‹ Mémoire sur les hypothèses astronomiques des plus anciens philosophes de la Grèce étrangers à la notion de la sphéricité de la terre [microform]Chapitre 10 sur 27 · II, XXI · texte numérisé non relu

II, XXI

* Il est nommé ici sîmrvorj, orifice respiratoire. Tliéodorel (Thérap., IV, t. IV, p. 53o , Sirmond ) et Stobée ( I , xxv, p. 5 1 o ,

Hcerenjle nomnienl plus clairement (T7Ô- (itov, bouche, ouverture.

^ Ecl. phys. I, \xvi, page 52^ (Heeren).

tl

iM. Teichmûller, que le soleil tourne aiilour du cercle dont il s'agit. Mais, surtout, M. Teichmûller aurait dû remarquer que, si le soleil, qu Anaximandre lait égal au disque de la terre, avait, suivant ce philosophe, une orbite grande vingt-sept fois comme ce disque, cette orbite elle-même serait grande vingt-sept fois seulement comme le soleil qui la parcourt : opinion dont la fausseté trop choquante aurait sauté aux yeux d'Anaximandre et de tout homme ayant des yeux ! Les Grecs, quand ils se sont occupés de cette question, ont trouvé que, suivant leurs expressions, le soleil est la sept cent vlmjtième partie de son propre ccrcle\ c'est-à-dire que son diamètre sous-tend un sept cent vingtième de la circonférence de son orbite " : ce qui est à j)eu près exact, puisque le diamètre apparent du soleil sous-tend environ un demi-degré, c'est-à-dire, dans fhypothèse géocentrique, un sept cent vingtième de la circonférence de son orbite. On faisait, mais à tort sans doute, remonter jusqu'à Thaïes^ et jusqu'aux Égyptiens^ cette mesure amjiilairc du diamètre de cet astre. Mais ce n'est ni de l'orbite solaire ni du rapport entre la grandeur du soleil et celle de cette orbite qu'il pouvait être question dans ce texte d'Anaximandrc, où, par ce contre-sens, on introduirait une erreur monstrueuse, maïquéc par la différence entre 27 ou 28 et 720, erreur impossible, même pour cette époque. Le faux Plutarque ne l'a pas entendu ainsi, et, lors même qu'il l'aurait fait, il ne faudrait pas le croire. En effet, comme nous l'assure Eudème, très-digne de foi, ce qu Anaximandre a cherché le premier en

' Ce sont les expressions d'Arislarque de S.uuos, cilées par Arcliimèile, Yaua/rvs, p. 32 1 (ïorelli). Cléomède [Météor. II. i, p. 92-93 de Bake. Comp. p. 99-100) emploie les mêmes expressions; mais il re luit ce rapporl à un sept cent cinquantième.

* Comparez Ploléniée, Gr. comp. math.

V, XIV, et V. XV, t. I, p. 339-340, p. 3/i3 et p. 3A5 (llalm;»).

' Voyez ci-de>5us , S 3 . Thaïes, p. 67-60.

* Voyez Cléomède, loc. cit., pog» 93 (Bake).

Grèce, ce sont les distances et les (jrandeiirs réelles des corps célestes ^

Sur les distances relatives de ces corps, nous savons, d'une part,qu'Anaximandre plaçait le soleil plus loin de nous que tous les astres, et, d'autre part , que, pour une raison dont nous avons donné l'explication, il plaçait toutes les étoiles plus près de nous que la lune^ Sur les (jrandeurs de ces corps, nous savons seulement qu'il croyait que la surface visible du soleil devait être égale à celle du disque terreslre^Quantà celte dernière surface, Anaximandre se faisait-il l'illusion de croire qu'il en connaissait les dimensions? S'imaginait-il que la terre finissait là où s'arrêtaient ses connaissances géographiques, consignées par lui sur une carte"? Tout renseignement nous manque sur ce point.

Deux auteurs seulement nous parlent de la manière dont Anaximandre se rendait compte des révolutions des astres autour de la terrée S'il faut les en croire, il était bien éloigné de penser que les astres, de leur propre mouvement, parcourussent leurs orbites, lignes géométriques qui, décrites par

' Voyez Eudème cité dans Simplicius , Du ciel, II, X, p. 212 a, l. i2-i3 (Karsten).

^ Voyez saint Hippolytc, Contre les hérésies, I, V, p. 17,1. 12-id (Cruice).

