rey de Telde de pas gente qae el otro t .... d (Fragment» mti. 4u P. Quêsadt, d'après A. Bernai, eh. *?, du ftaVde INSU t. de k>$ nyts oatoL
, ftiston sont trè*mal oonaidéiéa; penooiie q* ¥ oudmU** admettra a » ia table*»
par la loi, le fcyoan lui coupait toute la chevelure, et il rentrait dans la classe plébéienne des achicaxna ou des tondus (1). Ll parait qu'Azurara eut connaissance de ces réceptions chevaleresques par les renseigoemeirts des navigateurs portugais, puisqu'il s'exprime eu «es ternies dans sa Chronique : « Lorsque les chevaliers viennent à mourir, les autres se réunissent pour procéder à l'élection de ceux qui doivent remplir les places vacantes, et le choix tombe toujours sur les fils de chevalier, afin d'en compléter le nombre. Ces chevaliers, ajoute Agurara, ae s'allient jamais avec les dasses inférieures et appartiennent à la noblesse la plus pure. Eux seuls conservent et gardent les traditions des croyances religieuses, dont ils ne divulguent et ne laissent croire aux autres que ce qu'il leur plaît. »
C'était toujours entre les guerriers les plus nobles et les plus vaillants que les guanartèmes de Canaria choisissaient leurs guayres ou conseillers. Chaque prince en avait six auprès de lui qui remplissaient les fonctions de ministres.
Fort» ttttfcesse.
Parmi les guayres dont l'histoire a conservé les noms (2) v Âdorgama, aux épaules de rocher, fut
(l) Vicia, ,Xe#ci(U y L l, ç* i*A+
(5) Les guayres de Gaïdar les plus renommés furent Adargoma, Tazarte, Doramas, Tijama et Gayfa. Parmi ceux de Telde on cite Maninidra, Nenedan, ^enta^iiay«et4rai^dryytt^ <Viera et (kaiâdo, 1. 1» p. &>&>)
un des plus célèbres. Cet Hercule canarien abattait, dit-on, d'un seul coup de pierre la palme qu'il avait prise pour but sur le dattier le plus élevé, et l'on sait la résistance que ces grandes feuilles opposent même à la hache la plus affilée. Il pouvait lutter deux heures consécutives sans se reposer. Nul homme, disent encore les historiens qui nous fournissent ces détails, ne pouvait, de toute la force de ses deux bras, l'empêcher de porter à ses lèvres un vase rempli d'eau sans en verser une seule goutte, ni lui faire vaciller la main tandis qu'il buvait (1).
Dans un combat singulier qu'il soutint contre Gariraygua, un des plus vaillants guerriers de Telde, pour décider la querelle qui s'était soulevée entre les deux principautés de l'île, on raconte qu'il tomba sous son antagoniste au milieu de la chaleur de la lutte; mais en même temps il l'étreignit avec tant de force entre ses bras nerveux, qu'on entendit presque aussitôt le craquement des os, et que le malheureux Gariraygua, prêt à rendre l'âme, se vit forcé de demander quartier. Ce redoutable athlète fut fait prisonnier par l'alferez Sotomayor, au combat de Giniguada, après avoir eu la cuisse traversée par la lance de Juan Rejon, général de l'armée conquérante. Le robuste Adargoma, envoyé à Séville avec d'autres captifs, se fit admirer des Espagnols par sa force extraordinaire,
Guanhaven et Caytafa furent aussi deux guayres
(1) Galindo, Mu. lib. h, cap. vin. ( Vtera, op. cit.)
de Telde d'une intrépidité héroïque. Ces barbares, engagés ensemble dans une lutte, pendant des réjouissances publiques, combattaient depuis long-temps sans qu'il leur fût possible de remporter le moindre avantage l'un sur l'autre, lorsque Guanhaven, irrité de cet assaut sans résultat, dit à son antagoniste : « Tu es vaillant, j'en conviens; mais serais-tu capable de me suivre ? — Je suis prêt ! » répond Caytafa ; et les deux champions marchent ensemble d'un pied ferme jusqu'au bord d'un affreux précipice. Guanhaven, transporté de fureur, s'élance dans l'abîme : Caytafa, possédé d'une égale exaltation, imite son exemple, et leurs corps vont se briser sur les rochers qui bordent la côte.
