‹ Mémoire sur les hypothèses astronomiques des plus anciens philosophes de la Grèce étrangers à la notion de la sphéricité de la terre [microform]Chapitre 9 sur 27 · Karslen) paraît avoir ignoré ces riiurs · texte numérisé non relu

Karslen) paraît avoir ignoré ces riiurs

textes, qui vont être indiqués, et parmi ^ Voyez saint Hippolyto, loc. cit.; Slo-

lesquels celui de saint Hippolyte (faux bée, I, xxv, p. 5io (Ilorren), et le faux

Origène), Contre les hérésies, et ceux de Plularquc, ll,xv.

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flevait donc penser qne ces étoiles et toutes les autres étaient pour nous en deçà de la lune et de son enveloppe. Seulement, il n'avait pas remarqué certaines occultations dans lesquelles une étoile disparaît derrière la partie obscure de la lune en croissant. Ainsi, dans cet étrange système astronomique, si peu compris jusqu'à ce jour, on voit que pourtant tout se lie et s'enchaîno : ce qui confirme la vérité de notre interprétation.

Suivant Anaximandre, le soleil, cest-à-dire, comme nous l'avons vu, le feu solaire en tant qu'il est visible seulement par l'orifice étroit de son enveloppe, est e<,^al à la terre, c'està-dire au disque terrestre \ Mais le cercle d'où il exhale ses feux, c'est-à-dire, comme nous l'avons vu, fenveloppe circulaire non transparente dont un orifice les laisse voir, ce cercle, dis-je, est vingt-sept ou vingl-huit fois grand comme la terre, c'est-à-dire comme le disque terrestre, et, par conséquent, cette enveloppe invisible est grande vingt-sept ou vingt-liuit fois comme le soleil visible, supposé égal à ce disque^ Seul, saint Hippolyto, dans son traité Contre les hérésies \àm\l que 1<.^ cercle (lu soleil est grand vingt-sept fois comme la lune. Mais c'est évidemment comme la terre qu'il faut lire ici, de même que chez les autres auteurs. Alors le sens, d'accord avec celui des textes précédents, est que fenveloppe du soleil est grande vingt-sept fois comme le disque du soleil visible, disque égal à celui de la terre. Rappelons- nous que, par une expression qui, trèsnaturelle dans le système d'Anaximandre, vient peut-être de ce

' Voyez le taux IMutarquo, II, jxi, et II, xxi, et le faux Galien, l. IV, p. A3i,

io faux Galien. I. IV. p. ^:^^, l 23. 1- ^S. Pour les vingt-huit fois, voye. le

' Pour les vingt ^ept fois, voyez saint faux riularque, II, xx. et le faux Galien,

llippolyte. Contre les hérésies, loc. cit.; l IV, p. i43i,l. i3.

ri,é.ulm-.l. Thérap. I et IV, t. IV. p.48A ' I. v, p. 17, l- 1 i-i^ (Cruice). et p :>3ol)(Sirnioi d); le faux Plulanpie,

es-

philosophe lui-même, Plutarque, Achillès Tatius et saint Hippolyte, en résumant ses doctrines, nomment soleil non pas seulement la partie visible des feux solaires, mais la grande enveloppe non transparente et tout son contenu. C'est en ce même sens qu'en deux endroits Théodorct ' dit que, suivant Anaximandre, le soleil est grand vingt-sept fois comme la terre. D'un autre côté, le faux Plutarque'^ dit que, suivant ce philosophe, le cercle de la lune, c'est-à-dire la grande enveloppe invisible qui contient le feu de cet astre et qui le laisse voir par une ouverture de graiideur et de forme variables, est grand dix-neuf fois comme le disque terrestre : ce qui suppose que cette enveloppe lunaire est égale à plus des deux tiers delà grande enveloppe invisibledusoleil. Mais, pour savoir combien de fois, suivant Anaximandre, fenveloppe lunaire était plus grande que la lune visible à nos yeux, il faudrait savoir quelle grandeur réelle il attribuait à la lune, ou du moins quel rapport il supposait entre la grandeur réelle de la lune et celle de la terre ou du soleil. Or tout renseignement nous manque sur ce point. Quoique le diamètre apparent de la lune soit à peu près égal à celui du soleil, Anaximandre pouvait croire que le diamètre apparent de fenveloppe lunaire, visible quelquefois sous forme de halo, pouvait surpasser celui de fenveloppe solaire, si, tout en mettant la lune au-dessus de toutes les étoiles, il la plaçait beaucoup plus près de nous que le soleil. D'après le langage habituel des anciens, nous admettons que les nombres donnés par x^naximandre comme représentant les grandeurs relatives de ces corps devaient concerner les

' Cité dans ravanl-derniôrc noie.

