‹ Mémoire sur les hypothèses astronomiques des plus anciens philosophes de la Grèce étrangers à la notion de la sphéricité de la terre [microform]Chapitre 6 sur 27 · MI · texte numérisé non relu

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tions, Diogène de Laërte ^ est le seul auteur ancien qui prétende qu'Anaximandre faisait la terre sphérique''. Quoi qu'en aient dit certains critiques modernes^, qui, au mépris des documents antiques^ veulent absolument prêter à Anaximandre cette notion étrangère à lui-même comme à toute l'école ionienne avant et après lui, il est évident que cette même notion s'accorderait mal avec fensemble de la cosmographie d'Anaximandre, d'après laquelle , suivant le témoignage d' A ristote, aucune force naturelle ne tendait à agglomérer de toutes parts autour du centre les particules terrestres, et d'après laquelle

'li.i.

' Quoi qu'en ait dit Fréret {Acad. des inscr. et belles lettres , nouvelle série, t. XVI, 1" partie, Obs. génér. sur la géogr. anc. p. 3Ai-3A2), ce n'était ni Anaximandre ni Thaïes qu'Aristote désignait en parlant de ceux qui avaient évalué le conlour du globe terrestre à /ioo,ooo stades ; car cette évaluation suppose la sphéricité de la terre, à laquelle ni Thaïes ni Anaximandre ne croyaient.

^ Voyez Schlcicrmacher, Ucbcr Anaximander (OEuvres, t. II, p. 2o4); Fries, Gcschichleder Philosophie, S a 1 , 1. 1", p. 106 (Halle, 1837, in-8°) ; \pc\l, Philosophie and Physili der Allen [Abhandliingen der Friesschen Schiile , Heft I, p. 33, Leipzig, 18/17, in-8''; M. Mallel, Histoire de la philosophie ionienne, p. 83, note 2 (Paris, i8/i2, in- 8°), et M. Decker, De Thalete, II, v, p. 5G- 57 (Halle, i865, in-8°).

* Schleiermaclier veut que la terre nage sur l'eau suivant Anaximandre comme suivant Thaïes, et que les proportions in- (li()uées par Plutarque soient celles des hauteurs de la partie plongée et de la partie non plongée du globe terrestre flottant ! Fries cl Apelt ne peuvent pas Hypotiiè.^cs.

s'empêcher de reconnaître que la forme d'un disque est attribuée par Anaximandre à la terre d'après les textes de Plutarque et des trois autres auteurs ; mais ils veulent qu'au lieu d'être la terre entière , ce disque ait été, suivant Anaximandre, la portion équatoriale du globe terrestre limitée par les plans des deux tropiques ! Avec de tels procédés d interprétation, l'on peut voir dans les textes fout ce qu'on veuf y mettre et tout le contraire de ce qu'ils disent. M. Zeller (3' éd. t. I, p. 198) ne s'est pas laissé tromper ainsi par une préférence préconçue pour l'assertion fausse de Diogène de Lacrtc, que Hitter [Histoire de la philosophie ancienne. Irad. franc, t. I", p. 238, note 3) avait eu raison de rejeter. M. Teiclmiûller (Studien zur Geschichte der Begrijfe, 187/4, p. 35, ài et li'j-liS) a hésité mal à propos, et il a fini par incliner vers un moyen terme qui ferait de la terre, suivant Anaximandre, une sphère un pou aplatie, comme fcst en réalité le globe terrestre. Anaximandre aurait été bien étonné, s'il avait pu prévoir cette interprétation de sa docirine sur la (orme de la terre !

chaque astre était, comme nous le verrons, non pas un globe, mais un brasier contenu dans une enveloppe discoïde. Le témoignage isolé de Diogéne, c'est-à-dire d'un compilateur peu judicieux en général et mal renseigné en particulier sur toute la cosmographie d'Anaximandre, ne doit pas prévaloir sur l'autorité plus sérieuse de Pîutarque et de trois auteurs qui s'accord(mt sur ce point avec Pîutarque et avec le reste du système astronomique d'Anaximandre. Suivant les termes trèsclairs et très-précis d'un texte authentique de Pîutarque', qui avait sans doute sous les yeux le livre même du philosophe ionien, « Anaximandre dit que la terre a la forme d'un cy- « iindre avec une profondeur triple de la largeur, » c'est-à-dire évidemment avec une hauteur triple du diamètre de chacune des deux bases circulaires. Les trois autres auteurs, d'accord entre eux et avec Pîutarque, ne nomment pas le cylindre, mais ils le désignent par des périphrases dont le sens, incontestable malgré les altérations des textes, est que la terre ressemble à un tronçon de coloime ronde, terminé par deux surfaces planes. Le plus complet de ces trois textes est celui du traité de saint Hippolyte" Contre les hérésies'^: on y lit que « la

' Slromates , dansEusèbe, Prép. l'vanrj.