Parmi les combats gymnas tiques, celui du pugilat était le plus usité à la grande Canarie les jours consacrés aux exercices *du corps ; mais de toutes les prouesses la plus audacieuse consistait à gravir des escarpements presque inaccessibles pour y planter d'énormes poteaux de bois qui restaient fixés au rocher comme d'honorables souvenirs. Le P. Abreu Galindo assure avoir vu encore de son temps plusieurs de ces poteaux placés sur les plus hautes crêtes de l'île, et tellement enfoncés dans le. roc qu'aucune force humaine n'aurait pu les ébranler (1 ).
(1) Galindo, Mss. lib. h, cap. n.
Danses et chants.
La danse était aussi un des exercices favoris de ces insulaires, et celle qu'on connaît en Espagne sous le nom de danse canarienne; (bayle canario) fut introduite en Andalousie avec les captifs qu'on amena à Sévi lie.
« Les îles Canaries, dit Goraara dans son Histoire » des Indes, ont fait connaître au monde deux choses » qui leur assurent la célébrité : ces jolis oiseaux si » estimés par leur chant et cette danse canarienne si » variée et si gentille. » Viera nous apprend que les anciens naturels s'accompagnaient parfois avec de petits tambours et des flûtes de roseau; mais lorsque ces instruments leur, manquaient, les chants et les battements de mains suivaient la mesure en quatre temps. « La danse canarienne (ajoute-t-il) s'exécutait deux à deux ou plusieurs ensemble, et consistait daûs une grande légèreté de pieds accompagnée de mouvements de corps très-expressifs. »
Ce fut probablement cette même danse qui fixa l'attention des explorateurs partis de Lisbonne en 4341. (c Leur chant est fort doux, écrivaient-ils en pariant » des naturels de Canaria ; ils dansent presque à la » mode française. » (Cantant dulciter et ferè more gailico tripudiant.)
Selon Viera, les élégies que les Canariens déclamaient en chantant avaient été traduites en espagnol,
et auraient attendri les ccews Us plus froids (1). Ces petits poèmes, dans lesquels les guerriers exprimaient leurs amours et leurs infortunes, rappelaient parfois des souvenirs historiques, et ressemblaient beaucoup zuxZambras more sques (2).
Les principales armes des Canariens étaient le magado ou magote et- la lance. Il y avait deux sortes de magado : le premier était le javelot de guerre ; le second, qu'on trouve cité par Viana sous le nom de moca ou mocaz, avait la forme d'une petite massue armée à l'extrémité de deux fortes boules garnies de pierres tranchantes. Ce fut d'un coup de magado, lancé d'une main sûre, que l'intrépide Doramas tua, en combat singulier, l'hidalgo Juan de Hazes monté sur son cheval andalou, et qu'il lui perça le cœur, après lui avoir traversé de part en part sa rondache et sa cotte de maille (3).
La haché, en jaspe verdâtre, faisait partie de l'armure des guerriers. Elle portait une pointe à l'opposé du tranchant* et figurait assez bien celle des anciens Gaulois.
L'usage du houclier était commun parmi les Ca-
(1) NotitiM, 4,1, p* lftu
(?) « Ajî eorae lo UwAmUlVtMWM ws Zambras.» Ykn,NoUcia$,
(3) CfeUndo, JftfelUKH^ OR. ï* Ufe YiorûrNoticim* t. H, p. 70.
nariens. Il avait la forme d'un écusson décoré de dessins de différentes couleurs*
Costume.
Le costume des chefs se distinguait des autres. Dans la relation de Nicosolo da Recco il est question de tabliers (femoralia) faits avec une espèce de natte dont ces insulaires s'entouraient les reins et de laquelle pendaient un grand nombre de fils de palmier ou de jonc. Le narrateur, en parlant des Canariens qui furent amenés à Lisbonne, s'exprime en ces termes : « Le tablier du chef est de feuilles de palmier, tandis que les autres le portent en jonc peint en jaune et en rouge. » Hic femoralia palma habet, reliqui verà juncorum picta croceo et rufo. Nous retrouvons encore ce même tablier dans les annotations d'André Bernaldez (1), et nous avons vu que cette partie de l'habillement des anciens Canariens avait été décrite par les chapelains de Bethencourt.
