‹ Mémoire sur les hypothèses astronomiques des plus anciens philosophes de la Grèce étrangers à la notion de la sphéricité de la terre [microform]Chapitre 5 sur 27 · I, XXIV · texte numérisé non relu

I, XXIV

' Dans leurs notes sur ce passage de

d'après lesquels, au contraire, Thaïes aurait déclaré que la (franclciircJe la hinc est un 720' de celle du soleil. Supposons, pour un instant, que ces changements aient rétabli le texte primitif. Si, après cette correction, Ton acceptait comme vrai ce renseignement conservé pour nous par Diogène seul, qui ne le cite lui-même qu'avec une défiance évidente; si Ton supposait, en outre, sans aucune preuve, que Thaïes attribuât au soleil et à la lune la forme sphérique; si l'on supposait, de plus, et de même sans preuves, qu'il sût que, lorsque les diamètres apparents de deux sphères sont égaux entre eux, comme le sont à peu près ceux du soleil et de la lune, les diamètres réels de ces deux sphères sont proportiounels à leurs distances à partir de fœil de fobservateur, et que les volumes réels de ces deux mêmes sphères sont proportionnels aux cubes de ces mêmes distances; si, enfin, fou supposait aussi que Thaïes eût remar- (jué que le nombre 720 est inférieur de neuf unités seulement au cube de 9; si, dis-je, on voulait considérer comme vraies ta la fois toutes ces suppositions gratuites, il faudrait croire que, suivant Thaïes, tpii aurait fait le soleil 720 fois gros comme la lune, la distance de la terre au soleil était un peu moins de 9 fois la dislance d<* la terre à la lune'. En réalité, au lieu de 9 fois, la première distance est 4oi lois la seconde. Du reste, fénormité de cette erreur ne serait pas une raison de se refuser à croire qu elle fût de Thaïes; car, après lui, Anaximandrc

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Dio'jènc, Œuvres, i. I'. [>. iG, note i4, l'I I. II. |). il, col. 2 (.\ni;>ter(.larn, iG(j2, 2 vol. in-d").

' Nous avons supposé, (pie, d'nprès la j)hrasc de Diogène corrigée p:irCasaul)oii, les (jrandeurs comparées seraient les lolumes (les il(u\ astres, et tel est le sens naturel des mois employés. Si, [>ourlant, il s'agissait de-* diamvlres , et si c'elul le diamètre

réel de la lune qui était considéré comme un 720' du diarnctre réel du soleil, alors la dislance de lu terre au soleil devrait être "j-iO fois celle de la terre à la lune : l'erreur serait en sens inverse, mais beaucoup moindre; car, au lieu de 720 fois, la première distance est en réalité ^01 l'ois plus grande que la seconde. Mais peu importe; car Thaïes n'est pour rien dans tout cela.

n'a été ni moins audacieux ni moins malheureux dans une tentative analogue.

Mais toutes les suppositions que nous venons d'énoncer tombent, et le témoignage suspect transmis par Diogène, soit qu'on y fasse ou non les corrections impuissantes par lesquelles on a essayé en vain de le rendre acceptable, ce témoignage, dis-je, disparaît entièrement devant un témoignage contraire, parfaitement clair et précis, d'un auteur bien plus ancien et bien plus digne de foi : en effet, un historien de fastronomie grecque, disciple immédiat d'Aristote, Eudème de Rhodes \ nous assure que personne avant Anaximandre ne s'était occupé des grandeurs et des distances des corps célestes : ce qui suppose évidemment que Thaïes ne s'en était pas occupé. A cette autorité si grave d'Eudème, on ne peut pas opposer sérieusement une phrase d'un compilateur, souvent inexact, du m'' siècle de notre ère, phrase insoutenable telle qu'elle est, et dans laquelle, en changeant plusieurs mots, on n'a pas réussi, jusqu'à présent, à introduire un sens supportable.

Nous allons voir qu'une correction nouvelle, portant sur un seul mot, met cette phrase de Diogène d'accord avec Eudème et avec d'autres textes qui prouvent la nécessité et la légitimité de ce chaugement. D'abord le mot trrpwTos, supprimé par la correction, d'ailleurs trop peu grecque, de Casaubon^ doit être conservé, comme le prouvent les phrases voisines, qui toutes présentent ce même mot, et qui toutes aussi concernent des doctrines très en vogue après Thaïes, mais dont on prétend

' Dans Simplicius, Du ciel, II, x, p. 212 a, 1. i2-i3 (Karsten).