' II, XXV. Jean de Lydie {Des mois, III, VIII , p. 3G) répète la même phrase , en substituant , par erreur, le nom d'Anaximcne à Uypotlièses.

celui d'/]«aj:'iw«/}f/re. Une erreur semblable existe, comme nous l'avons vu, dans les manuscrits el dans les anciennes éditions, pour un texte du faux Plutanjtie (11, 29).

î' il.

vu

diamètres et non les surfaces ou les volumes \ Si, comme nous l'avons supposé, les halos lui ont suggéré Tidée des grandes enveloppes circulaires des astres, Anaximandre estimait à vue d'œil que le diamètre du halo solaire égalait vingt-sept ou vingt-huit fois le diamètre de l'astre, et que le diamètre du halo lunaire égalait un nombre de fois inconnu, mais beaucoup plus de dix-neuf fois, le diamètre de la lune. Si notre conjecture à cet égard n'était pas vraie, le choix de ces nombres serait inexplicable l Quant à l'égalité entre le disque visible du soleil et le disque terrestre, ce ne pouvait être qu'une supposition en l'air de la part d'Anaximandre, qui ne connaissait l'étendue ni de l'un ni de l'autre de ces deux corps.

En interprétant ces données sur les grandeurs comparées qu'Anaximandre attribuait à la terre, au soleil et à la lune, nous avons tenu compte, comme nous devions le f^iire, de tous les textes anciens concernant Vopinion du philosophe sur ces astres et sur tous les autres, et spécialement sur les grandes enveloppes circulaires (Tpdx,^<) où il enfermaitleurs feux, comme nous l'avons prouvé parla discussion des témoignages antiques, et comme le prouvera la transmission de cette hypothèse à Heraclite, qui la modifia'. M.Teichmùller'*, au contraire, a isolé les textes relatifs aux grandeurs de ces corps suivant Anaximandre, et il a porté dans l'interprétation de ces textes les idées que, sur la structure attribuée aux astres par ce philosophe, il s'était formées en négligeant une partie des textes qui concernent

' Voyez les textes d'Archiiuctle, de Cléoinèdeel d'Apulée, cités plus haut, S 3, Jhalès, |). 57-60.

- Corsini {Diss. i , p. xxiii, à la suite de son édition du faux Piularque, Florence, 17^0, la-h" a bien raison de liire qu'il y aurait folio à voir dans ces nombres dix-

neuf et vingt-huit une allusion à des cycles de dix-neuf ans et de vingt-huit ans; évidemment il n'est pas ici question de cycles.

' Voyez plus loin. S 6.

* Studien zur Geschichte der Dégriffé, 187^, p. 1618.

cette question et en pliant les autres à ses opinions préconçues, tandis qu'il aurait fallu trouver comment ces textes se concilient tous ensemble. 11 a supposé que, dans les textes relatifs à ces grandeurs, comme dans ceux qui concernent en réalité les enveloppes des astres, les discjues ou roues [kvkXoi ou Tpôypi) du soleil et de la lune, au lieu de contenir les feux de ces astres, comme le disent le vrai Plutarque et d'autres auteurs, étaient tout simplement les orbites décrites chaque jour par ces astres autour de la terre, d'orient en occident. A l'appui de cette interprétation, il a cru trouver une autorité suffisante dans un texte obscur et probablement altéré du faux Plutarque \ où on lit que le cercle d'où [d(p* o\j) le soleil exhale ses feux est en même temps le cercle sur lequel [è(^' oL) il est porté. M. Teichmûller suppose que l'astre est dit porté sur la circonférence du cercle ; mais pourquoi ne serait-ce pas sur les parois de la cavité du disque, dont \ orifice est mentionné parce texte ^? D'ailleurs, les mots è^' ov sont plus que suspects; car Stobée^, qui répète la même phrase, donne, en leur place, les mots v(p' ov, qui signifient que le soleil est porté par ce disque creux, dont il mentionne aussi Y ouverture, et qui est, dit-il, vingtsept fois grand comme la terre; et il répète, après le faux Plutarque, que le soleil même (vu par cette ouverture) n'est pas plus grand que la terre. En effet, suivant la pensée d'Anaximandre, telle que nous l'avons expliquée, le feu solaire est porté par cette enveloppe circulaire, et c'est de là aussi [d(^*ov) qu'il exhale sa lumière et sa chaleur. Ni Stobée, ni le faux Plutarque, ni aucun auteur ancien, n'a dit, comme le voudrait

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