Ces insulaires portaient aussi le tamarck. Viera, d'après les renseignements de ses devanciers, parle en outre de bonnets de peau de chèvre faits d une seule pièce, et qu'on portait le poil eh dehors, de manière que les pattes de derrière de l'animal tombaient
(1) «... En la gran Canaria unas traian bragas de palmas como por pala ellos i ellas, empero no cubrian bien los lugares inhonestos porque no eran cerradas por abajo, salvo una cuerda cenida por lai caderas, i de alli colgaban una hocadura de palmas ripiadas. » Fragm. mss. du P. Quesada, d'après A. Bernai, ch. h. ( Cap. lxih de VBist. de tos reyet eatol )
sur les oreilles, tandis que celles de devant se croisaient sur le cou (1). Les femmes faisaient usage de jupes courtes; leurs cheveux étaient tressés avec des joncs en couleur et attachés par derrière.
A ces ornements extérieurs, les Canariens ajoutaient une espèce de tatouage qui représentait différents dessins. Bontier et le Verrier ont les premiers signalé ce fait : « La plus grande partie d'eux, disentils, portent devises sur leur chair de diverses manières, chacun selon sa plaisance (2), » et Viera n'a pas omis cette particularité (3).
Habitations et Monuments.
Les Canariens, comme les Guanches de Ténériffe et les naturels des autres îles, eurent en général une grande prédilection pour lés grottes ; mais ils se distinguèrent aussi dans l'art des constructions civiles, et surpassèrent dans ce genre les habitants de Lancerotte et de Fortaventure, leurs plus ppoches voisins. Il existe encore dans l'île quelquesunes de leurs maisons, principalement dans le ravin d'Arguineguin, où l'on retrouve les restes de la petite ville citée par les chapelains de Bethencourt. Ces habitations sont placées sur plusieurs rangs au-
(1) ... Las monteras de pellicos de aquellos eabritillos que desollaban sin romper, y cuyas carras unas caian sobre las orejas, y" otras se afianzaban al cuello. » Noticias, t. I, p. 149. •
(2) Hist. de laprem. descouv. et eonqueste, p. 127.
(3 «Su cutis adornado de diferentes dibuxos y figuras impresas. » (Noticias, 1. 1, p. 149.)
rocher, longue de quatre-vingts pieds et . large de quarante. On y entre par quatre grandes ouvertures de quatorze pieds de haut, larges de plus de six, et séparées entre elles par des piliers dont la largeur varie depuis sept jusqu'à neuf pieds. Devant chaque pilier, sur une esplanade taillée dans le roc et servant comme de péristyle à la grotte, Ton voit des espèces de niches, les unes rondes et les autres carrées, qui paraissent avoir été destinées à renfermer des objets du culte. Ces niches sont à plus de cinq pieds du sol. Plus loin, le rocher a été entamé sur un espace circulaire de onze pieds de diamètre. Un autre cirque, beaucoup plus grand, existe sur le revers de la montagne, du côté du sud. Le sol dans cet endroit est creusé en sillon demi- circulaire de huit pouces de longueur sur dix de' profondeur. Deux autres fossés, beaucoup plus larges, ont été pratiqués dans la même enceinte.
Don Pedro del Castillo a donné, à sa manière, la description d'une grotte assez semblable à celle des Quatre-Portes, que Viera appelle le couvent des vestales de Ganaria ( convenlo de las harimaguadas que eran como unas virgenes vestales). Cette caverne est située sur les rochers escarpés du ravin de Valeron. (k Son entrée présente un grand portique qui communique dans une vaste salle où l'on aperçoit de chaque côté des petites cellules placées les unes au-dessus des autres, ayant chacune une fenêtre du côté du ravin. Sur le devant de la grotte, on voit deux grosses tours avec un escalier intérieur. Les filles des nobles
étaient élevées dans ces sortes de séminaires jusqu'à l'âge de vingt ans, et en sortaient alors pour se marier (1). »
La demeure de l'ancien guanartème de Gaïdar, dont l'évêque don Cbristoval de la Gamara nous a transmis quelques renseignements, était, à ce qu'il paraît, un édifice fort remarquable. C'est sur son emplacement qu'on a bâti la belle église de Gaïdar.