^ Voyez le faux Plularque, II, xxi, et le faux Galien, t. IV, p. 431, 1. 23.

* Voyez la iln de ce paragraphe.

* Ces deux auteurs sont Sfobée, Ed.

phys. I, XXV, p. 5 16, et le faux Plularque, II, XVI. M. Teichnudler [Studicn, etc., p. 35) semble avoir ignoré ces deux textes; mais il cite (d'après l'édition de Kidin, p. 273) un texte semblable du faux Galien, texte qui n'est pas dans l'édition grecque de Bâie. M. Zeller [Die Philosophie der Griechen, 3' édil. t. I, p. 196,

note 2) applique faussement au mouvement des sphères célestes suivant Anaximandre un texte d'Aristole [Météor. II, II, p. 3550, 1. 2 1-25, Berlin), à propos duquel Anaximandre est nommé dans te commentaire d'Alexandre (fol. 91 «-6 et fol. 93 a, Aid ); mais ce texte, comme le montre mieux encore la comparaison avec un autre texte d'Arislote {Météor. II, 11, p 353 6,1. G-9, Berlin), concerne les sols tices ( TpoTrà? avTou , c'est-à-dire rj^ioxi , et nonovpavoîi),et mdlcmenl les mouvements du. ciel. M. Teichmûller [Studien, etc., Anaximundros, n" Untersuchung , p. 5^9) a tort de s autoriser de cette erreur de M. Zeller pour appliquer à Anaximandre sept vers de Lucrèce (v, 609-5 16).

eux, leur devraient leur existence'. Au contraire, ce philosophe disait que les corps célestes sont emportés par le mouvement des cercles et des sphères sur lesquels ils sont fixés ^. Nous retrouverons chez beaucoup de philosophes grecs cette manière de voir, d'après laquelle ce ne sont pas les astres qui se meuvent eux-mêmes, mais d\iprès laquelle les cercles et les sphères sont des moteurs mobiles qui entraînent les astres , fixés chacun en un de leurs points, et cela, soit que les cercles et les sphères soient considérés ou non comme des corps solides. Je ne vois aucun motif de contester à Anaximandre l'invention de cette fausse conception de mécanique céleste, qui joua un si grand rôle après lui et qui reçut tant de complications. Mais rien n'indique qu'Anaximandre ait pris finitialive de ces complications en donnant à chaque astre plus d'un cercle moteur ou plus d'une sphère motrice. Il est probable qu'il n'attribuait au soleil, à la lune et à chacune des cinq planètes, s'il les connaissait toutes les cinq, qu'un seul mouvement, c'est-à-dire une révolution d'orient en occident suivant un plan oblique par rapport à la surface de la terre supposée

' M Teichraûller [loc. cit. p. 35) semble pourtant attribuer cette opinion à Anaxitnandre, mais sans aucune preuve, et tout en citant ( note + *) un textequi lui attribue l'opinion contraire.

* M. Rœlh [Oeschichteunsererahendlœndischen Philosophie, t. II, p. i55-i56). ronmie M. IVirhmiillor, confond , avec les xphères motrices des astres ou avec leurs orbites, les cercles en forme de roue et pleins d'un feu visible par un orifice, qui, suivant Anaximandre, constituent les astres mêmes. Mais M. Teiclimûlier (/oc. cif. S 5, j). 32 et suiv.) rejette avec raison comme

élrangers à la pensée d'Anaximandre, d'une pari les mécanismes de cristal inventés par M. Rœth à l'appui de sa fausse interprétation, d'autre pari les inventions plus arbitraires encore de M. Gruppe [Die kosmischen Système der Griechen , i85i,p. 37-/i5). Mais, malgré quelques hésitations, la réfutation que M. Zeller (3* édition, t. I. p. 195-196, noie de la p. 195) oppose à M. Rœth est bien préférable, surtout parce qu'elle est contraire à la confusion que nous venons de signaler cliez M. Teichiiiùller de même que chez M. Rœth.

* Celte croix est ic signe donné par M. Teichmiiiler a sa note.

plane, révolution à peu près diurne pour tous les astres, mais un peu plus lente pour les cinq planètes, pour le soleil et surtout pour la lune, ({ue pour les étoiles fixes, attachées en différents points de leur sphère tournante, commune à toutes.