I, vin. p. 2 2 (Vigier).

^ Sailli Ilippolyte est le véritable auteur des Philosophumèncs ou traité Contre les hérésies, cnnnne le I». P. de Smedl l'a démontre dans une dissertation spéciale sur cette question. Voyez ses disserlaliones selectœ i:i primant œtatem historiœ ecclesiasfjcfp (Gand, i876.in-8*J.

I, V, p. 17 (Cniice'l. Il faut lire , avec M. Wœ^iT [Emendmionsversuche zu Ilippolyti Philosophurnenu , Philol. \II, p. G07), les mots ■y'jçiiiv (TlûO'y')itï.ov, au lieu des mots iijpbv al poy) \jXov , vainement dé-

tendus par M. Teichmùiler [loc. cit. S 7, p. ào-.\S), (|ui veut y voir que la terre a pris une forme humide ronde, c'est-à-dire la forme utTondie d'une goutte d'eau! coninie si une goutte d'eau présentait deux surfaces planes! Knsuiie, au lieu de x^ovi XiOoj (pierre-neige), \econ absurde des manuscrits desaint Ilippolyte, ou bien au lieu de«/oi'{ A/^w [pierre-colonne), correclion insullisante des éditeurs, et au lieu de At^o) xiovt [colonne-pierre), leçon du faux Plutanpie et du faux Galien, il faut lire dan» saint Hip[)olyte, avec M. Hœper (p. G08), xiovéy AiOy ou plutôt xiovixff Xidy ou

«figure de la terre présente un contour arrondi, semblable à «celui d'une pierre (taillée pour un fût) de colonne, » et que, «des deux surfaces planes (qui terminent ce fût), l'une est « celle sur laquelle nous marchons et l'autre est du côté op- « posé (c'est-à-dire en dessous, puisque la face supérieuie est «celle que nous habitons). » Quant à la surface inférieure, il est évident qu'Anaximandre ne pouvait pas la supposer habitée; car, puisqu'il ignorait, comme Arislote nous l'atteste, la tendance convergente des corps pesants vers le centre de la terre, il ne devait pas croire que des êtres animés pussent exister sur cette face inférieure de la terre et y maicher la tète en bas. Les deux autres textes, presque identiques entre eux, ceux (lu faux Pîutarque et du faux Galien, sont grammaticalement incomplets'; mais on y retrouve les deux points essentiels, c est-à-dire la comparaison de la terre avec un fût de colonne et la mention de ses deux surfaces planes. Ainsi, en s'avisant, le premier en Grèce, de suspendre la terre dans l'espace, Anaximandre lui avait donné la forme d'un cylindre droit à bases parallèles, disque épais, que ses successeurs transformèrent, comme nous le verrons, en un disque mince, pour cjue la terre pût plus facilement être portée sur l'air.

KÎovos Xidw, et dans le faux Pîutarque et le laux Galien 'kidwxiotfosonxiovixrj. Mais surtout il faut bien se garder d'adopter la conjecture de M. Teichmùiler, èx^J'y A/(9w [oursin-pierre) \ Comme si la figure d'un oursin, pétrifié ou non, préserilait les deux surfaces planes mentionnées par nos trois auteurs! Ces surfaces planes ne peuvent être que les deux bases du cvlindre nommé expressément par Pîutarque.

Voyez le faux Pîutarque, Op. des philos. 111, .\, et dans Eusèbe, Prép. év. XV,

LVi, p. 85o A (Vigier), elle faux Galien, [list. philos. OEuwes, t. IV, p. 433, 1. 26- 27 (éd. gr. Baie). Il faut suppléer, en lis etDjnunlanl à saint Ilipj.olyle, les mots (|ui. dans les deux autres auteurs, manquent évidemment après les mots tôov èiriTréhcûv. Sans doute ces compilateurs, ayant sons les veux un texte non ponctué ou mal ponctué, ont cru pouvoir s'arrêter après les mots Tù)v ènnréhctyv , qu'ils ont raltacliés faussement à la phrase précédente.

