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imparfaitement spliérique et une position semblable à celle que prend naturellement un œuf. Or, dans un œuf posé sur un plan horizontal, le plus grand diamètre, celui qui va du gros bout de l'œuf au petit bout, reste toujours à peu près horizontal, soit que l'œuf demeure immobile, soit qu'il roule snr ce plan, et, dans le roulement de l'œuf, chacun des petits diamètres perpendiculaires snr le milieu du plus grand devient tantôt verlical, tantôt horizontal, et passe par tous les degrés d'obliquité à l'horizon. De même, d'après Stobée, dans la rotation diurne du cicl ovoïde autour d'un axe allant du pôle nord au pôle sud du ciel par le centre du disque terrestre, cet axe devait être considéré par Kmpédocle comme étant le plus grand diamètre du ciel, tandis que ce philosophe devait considérer comme plus courts tous les diamètres qui, perpendiculaires sur le milieu de celui-là, devenaient tantôt presque verticaux, tanlôt plus ou moins obliques à l'horizon, et tantôt hoiizontaux de Test à l'ouest. Si donc il faut en croire Boéthus ou Stobée, Empédocle devait se représenter la sphère céleste comme un sphéroïde oblong, dont le rdus grand axe était un pru incliné du nord au sud par rapport à l'horizon. Stobée ajout(^ que Boéthus ne voulait voir là qu'un elTet de l'imagination, et non une réahté. Ce péripaleticien avait sans doute remarqué que, par un effet d'imagination instinctive, la voûte du ciel au-dessus de nos têtes nous parait surbaissée. Peut-être Enqiédocle avait-il ele induit par cette fausse apparence à donner au ciel une forme oblongue, et à chercher la plus grande dimension de ce sphéroïde dans le diamètre qui va d'un pôle céleste à l'autre, diamètre invariablement fixé dans le plan du méridien et moins éloigné du plan de l'horizon de la Grèce que de la ligne verticale sur cet horizon.
Ces points de l'hypothèse astronomique d'Empédocle étant
établis d'après des témoignages antiques, voyons s'il est possible de restituer par conjecture quelques autres points de cette même hypothèse. Puisque les levers liéUa(fiies des étoiles avaient toujours fixé l'attention des Grecs depuis l'époque d'Homère et d'Hésiode, Empédocle ne pouvait pas croire que, pendant toutes les saisons de l'année, ce fussent toujours les mêmes étoiles hxes qui fussent situées dans ce qu'il appelait l'hémisphère ténébreux et qui fussent par conséquent observables pendant la nuit : il devait voir qu'excepté celles qui sont près des deux pôles, chaque étoile fixe se trouve, suivant les saisons, tantôt dans l'hémisphère ténébreux, où nous la voyons la nuit, tantôt dans l'hémisphère lumineux, dont l'éclat la rend invisible, et que, par conséquent, dans le cours d'une année, ces étoiles passent d'un de ces deux hémisphères à l'autre et reviennent au premier. La révolution quotidienne exécutée de l'est à l'ouest autour de la terre avec une même vitesse par le soleil, par l'hémisphère de feu lumineux, qull ne quitte jamais, et par l'hémisphère d'air ténébreux, où il n'entrejamais, devait donc, suivant Empédocle, être plus lente cjue la révolution quotidienne exécutée dans le même sens autour de la terre par l'enveloppe cristalline du ciel et par les étoiles fixes, enchâssées dans cette enveloppe. De même qu'Anaxagore, Empédocle aussi devait n'attribuer au soleil, à la lune et aux cinq planètes, aucun mouvement propre d'occident en orient, mais seulement leur donner des révolutions diurnes d'orient en occident un peu plus lentes que celle des étoiles fixes et du ciel, et certains écarts alternatifs du nord au sud et du sud au nord. Sans doute toutes ces révolutions diurnes d'orient en occident au-dessus delà terre, avec retour d'occident en orient au-dessous, étaient considérées par lui comme résultant de la persistance du tourbillon producteur du monde,
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et il devait croire que, dans cette même direction commune à tous ces corps célestes, la vitesse la plus grande, après celle de l'enveloppe cristalline et des étoiles fixes, était celle du soleil, astre qu'il croyait le plus voisin de ces étoiles, et que la plus petite vitesse étail celle de la lune, astre le plus voisin de la terre immobile au centre du monde et du tourbillon cosmique. Plaçant ainsi, dans son système géocentrique, le soleil plus près des fixes que Mars, Jupiter et Saturne, il semble n'avoir pas vu que d'orient en occident ces trois planètes vont plus vile et restent moins en arrière des fixes que \r soleil.
A cette tbéorie, ainsi restituée par des conjectures très- Jogiqurs et très-vrais(Mnblables, se rattacbe un point de la doctrine d'Empédocle sur lequel nous avons un renseignement antique très-précis. Suivant Empédocle, le tourbillon cosmique et les révolutions qu'il embrasse avaient eu primitivement beaucoup moins de vitesse, et, depuis la formation du soleil, faccélération avait été considérable; car, s'il faut en croire le Taux Plntarque ', Empédocle disait que la môme révolution du soleil, qui maintenant s'accomplit en un jour, s'accomplissait primitivenient en dix mois, c'est-à-dire en 000 jours, et plus tard en sept mois, c'esl-à-dire en iio jours : cette révolution du soleil d'orient en occident avait donc été, suivant lui, d'abord 3oo fois, puis 210 fois, plus lente à l'origine qu'elle n'est maintenant. Cette vitesse croissante lui paraissait sans doute nécessaire pour maintenir le monde en équilibre. .Mais, suivant des témoignages irrécusables d'Aristote' et surtout d'Alexandre d'Apbrodisias^, Em-
' Op. (Us philos. V, wiii, Si. ^ Sur ia Mélaphys. I. c. p 56/i, I. u 3
* Du ciel. 11, I, |). 284 «, I- 2l^-2Q, et (Bonilz). Mélaphys. MU. VIII, p. io5o b, I. 22-a/|.
pédocle pensait qu'un temps viendrait où, au contraire, le ciel s'arrêterait. D'après ce que nous avons vu, il est aisé de comprendre que ce ralentissement et enfin cette cessation complète de la révolution diurne du ciel devaient s'opérer, suivant lui, par le retour progressif de tous les éléments à l'état de mélange complet et bomogène et de repos absolu dans le a^oUpoç, rétabli à la place du monde.