Quelle était fopinion d'Anaximandre sur les mouvements alternatifs (rpOTra/) que les sept planètes, en des périodes plus ou moins longues, exécutent du nord au sud et du sud au nord, ou du moins sur ceux que le soleil exécute ainsi d'un solstice à l'autre avec retour au même solstice, et qui produisent annuellement la variété des saisons.^ Nos seuls renseignements consistent en deux textes d'Aristote \ dont le second reste obscur pour son commentateur Alexandre -, et qui ne suffisent pas j^iour nous éclairer sur ce point. Ces deux textes semblent signifier que certains philosophes, suivant lesquels la terre était primitivement toute couverte d'eaux, expliquaient l'origine des écarts périodiques du soleil vers le nord et vers le sud par le dessèchement progressif des continents et par la vaporisation des eaux, effets de la chaleur de cet astre: cette vaporisation, suivant eux, aurait produit fair et augmenté l'étendue totale du ciel, et aujourd'hui encore cet air engendrerait les vents et repousserait le soleil du nord vers le sud, puis du sud vers le nord. Dans ces philosophes, qu'Aiistote ne nomme pas, Théophraste, et Alexandre, qui le cite, croient reconnaître Anaximandre etDiogène d'Apollonie. Mais il est possible qu'Aristote n'ait voulu désigner ici que Diogène, dont telle était la doctrine, comme nous le verrons.

Du reste, longtemps avant Diogène d'Apollonie, Anaximandre avait pu voir, comme Homère^, que le levant et le

' iWe/^or. 11,1, p. 353 6, 1.6-9, et II, et fol. 16, v",col. 3 (Venise, i548. in-f). Il, p. 355 a, 1. 2 1-25 (Berlin). ^ Voyez ci-dessus. Comment Homère

Fol. 91 ab et fol. 93 a (Aid.), ou s'orientait, p. 7-11. Comparez ci-dessus,

lrad.lal.de Piccolomini, fol. i5v', col. 2, dans le présent Mémoire, le S 1, p. 3i.

Il -^

îfS

couchant d'été sont plus au nord que le levant el le couchant d'hiver, et en conclure que le soleil ne décrit pas le même cercle chaque jour en toute saison, mais qu'il décrit des cercles tantôt plus rapprochés du nord, tantôt plus rapprochés du sud. Tel est sans doute le prétexte d'une fausse assertion de Pline ^ d'après laquelle Anaximandre aurait découvert , avant Pythagore , l'obliquité de l'écliptique; cette découverte aurait supposé une distinction, qu'Anaximandrc u'avait pas faite, entre le mouvement diurne du soleil d'orient en occident, et son mouvement annuel, obliquement contraire, d'occident en orient. Le mérite de Pythagore est d'avoir examiné à part ces deux mouvements simples, qu'Anaximandrc confondait en un seul mouvement compliqué.

En résumé, Anaximandre, comme Thaïes, a pris pour point de départ la cosmographie populaire et poétique des Grecs; mais, de même et plus encore que Thaïes, il s'est éloigné de cette cosniographie, en ne considérant la terre que comme une petite partie de l'univers visible : c'est là un mérite dont il faut Icnir compte à ces deux philosophes. Sur la suspension de la terre dans l'espace, les explications d'Anaximandre étaient très-iusulTisantes; mais il faut lui reconnaître un mérite, que Thaïes n'avait pas eu , celui de n'avoir donné à la terre aucun support solide ou liquide, capable de faire obstacle à la continuation des révolutions des astres au-dessous d'elle. Cependant il pensait peut-être, comme le fit un peu plus tard Anaximène, que ces révolutions, obliques par rapport à la surface plane de la terre, avaient lieu autour et non au-dessous de ce disque ou cylindre , dont nous habitons , suivant lui , la face supérieure. Quoi qu'il en soit, Anaximandre, qui partage avec 1'halès le

' Hist. nat. II, viu, sect. 3i.