* Casaubon veut qu'on lise, avec un

scholiasle : Kaî 'xspos rô tov r/Xiov ^éyedos

TOToÏKjeXrjyixiov éirloixoaioclov, etc.; c'esl-

à dire qu'il remplace par le mot -nrpôî le

Hypotljôscs.

mot indispensable -crpwTos, et qu'il ajoute TÙ devant tov aeXrjvaiov ^ sans s'aj)ercevoir que l'expression to [fxéyeOos) rov (reXr;vaiov , pourrd ( fxéysdos) rijs creAr/r»;?, n'est pas grecque.

qu'il a été le premier auteur. Il esl vrai que M. Cobet' obtient le même sens que Casau])on par une correction plus grecque , et qui conserve le mot zspœTO^. Mais ce mot authentique est la condamnation des deux corrections, aussi bien que du texte donné par les manuscrits; car personne, ni après Tbalcs, ni avant lui, n'est cité comme ayant enseigné que la lune fût 720 fois plus petite que le soleil, ni surtout comme ayant enseigné que le soleil fût 720 fois plus petit que la lune. Mais nous avons vu qu Arislarque certainement, et Thaïes suivant quelques auteurs, avaient trouvé que l'arc sous-tendu parle diamètre apparent du soleil était précisément le 720'' de la circonférence, c'est-à-dire un arc d'un demi-degré ^ Il ne serait pas présumable qu'une coïncidence fortuite eût amené cette môme fraction, un 720% dans la phrase de Diogène, si cette phrase n'avait pas eu le même objet. Or, pour retrouver dans la phrase de Diogène la même évaluation de cet arc comme attribuée à Thaïes, il n'y a dans cette phrase qu'un seul mot à changer, et c'est là évidemment la seule correction vraie^^t nécessaire : elle obtient, par un moindre changement, ce que les deux autres corrections proposées n'obtiennent pas, c'est-à-dire un sens pleinement satisfaisant. Les manuscrits donnent : Kai 'ZSÇjmto^ to ToO ijXiov txéyoOo^ tov (reXiivoLiov tifi'XKOfTiorj'ibv kolI siKoalov

' Diogène do L. , I , xxiv, p. 6 , 1. 18-20 (éd. Cobet-Didot), où 011 lit : Kai •crpàrroî Tov toi> vXj'ov (iejéOoxjs TorrsXrjvoitov énlaxo(TJO<t7uv, etc. Ainsi lesdesinenccscasuelles de cinq mois sont changées. Ajoutons que \,\ leçon TOV toû if}.iov appellerait la leçon Tô rfjî asArjvijs, ou bien (juc la leçon tô <TsA>;vaù>v appellerait la leçon tov rfXixxov.

* Ce n'est pas sérieusement , mais par une Inpothese qu'il détiare excessive, qu'Aristarque [Grandeurs et distances da

soleil et de la lune, prop. 6, p. 669 , t. III , Op. math, de Wallis) dit que l'arc souslendu par le diamètre appirent du soleil est au-dessous du 15' d'un 12' du zodiaque , c'est à-dire que cet arc n'égale certainement pas deu\ degrés. 11 sait que cet arc est beaucoup moindre, puisqu'il l'a évalué ailleurs à 1/2 degré, suivant le témoignage d'Archimède; mais, pour le raisonnement qu'il fait en cet endroit, il suflit que cet arc soit moindre que deux degrés.

àTTsOyîvaTO , koltcL tivols. Remplaçant le mot o-sXvroLioy parle mot k'jkXov \ lisez : Kai tïïpwTO^ to tov v'^îov (léyedoi tov uvkKov énIoLKoaiocr'idv tcolI sikootIov dit£^y)vaLTO , koltol tivols. Alors la phrase signifiera évideniment: « Le premier aussi, suivant quel- «ques-uns. Thaïes déclara que la grandeur du soleil est le «7 2 G*' du cercle,» c'est-à-dire que son diamètre sous-tend un demi-degré. Voilà ce qui devait être écrit dans le document ju et transcrit plus ou moins fidèlement par Diogène; et, après cette petite correction, qui ne fait que chasser du texte un mot évidemment intrus et rétablir dans ses droits le mot primitif, ce document s'accorde avec ceux qu'Apulée avait lus. Sauf fexpression inexacte, mais intelligible, yjXîov (léyeSos'^, les expressions de Diogène sont précisément les mêmes dont Archimède^ s'est servi, lorsque, pour désigner cette même mesure, trouvée par Aristarque, et que quelques auteurs ont voulu faire remonter jusqu'à Thaïes, il a dit, en dialecte dorien : tov