iu

Il est vrai que cette forme cylindrique de la terre et son immobilité au centre du monde suivant Anaximandresenddent incompalibles avec une assertion contenue dans deux textes identiques de Théon de Smyrne' et d'Anatolius', qui, s'appuyant sur le témoignage de Dercyllidès, disent qu Eudème attribuait à Anaximandrc une opinion d'après laquelle la terre se mouvait aiiloiir (KiveïTOLi zyepi) du centre du monde. Prise dans son sens naturel, cette assertion ferait d'Anaximandre non plus seulement un devancier de Pytliagore, de Platon, d'Arislote, d'Hipparque et de Ptolémée, mais un devancier de Philolaûs, ou bien d'Hicétas, d'Ecpbantus etd'Héraclide, sinon d'Aristarque, de Séleucus et de Copernic^ Mais cette assertion , ainsi comprise, serait certainement fausse; car elle est inconciliable avec des données plus sûres que nous possédons sur le rôle de la terre dans le système d'Anaximandre, et notamment avec les témoignages d'Aristote, de Simplicius et de saint Hippolyle sur la position qu'Anaximandre assignait à notre terre, immobile au centre du monde. Cependant il n'est pas probable qu'Eudème ait mal compris Anaximandre, dont il devait possédei' l'ouvrage. Mais trois autres explications se présentent : suivant l'une, l'expression qui nous a été conservée ne serait qu'obscure et signifierait autre cbose que ce qu'elle paraît signifier ; suivant la seconde explication , le texte de Tliéon de Smyrne et d'Anatolius sur ce point serait altéré; suivant la troisième explication, ces deux auteurs auraient mal rendu la pensée de Dercyllidès, ou bien celui-ci aurait mal rendu la pensée d'Eudème.

D'après la première explication, le verbe xiveïa-doLi, avec la

' ^5/ro«. cil. XL, p 3o'i (Merlin). ^ Il faudra comparer notre Histoire

• Dans Fabricius, Dibliolh.gr. anc. éd. (inédite) des hypothèses astron. etc. cli. iv t. II, p. Q77 (27H). et V.

terre pour sujet, pouvait ici, comme il y en a de bons exemples \ s'entendre des tremblements de terre. Ainsi, de même que, suivant Thaïes, les tremblements de terre consistaient en un soubresaut de la terre sur l'eau qui la portait, de même, suivant Anaximandre, les tremblements de terre auraient été des balancements de la terre entière, qui s'écarterait légèrement, et pour un instant, de sa situation habituelle, sans que la terre cessât de contenir dans son épaisseur le centre du monde. Il est vrai que ce petit déplacement de la terre aurait risqué fort de suffire pour compromettre l'équilibre instable que le philosophe lui avait attribué à égale distance de toutes les extrémités de notre monde. Mais il paraît, comme nous le verrons, que cette difficulté n'arrêta ni Parménide ni Démocrite, qui tous deux prétendirent concilier entre elles ces deux suppositions, celle de l'équilibre de la terre au centre du monde et celle de ses soubresauts ^ Anaximandre aurait donc pu se faire la même illusion que ces deux philosophes plus récents. Aristote, qui, dans les deux chapitres de sa Mctéorolocjic sur les tremblements de terre, n'a prononcé ni le nom de Thaïes ni celui d'Anaximandre, n'a pas fait allusion à l'hypothèse de ce dernier lorsqu'en réfutant Anaxagore, qui expliquait les tremblements de terre par une accumulation de l'éther dans l'épaisseur du disque terrestre, il a lancé en passant un blâme dédaigneux contre une autre hypothèse d'après laquelle la terre, à cause de sa grandeur, resterait en repos dans l'air et serait frappée, dit-il^, de bas en haut dans sa totalité. La cause supposée de cette impulsion donnée en dessous à la terre devait être l'air qui se trou-

' Citons seulement Hérodote (VI, xivrjryis ou xivcicrdui, au lieu des mois

xcviii) et Aristote [Météor. II, vu, S 1, aeiafxôs cl (xeieaOït.

9 et 5; II, VIII, S /4, 12, i4,i8,36,38, ' Voyez le faux Plutarquo, III, w,

39, 46 et 4<)), qui emploient, pour dési- n° 7.

gner les tremblements de terre, les mots ^ Méléor. H, vu, § 4-

fi

vait au-dessous d'elle. Mais Anaximandre n'était pas du nombre de ceux qui considéraient la terre comme un disque mince porté sur l'air à cause de sa larcjcur. D'ailleurs, s'il fallait ajouter foi à un conte répété par Cicéron ' et par Pline", conte suivant lequel Anaximandre aurait prédit l'heure d'un tremblement de terre pour un lieu donné, ce philosophe n'aurait pas pu croire que la terre tremblât tout entière à la fois. Mais f impossibilité d'une telle prédiction ne permet d'attacher aucune importance à cette légende. En somme, nous pourrions nous en tenir à l'exphcation qui vient d'être donnée, s'il n'y avait pas contre elle une objection grave, que voici : les mots Kiv^XaOoLi zsepi, rapprochés fun de l'autre, signifient uaturellement se mouvoir autour\ c'est-à-dire circuler autour d'un point, et non s'afjUer autour de ce point, c'est-à-dire s'en écarter un peu dans tous les sens en ligne droite.