tort d'avoir donné à la terre une surface plane et de n'avoir pas compris que la lumière de la lune est empruntée au soleil, partage avec Thaïes le mérite d'avoir placé le soleil plus loin de nous que la lune; mais nous ignorons si Thaïes avait eu, comme Anaximandre, le tort déplacer les étoiles fixes plus près de nous que le soleil et même que la lune, et certainement Thaïes avait évité trois torts plus graves d'Anaximandre, savoir: i*" Anaximandre a remplacé par une erreui' grossière l'explication juste que Thaïes avait donnée de la cause des éclipses de soleil ; 2° le premier il s'est avisé de considérer tous les astres, y compris le soleil et la lune, comme des feux renfermés dans de grandes enveloppes opaques, qui ne les laisseraient voir que par un orifice; 3° le premier aussi il a supposé, en ce qui concerne le soleil et la lune, que l'orifice devait se fermer en totalité ou en partie pour produire les éclipses de ces deux astres et les phases mensuelles du dernier. Certes cette transformation des astres en de larges fourneaux, perces chacun d'une étroite ouverture circulaire et attachés à des cercles moteurs, n'était pas une heureuse invention. Anaximandre aggravait sa faute en donnant avec une étrange assurance les proportions imaginaires de ces fourneaux invisibles et de leurs orifices visibles. Nous avons montré que Fobservation des halos, et peut-être des parhélies et des parasélènes, phénomènes attribués à certaines parties très-étendues et habituellement invisibles de fastre, avait pu lui suggérer l'idée des grandes dimensions de ces enveloppes pleines de feu, qui ne laissaient voir, suivant lui, qu'une petite partie centrale de ces foyers en forme de disque; mais cette explication, donnée par nous pour la première fois, n'est nullement une justification des assertions téméraires du philosophe. Au lieu d'énoncer, comme il fa fait avec la même assurance, le rapport, non moins imaginaire, du diamètre du

HypoUi^ses. lO

Vl 'i

lï i

disque terrestre à son épaisseur, et de rétendue de la terre à celle du soleil, il aurait mieux lait de se borner a publier la carte qu'il avait tracée, plus ou moins exactement, de l'ensemble des contrées de la terre qu'il connaissait', et à multiplier des exemplaires de la splière céleste qu'il avait construile^ sans doute pour représenter sur sa surface convexe les positions apparentes des étoiles fixes.

AMAXIMÈNE.

Anaximène de Milet, disciple et successeur d' \naximandre^, dont il lut loin de suivre en tout les ensei<j;n('ments, comj)osa, dans la seconde moitié du vi*" siècle avant notre ère, un traité pbilosopbique en prose, dont un petit fragment nous reste'. Il admettait, avec Anaximandre, cjue toutes choses devaieni être sorties d'une substance infinie, éternelle et divine; mais il

' Vo>oz Siraboii, I, i. p. i ; Éralo >ll»one clans Str;il)oii, I, i, p. y (Cos.); Agathémère, I. !; Diogène de L. II, ii, t't Eiislallic, Idliod. à \d l*crié(]c'se de Deiiys, p. ?) b II. Eslieiine). (loiiiparez llf-oijulc, \,\i.i\, et Suidas, au mol Ara|r'iar8po>. Voyez aussi Ueiiif,'anu»i, Krd-und Lœnderiihlnldungen der Allen, p. 102.

" Voyez Pline. \ll, i.vi, seci .')7.

Il" 2o3 (Sillig), et Diogène de L. II, 11. (Jieerou (/?<>/>. 1. xiv) l'ait rcuioriler jusqu à riialès rinveiilion d'inie splière relesie, perfection rif-e après lui, et Siiidis (au mot Aj'a|«,aar5po>) Iransformc celte sphère d Auavimandreen un ouvrage prétendu de ce philosophe sur la sphère. Ueingamnn [loc. ut. p. lo/i-iof)), qui ne rile (jue Diogènc de L., a tort de croire qu'il s agit

d un globe lenrs/re allrihiie ptr Diogèiie à .\na\iiiiandre. Les sphcres ivleslcs l'urciil ei)i[)loyèes de hoimc heure eu (irèce.

VOyez, dans Plular.jue, les Vies des dit onikurs , \\ , Isocrale, $ 2<». Coni[)anv. .SrhiecL, Die Ilimmelsgloben des AnajinKinder and irciiitiicdcs , i" partie, Ana.vinidiidcr (lis Sphœreneijindei- (Han lu , i84). in-.V).

' Voyez. .Mirtout Simplirius [l'iiys. I, 1. G a , I. 4î>-^6 , Aid.) , (pii s .ippuie '1'. 3'î 11, I. f^^J-.^C)) siu Theophrasle. Comparez l)io Çenc de L. Il, m; (liceron . Acad pi: il f\\), \\.\Mi ; Clément d'VI. Slrorn. I, p. .'ioi A (l\Tiis, iti^i), et soint .\iigu>»liu, ( tv.l). Mil, n.