Les Canariens avaient encore, pour les exigences du culte, des monuments en pierre sur les sommets vénérés de Tirma et d'Umiaya ; les traditions historiques nous apprennent en outre que l'enceinte murée dans laquelle un capitaine de l'armée conquérante se réfugia, était destinée aux exécutions.
Ressources alimentaires.
Les habitants de la grande Canarie, comme ceux des autres parties de l'archipel, retiraient de grandes ressources de leurs troupeaux ; mais ils se livraient aussi avec ardeur à l'agriculture. Bien avant la conquête, la bande septentrionale de l'île présentait un aspect des plus riants, et les navigateurs d'Alphonse IV trouvèrent là d'abondantes provisions : des figues sèches aussi bonnes que celles de Césènes, du blé beaucoup
(1) « La entrada es un grande arco, al que sigue un largo salon, y a uno y otro ladq se yen con perfecta simetria ciertas celdillas, 6 aposentos, colocados unos sobre otros, cada quai con su ventana al barranco. Estan en la misma entrada dos torreones, à los quales se sube por dentro. Las hijas de los nobles se educaban en estos seminarios hasta los viente anos, de donde no salian sino para casarse. (D. P. del Cast. cap. xx.)
plus blanc et plus beau que le nôtre, de l'orge et plusieurs autres céréales (1). La mer fournissait aussi aux Canariens d'excellents poissons, dont ils savaient s'emparer d'après le procédé que nous ayons décrit ; cependant, au rapport des historiens, ces insulaires préféraient la viande à toute autre nourriture. Viera cite les petits cochons rôtis, dont ik étaient si friands, les grillades de chair de chèvre frottées de graisse de porc et saupoudrées de gofio, les tamarononas ou fritures au beurre de chair de brebis, enfin la viande de petits chiens châtrés qu'ils estimaient par dessus tout (2). Le même auteur assure que les Canariens ne buvaient que de l'eau, et cette assertion semblerait confirmée parla narration du pilote DaRecco, dont Viera pourtant n'eut jamais connaissance : ce Vinum omninà renuunt, aquampotantes. >
^fanages et droit du seigneur.
ïïans l'île de Canari a, la loi n'accordait aux hommes
quûne seule femme; toutefois efle leur donnait la ïaculté .de la. répudier, et le cas de stérilité chez Yéjrôuse était toujours un motif de divorce. Les Catfaïîëàs n'avaient aijcun peaçhant pour les femmes
(1) « Circumdantes verô insulam inyenere eam longé meliùs à septen- * Tl<fT i e \ y 1 *** al> austro cultam, videntes ibidem casas plurioias, ficus et iSftores palmas et hortos et caules et olera... ficus sieças in sportulis jfàmefs lonës,'ù'ti Cesenates cernfaïus et frumentiim longé pulchrius ios%rb...« 6 ^
$ ftoticias, 1. 1, p. ïïf.
maigres et d'un tempéra«aeut délicat; un petit ventte, aeloa eux, ne pouvait produire un enfant robuste (1 )v Aussi dès qu'une jeune fille éAtit fiancée, les purent* la tenaient renfermée pendant itrenéè jours <- pour , ta i nourrir avec du lait, du goficvde Uviaudôiet jlatUar» 1 mets très-ôiibstantiels, afin qu'elle acquit cet embontpoint qui devait fauœ son principal mérite aux yeux de F époux. Mais; avant de la renrettre eu son pourvoir, elle était présentée au fayeatv $& gmanartèw» ou à d'autres grands personnages qui ^n avaient le* prémices*. La plupart des auteurs qui ont écrit sur les habitants des îles Canaries parlent de, cette courturoe ; nous avons déjà cité ce qu'en disent Azuraora, Gadamosto et Thevet - Andréa Bsrnaldez ajoute que, dans les cas de grossesse, l'enfant qui provenait cte ce sacrifice obligatoire était réputé noble (2).