C'est pourquoi il vaudrait peut-être mieux incliner vers la seconde explication, (|ui serait plus simple : au Hpu des mots KivsïTOLi zsepi, qui signifieraient que la terre se meut autour du centre du monde, Anaximandre avait peut-être écrit les mots Hcrrai tïTcp<, signihant c[ue la terre est située autour de ce centre compris daus son intérieur. En elfet, la confusion entre ces deux mots xeiToci et KiveTron dans les manuscrits n'est pas sans exemple '\

' Div. I. r.

■ II, Lxxix, secl. 8i, n" i()i.

\'oycz Aristole, Mécanique, ch. xm.

|). 852 /', 1. 11 (Berlin), cl Sarles doclr. pythaçj. dans Simplicius. Du ciel. II, xni, [>. 22(j a,\. 23-25 (Karslen); Alexandre d'A|)hrod. sur la Mcluph. 1, p. 29, 1. 4-5, el j). .')(), I. ■2S-2i) (lionltz); le faux Plutarque. Op. d. pliilos. III. xm, n' 3, etc. D.uis une phrase concernant l'opinion

de Xenocrate sur les étoiles, le faux Piularque (II, xv, S 1) el Stobee [Ed. ph. I, XXV, p. 5 1/1), dont l'un a été co; ié par I autre, ont mis, le premier xivsîaO^ii el le second xsltjOxi. La même conlu.sion entre ces deux mots a pu se produire dans les manuscrits de Theon de Smyrne el passer de là dans la compilation mathématique d'Analolius; ou bien celle faute a pu provenir d'un n»anuscrit de Dercvi-

Mais la troisième explication paraît préférable au\ deux autres; car il est possible que DercyUidès ait altéré sans le vouloir la pensée d'Eudème, en abrégeant ses expressions : Eudème avait pu dire séparément, d'une part, que, suivant Anaximandre, la terre, disque épais, est située autour [ksïtoli 'u^spî) du centre du monde, compris dans son intérieur, et, d'autre part, que, suivant lui, dans cette position, la terre entière éprouve des soubresauts [Kivenai i) yfj). DercyUidès, que nous n'avons aucune raison de considérer comme un écrivain bien exact, a pu vouloir fondre les deux phrases en une, sans s'apercevoir que, par le rapprochement des deux mots KireTTOct et tïïepi, le sens naturel du texte qu'il abrégeait se trouvait obscurci, de manière à prêter à un contre-sens ^ Enfin, au lieu d'appartenir à DercyUidès, la faute pourrait appartenir à Theon de Smyrne, copié en cet endroit par Anatolius.

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'est pas possible qu'x\naximandrc ait attribué à la terre soit une révolution diurne ou annuelle autour du centre du monde, soit une rotation diurne autour de ce centre, puisqu'il est bien attesté que, suivant ce philosophe, le disque horizontal de la terre était fixé en ce même centre : la rotation ou la révolution de la terre aurait supposé évidemment sa sphéricité.

Maintenant, Plutarque et d'autres auteurs parfaitement d'accord entre eux vont nous dire quelle était l'opinion d'Anaximandresurla nature et forigine des astres. Dans la lormation de notre monde, suivant ce philosophe, les principes féconds

lidès lu par Théon , ou d'un manuscrit d'Eudème lu par DercyUidès. \ oyez Corsini, édition du faux Plutarque, III, ix, p. 86, noie U de la page 85 (b'Iorence, 1700, in-^").

' M. Zeller [toc, cit 1. 1", 3' éd. p. 198,

note 3) dit que, par un malentendu, le balancement attribué à la terre par Anaximandre a été pris pour un mouvement autour du centre du monde Notre Iroisième explication rend compte de ce malentendu.