* Dans Slobèe, Eel. ph. I, \i, p. iijd Meeren).

croyait qu'au lieu d'être entièrement indéterminée, comme son maître l'avait pensé, cette substance était l'air ', ])rincipe de la respiration et de la vie, non-seulement dans l'homme et dans les animaux, mais aussi, suivant lui, dans tout l'univers ^ Il croyait que cet air infini, qui était invisil)le quand il était dans son état le plus uniforme, devenait sensible en proportion de la vivacité de ses mouvements et en raison des dilTérences de froid, de chaleur, d'humidité, que ces mouvements causaient en lui" : il supposait qtie l'air, condensé ou raréfié, avait produit les trois autres éléments, terre, eau et feu, et par eux tous les êtres, même les dieux \ Suivant lui, des mondes en nombre inhni se produisent et se dis,solvent successivement dans l'esj)ace iufl^)i^ Dans notre monde actuel, la terre s'est pi^oduite, suivant lui, la première par une condensation de l'air sous la lorme d'un laige di.sque^ 11 avait remarqué que, dans l'air, les corj)s pesants se soutiennent d'autant mieux qu'ils sont plus minces avec une plus large surface horizontale, qui presse sur l'air au lieu de le fendre, et cette remarque, jointe à la tradition homérique et populaire, conservée par Thaïes et par Anaxi-

' Voyez Arislole, Mcluphysicov. A, o, |). <)8/i ^/,.l. 5-7 (Berlin); Plutarquc, Slrorn. dan.s Knsèbc. Prép. ev. i, viii; Sevius Emp. Contre les seiences, IX , ccclx , p. 6i() (Fabr.); .saint IlippolUe. Contre les hrrcsles, I, VI, p. i8 (Cruice); Cicèron , Acad. pr. Il (IV), xxxvn, el N. /). I, x: Slobèe, Ecl. pli. I, m, p. ôG (Heeren); le faux Philar(|ue. 1, m. p. 7 ((^orsini), et lerauxGalien,t. IV, p. ^28, I. Z,G (Baie).

Voyez Anaximène lui-même dans Slobèe, Ecl. ph. I. xi. p. ■jql) (Ileeren), el le faux Plularque, I, ni.

\oyez. saint Ilippolyte. Contre les hérésies, loc. cil.

' V^oyez Siinplicius, Pliys. 1, I. 02 a. I. à-J-àç) (Aid.); saint Hi|)polyle, Contre les hérésies, loc. cil. p. 18-19; Plularque, Principe du fi-oid , cli. vil; Cicèron, Acad. pr. II (IV), xxxvii; Mermias, Moquerie, etc. ch. Jii, à la suite de saint Justin M. p. 176 D- 177 A (Paris, iG36); saint Augustin, Civ. I). Vlll, II; Minucius Félix, Oclaciiis, ch. xix.

'" Voyez Stobèe, Ecl. />/i. I , xxi ( l xxm , p. ''116 el p. 4f)4-^96 (Ileeren); mais voyez aussi el surtout Simplicius, Phvs. Mil, I. •.ir)7 /;, I. /ii-ii2(Ald.).

" Voyez Plutarque . Slrom. dans Eusèbe , Prép. év. I . VIII.

inandre, sur la surlace circulaire et plane de la terre, l'avait engagé à considérer, ainsi qu'il le faisait suivant le témoignage exprès d'Arlstote, la terre comme un disque très-peu épais en comparaison de son immense étendue en surface'. Ainsi, au lieu d'en faire, comme Anaximandre, un tronçon massif de colonne, il l'assimilait au disque mince d'une table circulaire, telle qu'était la table ronde à trois pieds des anciens Grecs"-, et il disait que le disque de la terre, à cause de sa largeur, était poité sur l'air ^.

Il aurait pu être tenté d'expliquer les tremblements de terre par une agitation de l'air sous le disque terrestre. Nous avons vu que rien ne prouve qu'Anaximandre lui en ait donné rexcnq:)le. Certainement Thaïes expliquait ces phénomènes par un mouvement do l'eau sur laquelle, suivant lui, la terre entière était flottante. Mais Aristote' nous atteste qu'Anaximène considérait les tremblements de terre comme des phénomènes locaux, et qu'il les expliquait par des éboulements intérieurs, produits soit par le dessèchement, soit, au contraire, par l'infiltration des eaux.