' Quelque absurde qu'ait élé la substitution du mol aeXijvoLÎov à la place du mot xvHAov du texte primitif, elle est pourtant explicable. Sans doute les auteurs de cette altération du texte, ne comprenant pas de quel cercle il pouvait être question, avaient supposé que, l'une des deux grandeurs comparées dans cette phrase étant la grandeur du soleil, l'autre devait être celle de la lune. C'est pourquoi aux mots toû xxjhXov, représentés peut-être par l'abréviation mathématique TOÛ O", qu'ils avaient pu croit e équivalente à toû J7A/0U, ces correcteurs malencontreux avaient pu juger nécessaire de substituer les mots toû aehjvatiov ,(\\ïi\s avaient représentés peut-être par l'abréviation TOÛ (C"'". A qui faut-il imputer cette altération du texte ? Si ce n'est pas à Diogène lui-même, ce doit être aux copistes des manuscrits soit de son ouvrage, soit de

celui auquel il a emprunté ce renseignement. Nous trouverons plus loin {S 4, Anaximundre), dans un texte concernant de même des rapports entre des dimensions célestes [Contre les hérésies, I, v, p. 17, 1. 11-12), une substitution notj moins évidente du mot (reXyjv)] au mot

' L'expression rfXiov (xéyedos, pour rfXiov SjâfxsTpos, est inexacte; mais elle nele.sl pas plus que l'expression magniludo solis, employée de la même manière par Apulée [Flor. IV, xviir, t. II, p. 90) en parlant de la même découverte de Thaïes ; et elle ne l'est même pas plus que l'expression équivalente r'jXios, employée dans le même sens par Archimède (■*Kafxfxm;>, p. 321, Torelli) et par Cléomède [Météor. II, I. p. 92-g3, Bake).

•' YafAfjtm/s , p. 32 1 (Torelli).

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kvkXov Tov àXiov (^0Liv6[Àevov wç 16 eiKoalov xolï énloL-

KOfTioalôv. De même, en mots latins qui traduisent littéralement l'expression inexacte de Diogène vX/ov (léyedo^, Apulée dit que Thaïes trouva « quoties sol macjn'ilmiuie sua circulum « quem permeat metiatur. » Ces rapprochements montrent bien que, dans le passage de Diogène, comme dans ceux d'Archimède et d'Apulée, il s'agit d'une même mesure du diamètre apparent du soleil, diamètre évalué à un demi-degré, et nullement du rapport entre les (jrandeiirs réelles du soleil et de la lune, et que c'est cette évaluation du diamètre apparent du soleil à un demi-degré que quelques auteurs seulement faisaient remonter jusqu'à Thaïes.

En résumé, aucun texte authentique ne dit que Thaïes ait essayé de mesurer les valeurs, soit absolues, soit relatives, des (jrandeurs réelles et des distanees du soleil et de la lune, et Eudème afiirme que Thaïes ne l'avait pas essayé. Apulée et le texte primitif d'un document conservé par Diogène de Laërte nous apprennent que quelques auteurs faisaient remonter jusqu'à Thaïes une évaluation du diamètre apparent du soleil, évaluation identique à celle d'Arislarque de Samos; mais l'attribution de cette évaluation à Thaïes est plus que douteuse.

Il y a une question qui a pu tenter ce philosophe, d'autant plus que sa doctrine en supprimait les difficultés : cette question, bien simple pour Thaïes, était celle de la mécanique céleste. En clTet, suivant lui, l'àme divine, principe de mouvement, répandue dans tout funivers et divisée en une multitude de dieux', pouvait produire directement et par elle-même les mouvements réguliers des astres, quels que fussent ces mouvements au point de vue géométrique.

' Voyez Arisloto, De l'âme. I, v, p. ^i i a, I. 7-8 (Borlin). Comparez I, 11, p. 4o5 b, i 19-21, el FXogcne <le L. , I , x\iv.