itil

du froid et du chaud, renfermés éternellement dans le mélange d'où ce monde est sorti, se sont dégagés, et de ces principes s'est formée, autour de l'air qui environne la terre de toutes parts, une enveloppe sphérique de feu, comparable cà fécorce d'un arbre'. Ce feu a desséché l'humidité primitive de la terre, et les eaux salées sont un résidu de cette humidité^. Puis le Iroid et le chaud (c'est-a-dire l'air et le feu) se sont mêlés dans le cieP : Fenveloppe sphérique de feu s'est divisée, et ses lam- J)eaux, se trouvant renfermés dans certains cercles [kvkXov$), ont formé le soleil, la lune et les étoiles, suivant Anaximandre\ Mais que peuvent être ces cercles, enveloppes des astres, cercles que Plutarque mentionne ainsi sans aucune explication dans son résumé de l'opinion d'Anaximandre sur les astres? I^'idemment il ne peut s'agir de cercles géométriques sans épaisseur, puisque les cercles dont il est question servent à emprisonner de toutes parts [dnoKAekiv] des masses de feu : ce doivent donc être des disques creux à l'intérieur, sortes de l)OÎtes circulaires contenant chacune les feux d'un astre. Il ne iaudrait pas s'étonner de cet emploi du mot kijkaoç, puisque ce mot avait aussi e sens de discjue, Shxoi, et puisqu'un cliHjue est un cercle d'une certaine épaisseur. Tels étaient les kvxIoi, sorte de plateaux ronds sur lesquels, dans les repas, on posait des mets^ Tel était aussi le nyxlo^, plateau circulaire d'une petite table à manger portée sur trois pieds, Tp«7ro*j5 ou TpàiTc^a

-Hj*

' Vo)ez Plulanjue , Slrom. dans Eusèbe , Prvp. évung. I, viii, p. 22 C (Vigier).

* Vovcz le faux Plularruic, III, xvi. En parliiiitdc celte opinion, Arislote {Mctéor. II. Il, p. 355 a, 1. ai-'iO, Berlin) ne nomme pas Anaximandre ; mais Alexandre , dans son commentaire [Aristot. Mctéor.

t. I,p. 268. Ideler), dit que celle opinion

appartient à Anaximandre et à Diogcnc d'Apollonie.

■* Voyez Slobée, Ed. phys. I. xxiv, p. 5oo (Ileeren).

* Vov. Plutarque, Strom. dans Kusèbe, lot', cit.

^ \'oyez Julius Polluv, Onomast. \\,

LXXMV.

TpiTTOVs^. Tels étaient, suivant fexpression des poètes grecs, les disques, kvkaoi, du soleiP et de la pleine lune^. Mais, pour désigner le disque creux servant d'enveloppe aux feux de chaque astre, le mot kvkXos n'était pas celui qu Anaximandre lui-même avait employé; car, d'après le témoignage d'Achillès Tatius^, Anaximandre avait nommé ipàyos fobjet à la forme duquel il avait comparé celle de fenveloppe de chaque astre, et, comme nous le verrons , le fait est confirmé par les fausses interprétations auxquelles donna lieu ce mot Tpo;)(^o> dont Anaximandre s'était servi. Mais voyons d'abord ce que ce mot pouvait réellement signifier pour Anaximandre. Souvent, et dans plusieurs significations, ipôyoç était synonyme de kxjkKo^^. En elï'et, le mot Tpoyoç, comme le mot kxjkXos^ signifiait souvent d'ts(jne, par exemple disque de cire ou de graisse chez Homère'^ et disque du soleiP. Dans file de Délos, fétang Tpoy^oeihjSy comme f appelaient Hérodote^ et Gallimaque^, existe encore, et il est en forme de disque ^^, c est-à-dire circulaire, Tsepn;}î75, comme le dit ailleurs Gallimaque lui-même ^\ ou de forme ronde, clpoyyv'ko^, suivant la définition qu'Hésychius ''^ donne des deux mots synonymes T^oyôeis et Tpoyoe(,h)s. Il est vrai que le mot Tpoyos signifie aussi roue de char ^^, et que, dans les chars antiques, âpfxoLTOi, les roues avaient, outre un

' Vovez Julius Poliux, X, Lxxxet lxxxi. Comparez MI, cxii, et Xénoplion , Anab.

VII, m, S 21.

* Voyez Eschyle, Prom. 91; Perses, Doi; Sophocle, Antigonc, /ii6; Kuripide, Alcni. 20C; Hcc. /112.

Euripide, Ion, 1 155 , et même Hérodote, \I, cvi.

* Inir. aux Plan. ch. xix, p. iSS EjSq A ( Uranol. de Pctau , 1 G3o). Comparez ch. xxr, p. 1/41 B.

llypollièses.

' Voyez Hésychius aux mots xixAx, xvxXoi. xûkXovs, TpoyoéVy rpô^ovs.

' Odjss. XII, 178; XXI, 178 et i83.

' Aristophane, Thcsmoph. 17.

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