A en juger par les textes où il est question des opinions astronomiques d'Anaximène, il paraît qu'il désignait quelquefois

' \oyci Aristote, Du ciel, 11, xni, |j. ^94 b. I. i3-20 (Berlin). Aristote montre que l'observation crAna\imène no lire (]u\in uiauvais argument en laveui de sa doctrine contraire à la sphéricité de la terre ; mais, quoi qu'en dise Fries [Gesch. d. Philos. S 22, l. 1, |>. ii/i), Aristote constate qu\\na\imène elait extrêmement t'ioigné de penser que la terre lût spliéri<|ue.

* Voyez le fauN. Pliitarque, III, x, et le |/»u\ Galien, I. IV, p. 'i3i , I- 27 Sur in

(omparaison de la terre avec une table, vovcz mon Mémoire sur la sicjnificalion cosmoçjvaphujae du mythe d'flestia [Acad. des inscr. t. XXVIII, 1" partie), p. 10 du tirage à part.

' \nyct IMularque, Sironi. loc. cil. et saint Ilippolyte, Contre les hérésies, loc. cit.

' Meteor. Il, vu, S 6. Voyez aussi Séneque. Nul. Q. V, \, et le fauxTIutarque. II, XV. Par une erreur de nom, Ammien Marcellin (XVII, vu. S la) attribue cette explication à Aniximandre.

par le nom d'as/re^, dalépes ou aT7pa, rensend3le de tous les corps célestes, c'est-à-dire le soleil, la lune elles étoiles, mais que, parmi les étoiles, il distinguait d'une parties fixes, qu'il nommait plus spécialement àcTiépcÇ, et d'autre part les cinq planètes, auxquelles il joignait le soleil et la lune, et qu'à ces sept planètes il donnait plus spécialement, comme Platon ', le nom d'aa-7pa-, quoiqu'un des écrivains qui nous ont conservé ses doctrines ait appliqué une fois aux étoiles fixes en particulier le mot à(77pa au lieu du mot àc^epe^.

Voyons d'abord ce qu'il pensait des étoiles fixes et du ciel même. D'après le langage de ces auteurs, Anaximène disait que la réwhilton la plus extérieure du ciel [rj c^coTaTWSTept^opa) était de nature terreuse^, c'est-à-dire solide. Celte même couche, ou bien peut-être seulement sa partie inférieure, était de nature cristalline, et les étoiles fixes, bien nommées dalépei par le Taux Plutarque '^ et par le faux Galien ^, mais nommées ici à tort oicrlpoi par Stobée^ étaient enfoncées dans ce cristal comme des clous d'or. Par cette comparaison, Anaximène voulait sans doute dire seulement que ces corps brillants, fixés toujours

' Timée, p. 38 B et 42 B; Lois. Vil, j). 821 B et 822 A. Comparez x\cbillès Talius, Inir. aux Phén. ch. xiv, p. i*3Zi C

■ Voyez saint Ilippolyle, Contre les hérésies , l, VI , p. 19, 1, 5,0,-, 9 , 10, 11, if); Stobée, Ed. phys. I, xxv, p. 5 10, I. 1 1 , i3, 1 ô, et I , XXVI, p. 52/i (Ileeren) ; le faux Plutarque, 11, xiv, xvi, etc.

' Voyez le Taux Plufanpjc, II, xi, et dans Eiisèbc, Prép. év. XV, xlii, p.

8^1 5 B (Vigier), et le l'aux Galien, t. IV, [». 63o, I. 33. Dès l'époque d'Eusèbe, conmie à l'époque du faux Galien , le texte du faux Plutirque donnait la leron : t))v -srepipopiv Ttjv èlwTarw yrjivrjv eîvri. il est vrai que dans Stobée {Ed. phys. I,

XXI, p. 5oo) la même phrase se trouvt avec la variante t>75 yrj? au lieu de yyjïv)jv variante qui a passé dans les éditions du faux Plutarque depuis celle de Beck in;:lii sivemenl. Mais la leçon plus ancieniu! yrjïvrjv esl la seide vraie; car l'expression è^wTârw Tïfs yijs, au lieu de laquelle on devrait lire è^wri-'W tov xÔ(J(xou , ou mieu\ -sroppwTaTW rifs yijs, ne se comprend pas . et d'ailleurs ne repoudrait ni à l'objet ni au titre du chapitre du faux Plutarque, II, XI : Du ciel et de sa nati.ire.

Page 1