Suivant Thaïes feau est divine, puisque son existence n'a ni commencement ni fin, que tout vient d'elle et que tout retourne à elle^ La croyait-il infinie en étendue? Oui, comme nous allons le montrer, et cette démonstration complétera l'exposé de son système cosmographique. Suivant lui il n'y avait qu'un seul monde ^, dans lequel évidemment la terre flottante devait avoir une étendue finie. Mais il n'en était pas de même de feau, qui la portait. Après avoir exposé fliypothèse physique de Thaïes, Aristote^ demandait ironiquement par quoi était portée l'eau, qui portait la terre. Un partisan de fhvpothèse indiquée par Héron d'Alexandrie aurait pu être tenté de répondre : « L'eau est portée par le cristal formant fenveloppe « de f hémisphère inférieur du ciel. » Alors Aristote aurait pu demander : « Sur quoi repose le ciel de cristal.^ » Pour un défenseur de Thaïes, la meilleure réponse serait celle dont Aristote lui-même'' fournit la formule : Dans ce genre de questions, « // « est nécessaire de s'arrêter, dvdy^rj alrjvoLi. » Or Ton peut s'arrêter à feau, parce que l'eau, premier principe de toutes choses, est sans bornes. C'est ainsi que Thaïes aurait sans doute répondu tout de suite à la question d' Aristote; car, puisque rien ne prouve que le globe de verre à moitié pleii] d'eau, décrit par Héron, représentât le système de Thaïes, rien n'indique que ce philosophe ait eu la pensée d'attribuer des limites, soit à l'étendue des eaux en surface, soit à leur profondeur. Au contraire, un passage d' Aristote ^ bien expliqué par Simpli-

' Vo)ez saint Ilippolytc, Philosophumhies , Contre les hérésies, I, i, p. 7, cl V, I, p. 178 (Cruico). Comparez saint Justin M., Eœhort. aux Hellènes, p. 7 (Beiicd.); le Hiux Plularque, I, m, et Stobée, Ed. ph. I, XI, p. 290 (Heeren).

' Voy. Slobée , Ecl. ph. F , \xm , p. /«gG ;

le faux Plutarque, II, i, et le faux Galien, 1. IV, p. à2(j, 1.46.

^ Du ciel, II, Mil, [». 2()\ a, 1. ^i-h, 1.3 (Berlin).

' /%5.VIII,v,p 256 r/, 1.29 (Berlin).

^ Pkys. III, IV, p. 2o3 a, I. ib-'j.3 (Per lin). Comparez 1. 1 4.

ciiis', signifie que certains pliilosoplies, admettant des éléments en nombre infini, ont considéré l'infini comme constitué par le nombre des éléments; que d'autres pbilosopbes, admettant des éléments en nombre limité et ne pouvant pas faire chacun d'eux infini, ont considéré l'infini comme un être à part, existant en dehors des éléments; mais que tous ceux qui ont admis un seul élément comme principe de toutes choses ont fait de cet élément même le sujet de l'infini, c'est-à-dire qu'ils ont donné pour allnbni essentiel à cet élément unique Y infini tiide. Or Thaïes était bien du nombre de ces derniers philosophes. En effet, Simplicius^ dit expressément que, suivant Thaïes, l'eau, principe unique de toutes choses, est infinie. Seulement il est possible que Thaïes ait laissé dans le vague cette notion de l'tnjini en étendue, notion précisée, comme nous le verrons, par Anaximandre. Sans se poser nettement la question. Thaïes avait pu parler de l'eau de manière à supposer implicitement cju'elle n'avait aucunes limites, soit en j)i'ofondeur, soit en étendue horizontale.

AiNAXIMANDHE.

Anaximandre de Milet^ était plus jeune d'une trentaine d'années que Thaïes, son compatriote. On peut le considérer comme un jeune rival d'études, plutôt que comme un disciple proprement dit de ce philosophe, dont il fut loin d'adopter foutes les doctrines. Il fut le pn'mier auteur grec d'un écrit philosophique en prose'', puisque fécrit de Phérécyde de Syra était plutôt mythologique.

' Phys. f lo/i a-h (Aid.). ' Voyez Zcller, Phdos. d. Gr. 1.1.3' ccl.

* Phys. ï \o!i a. I. 5i, et f. io5 b, p. 179, note 3, et p. 2o3 3o5. 1 . .3:)-3Ïi IWil). ' Vovez Dio-ène de L . H . n

Anaximandre voulut assigner à toutes choses un principe unique et éternel, comme l'avait fait Thaïes, et il déclara expressément que ce principe devait être infini en étendue ^ Mais ni l'eau, ni aucun autre élément déterminé, ne lui parut pouvoir satisfaire à cette condition^. Il supposa donc que ce premier principe devait être d'une nature intermédiaire entre l'eau, l'airet les autres éléments^; que, tout matériel qu'il était, il devait être indéterminé, c'est-à-dire sans qualités distinctes'*, mais qu'il devait produire toutes les déterminations, et que tous les êtres particuliers devaient se former de lui parla distinction des qualités opposées^. Il imagina que descieux et des mondes en nombre infini devaient naître et périr à de longs intervalles de temps dans l'immensité de fespace occupé par cette matière infinie^.