(1) Viera, Noticias, t. 1, p. 171 et suiv. (Àb. Galindo s'exprime en ci8Urtt«6: « No eaaandola* fUta* parque deeien ténia el Tienne per » qmio y esteetto para ceecebir. *< Hsi. Ufr. II»)
0) NoM'rtffottem* iti, d'après le teste originel, lent le pewage «et l«ltf «n »at iage et «• droî» du ael^new. « Qwnfa tartan 4e caaer »»*lguna donceUa, pemanLa, d*« puee » de concerta el matuimoaio, tfeft- » «oe dia* en ifcào à. encorda* i taiia 4e tlli i eVeapesavanlos, i testai D<*tii lo* eavàieeBeftéfcidaléea del purtbto nmte ell&é àat ia de atonûrean , » elfe hdo deUoi prMMve enta* quel dtopeaado, quai «Ma qufrwe, i aj » ejoedam pneiada ée estetimllefxvei fetjp **e w*ia ère ea#aJJtejre»i » «o toe fijee ek an nM**de«»a c#«aoea, i p*rt<w «l^ee>fa pteiMi » J*«fttcv et*iB*se»no lk#)«rft i^te #a*a#ae^Wjie ekfto ppr vÂaJe , pj0fraigarôev£^^*taas eeetwneee* geatiliw i *t*e de aMinijaj ^eeaiaaiasvtiéinft&eatbaett'ta «
» r ettas^*. «te. p J&'el.nét to* JUy» £*flW..*»p. *«v. (>Fkwb, imv4» P.O»tae , t4
La relation de Galindo, touchai* teidssifeâ1>i.Na9MRar«^M
. Cette facilité que la loi accordait de changer de femme, et le droit du seigneur, exercé par les princes et les grands, furent cause de cet excessif accroissement de population, que l'état de concentration dans lequel vivaient ces insulaires rendit très-alarmant. Privés, comme ils étaient, de moyens d'émigration et de toutes les ressources qu'ils auraient pu tirer de ^extérieur, la famine vint les assaillir. Viera, s'appuyant sur les traditions, assure qu'avant la conquête on compta à la grande Canarie jusqu'à quatorze mille hommes en état de porter les armes, ce qui supposerait dans ce climat une population totale d'environ quatre-vingt-dix mille âmes. Ce fut pour arrêter cette propagation croissante que les membres du grand sabor ordonnèrent de tuer tous les enfants de naissance et de ne conserver que les premiers-nés : mais cette mesure barbare ne fut pas de longue du-
curieuse. « Entre la gente principal, y noble (dit-il) se ténia costumbre » con las doncellas que quando las querian easar las tenian echadas, y » les daban beberages de lèche y gofio, y otras viandas que ellos solian » corner, regalandolas para que engordasen. T primera que se entragase » la doncella a su esposo, la noche antes se le daba y entragaba al gua- » narteme para que le llevase la flor de su virginidad, y si le pareciabien » Ueyarle la flor, y si no entregabala al faycas, 6 al mas priyado, como » fuese noble... Esta costumbre de daral guanarteme las doncellas des* » posadas primero que à sus maridos la primera noche , no querian con- » fesar los que descienden de los naturales Canarios : Y no es de mara- » billar hubiese entre los Canarios esta costumbre, pues entre cristianos, » partes hubo donde la habla, como refiere Bogerio autor grave juriste, » Indicion 197, num. 17 , y la misma preeminencia tiene hoy en el du- » cado de Brabancia un varon senor de Léon, que todas las doncellas, » quando las casan, se les dan la primera noche aunque no usa 4e ella** Parecmenuda ceitumbre. (Mat., lib. IL)
rée : l'épidémie qui vint ravager le pays fit périr plus d'un tiers des habitants, sans distinction d'âge ni de rang, comme si la nature eût pris soin de châtier ceux qui avaient voulu anticiper- sur ses lois (1).
Baptiseuses.
Dés qu'un enfant était venu au monde, on appelait une des femmes de la classe des maguadas pour laver la tête du nouveau-né. Certains historiens, considérant ces lotions comme une espèce de baptême, ont cru y retrouver les restes d'un ancien christianisme, bien que le poète Viana se soit expliqué de manière à lever tous les doutes à cet égard.
Nimez de la Pena a prétendu que ces baptiseuses ( bautizadoras 6 harymaguadas ) contractaient une sorte de parenté avec là famille dé l'enfant (2). Quoi qu'il en soit, nous pensons, avec l'auteur des Notices, que cette pratique, aussi ancienne que salutaire, n'avait d'autres titres au respect que l'antiquité de l'usage.
Sépultures.
Viera affirme que les Canariens connurent Tairt des embaumements et qu'ils le mirent en pratique ; il dit même que les corps préparés d'après la méthode des Guanches étaient liés avec des bandelettes
(1) Noticias, t. I, p. 172.
(2) Connue**, y antig. lib. I, cap, m, p* 27.
de peau, puis etmkyppés dte lëwrs tamarcks et placées debout daws tes grottes sépulcrales (i). ffien n'appuie pourtant <cette assertion, car jamais il n'a été trouvé de momies dans les cavernes 'de €anawa. Les habitants de cette île avaient la coutume d'enterrer leurs morts d'une manière particulière ; ils choisissaient pour cela les nappes de lave connues aujourd'hui sous lettom de mal puis, où les éruptions volcaniques ont accnpiulé beaucoup de scories. Nom avons visité les anciennes sépultures de 1& presqu'île de fer (tt- Utu. Ce lieu solitaire, que le fendes volcans a frappé d'une longue stérilité, parait avoir été destiné à servir de cimetière* C'était là que les anciens insulaires déposaient leurs morts dansde grandes fosses qu'ils creusaient jusqu'à une profondeur de six à huit pieds, et qu'ils garantissaient des éboulements en les garnissant avec des planches de' pin, ou bien au moyen d*une voûte en pierres sèches. Ils recouvraient ensuite le tout avec d'autres pierres accumulées efc. forme de pyramides. Quelques-uns de ces tumûlus ont d'assez grandes^ dimensions, et il faut plusieurs heures avant de pouvoir déblayer la fosse de l'énorme tas de scories qui la recouvre. Le squelette >est toujours placé dans le foad, la tête vers le nord. Oa trouve ordinairement autour du corps beaucoup de fruits d'une plante tréâM&m4&uae> dans lesicntitoiis. C'est le Cneorum fuioerulmtum an Wrixwita des aborigènes, espèce de térébinthacée qu'on em-
(1) Notioias, 1. 1, p. !£)., ...........
ployait probablement pour retarder la putréfactiofl, et dont les petites baies paraissent avoir rempli toute la cavité abdominale du cadavre. Les stjuelettes sont presque toujours entiers ; les os sont bien conservés* Les proportions de la charpente en général, et surtout les dimensions de la tête, indiquent que ces ossements ont appartenu à des hommes d'une belle race, d'une taille au-dessus de la moyenne et d'une forte constitution. Nous avons encore remarqué dans ces fosses quelques débris de vêtements» d'un tissu végétal assez semblable aux fibres du palmier et d'une trame très-serrée, ainsi que des fragments de chaus*sure et de nattes. Les haches de pierre, dont nous avons déjà indiqué la forme, ont été trouvées dans le même lieu ; on y à ramassé aussi des morceaux de terre cuite provenant sans doute de vases brisés et des petites pierres basaltiques taillées en pyramides, dont la base, incrustée de lignes transversales, figure une multitude de losanges avec un point au milieu. Ces espèces de cachets ont douze à quinze lignes de hauteur sur une largeur à peu près égale.
Il existe, à peu de distance de l'ancien bourg d'Arnineguin, un cimetière pareil à celui de la Isleta, où l'on remarque plusieurs tumulus plus élevés que les autres. M. Despréaux, qui en a fait déblayer quelques** iras, a observé que les squelettes renfermés dans les plus grands avaient la tête placée du côté du nord, tandis que dans les petits les corps gisaient d'est à ouest. On voit aussi des sépultures semblables dans les terrains volcaniques qui s'étendent entre la pointe
du Juncal et le petit port de las Nieves, sur la côte occidentale de l'île.
Enfin, il y a quelques années qu'on découvrit, dans une caverne des environs de Telde, un grand vase de terre rempli de disques de différente grandeur, tous percés d'un trou au milieu et formés avec les spirales d'une coquille. Le soin qu'on avait mis à enterrer ces objets dans le fond de la caverne pourrait faire présumer qu'ils furent autrefois d'une certaine valeur, et qu'ils servirent peut-être d'ornement ou même de monnaie courante.