Quant à notre monde, qui, suivant lui, n'était pas infini, la terre, qui en occupait le milieu, s'y soutenait sans support, parce que, sa situation étant la même à fégard de toutes les

' Voyez Arislole , Phys. III , iv, p. 2o3 h , 1. 5- 1 5 ( Berlin ) ; Simplicius , Phys. I , f. 6 u, \. 36-Ao (Aid.), et saint Hippolyte, Contre les hcrés'cs, I, v, p. 16-17 (Cruice).

* Voyez Simplicius, Phys. I, f. 6 a, I. 36-Ao (Aid.).

^ Voyez Arislole, III, iv, p. 2o3 a, I. i5-i8 (Berlin), et Simplicius, Phys.

1'. io4a, 1. 5o-5i, et 1'. io5 6, I. 36-3- (Aid.).

* Voyez Simplicius, Phys. f. 6 a, I. 36- 39; f. 9 h, I. 2-5; f. 111 «, 1. 38-4 1; Alexandre et Porphyre dans Simplicius, f. 32 o, I. 34-38 ( Aid. ) ; Diogène de L. , II , I, et le faux Plutarquc, I , m, S 4-5. Contre des interprétations antiques qui prêtaient à Anaximandre une autre pensée sur ce

point, voyez Zcller, 3' éd. t. I, p. i83- 19a.

^ Voyez Arislote, Phys. I,iv, p. i87«, I. 20 21 (Berlin).

^ Voyez Arislole, Phys. VIII, i, et Simplicius, Phys. f. 257 b, 1. 3539, et f. 6 u, I. 39-41 (Aid.); Plularque, Strom. dans Eusèbe, Prép. ci\ I, viii. p. 22 B,C (Vigier); Arislote, Du ciel, IV, i, p. 3o8«, I. 17-21 (Berlin); Simplicius, Du ciel, p. 3oo a, 1. 45-6, I. 4 (Karsten) ; Cicéron , A'^. D. I, X; saint Augustin, Civ. D. Mil, II; Siohée, Ed. phys. I,x\in,p. 496-498 (Heeren). Suivant Stobée, Anaximandre ajoutait que ces mondes devaient être à des distances égales les uns des autres.

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extrémités de notre inonde, il n'y avait pas de raison pour qu'elle se portât vers un côté plutôt que vers un autre ^ Aristote"a raison d'objecter que cette explication ne suffît pas, puisque, si toutes les parties de la terre ne tendaient pas naturellement vers le centre de la terre et du monde, toutes pourraient se séparer les unes des autres et se diriger, comme le feu, vers toutes les extrémités du ciel. Mais il faut savoir gré à Anaximandre de cette pensée heureusement hardie, que nul philosophe grec n'avait énoncée avant lui, de considérer la terre comme n'ayant aucun support, et comme n'en ayant pas besoin pour ne pas tomber et pour rester immobile en sa place. Mais, si déjà de son temps la déesse phrygienne et lydienne Cybèle ou Cybèbe était identifiée avec la terre par les Grecs (rAsie\ et si le char de cette déesse, traîné par des lions, représentait, comme Lucrèce'* le dit, la suspension de la terre dans l'espace (le l'air, on pourrait être tenté de supposer que cette image symbolique avait pu inspirer cette pensée à Anaximandre. Quoi qu'il en soit, il y a là, pour ce philosophe, un mérite important, qu'Arihtote lui-même constate en montrant ce qui manque à la théorie d'Anaximandre sur la suspension de la terre dans fespace.

Mais quell(* forme Anaximandre attribuait-il à la terre ainsi suspendue? Tandis que Plutarque et trois autres auteurs que nous citerons assurent qu' Anaximandre considérait la terre comme un disque, dont lUutarque indique même les propor-

' \ovoz Arislole, Du ciel, II, \iii, j). 2()5 /), I. lo-iG (Berlin); Simplirius, bu ciel , p. 229 a, I. ia-i5 (Karsten), et >;iinl lIij)j)ol\tc, Contre les hérésies, I, v. |). 17, I 3/1 (Cruice).

^ pu ciel, 11, XIII, p. 295/», I. 16; p. 396 a, l. 23 (Berlin).

^ Voyez M. Maury, IJist. des religions de la Grèce antique, l. 1 , p. 78-81, et t. III, p. 80-82 , et VVelker, Gr. GœUerlehre , t. II , p. 221. Comparez Sopliocle, Philoclele, 393; Hérodote, V, cii , et Apollonius, Arcjon. 1 , 1 139.

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