‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 103 sur 317 · LIVRE I, CH. V. — LA CROIX A PARIS · texte numérisé non relu

LIVRE I, CH. V. — LA CROIX A PARIS

reliquaires. — D. Felibien n’en dit pas les mesures. Le 17 mai 1636 on donna à la reine un petit morceau de la relique de Philippe-Auguste. Charles le Chauve tira d’Aix-la-Chapelle pour les donner à Saint-Denis une épine & un clou 0).

90 L'église de Saint-Sulpice conserve dans son trésor un morceau de la vraie croix, comparable en volume « à la lame d’un canif » & cubant environ ioo""n.

io° Reliques des Carmélites. — Les carmélites de l’avenue de Saxe à Paris sont dépositaires des reliques de l’archevêché & de quelques autres qui leur appartiennent & qui viennent d’origines différentes. Les premières sont de très-petits fragments, un peu de poussière, que l’on distribue par atomes, & seulement à des missionnaires.

Trois parcelles prises dans des paquets séparés, le 1 juin 1866, & d’autres de la propriété des religieuses ont toutes été reconnues devant nous comme étant du bois de pin, par un éminent botaniste. Quatre morceaux du bois de la vraie croix dans un reliquaire donné aux carmélites par Marie-Thérèse ont amené la constatation suivante : Le bois de la branche droite de la croix est du pin enchâssé dans de la résine dont une partie s’étant détachée a permis de voir le bois d’une couleur blond-rouge. Le morceau à gauche est encore enveloppé dans de la résine, & d’une forme tout à fait semblable à l’autre. Le morceau du haut & celui du bas sont couleur de bitume foncé, amincis à une de leurs extrémités. La nature du bois est méconnaissable. Ces fragments, tous à peu près de la même dimension, ont environ 25mmsur 4 à 5”'“ de section.

On lit dans les authentiques de ces reliques envoyées le 16 avril 1657, aux carmélites de la rue du Bouloy, qu’elles sont formées du bois que sainte Hélène rapporta de Jérusalem, & de celui que Godefroy de Bouillon obtint lors de la conquête de la terre sainte.

ii° La croix de l’abbé Lequeitx. — M. l’abbé Lequeux, chanoine de Notre- Dame, que je vis fort peu de temps avant sa mort, m’a montré une relique trèsprécieuse, en ce qu’elle se rattache à l’acquisition de saint Louis. Elle se compose de deux fragments très-fins qui lui venaient des dominicains. Ces pères l’avaient reçue de saint Louis, lorsqu’il acquit la vraie croix de Baudouin; c’était un fragment qui avait été détaché pour les récompenser de leur mission à Constantinople, avant l’arrivée de la sainte couronne, qu’ils rapportèrent de Venise. L’authentique joint à la relique de M. l’abbé Lequeux rappelle cette circonstance.

(1) D. Felibien, p. 97 & 465.

1 2° Le talisman de Charlemagne. — On dit qu’il existe aux T uileries un reliquaire en or magnifique, contenant, entre autres insignes reliques, un morceau de la vraie croix dit : le Talisman de Charlemagne. Napoléon Ier allant visiter le trésor d’Aixla-Chapelle, le chapitre voulut lui faire un beau cadeau & le lui offrit. L’empereur le donna à l’impératrice Joséphine, d’où, elle est arrivée par succession à son petit fils Napoléon III.

C’est un morceau de bois d’environ 40""" de long sur 5"™ de côté, enfermé dans une poii'e en cristal de roche.

13° Rue des Postes , les RR. RP. jésuites, sous le n° 44 de leur inventaire, ont désigné une relique provenant de l’archevêque de Bologne, qui la leur a donnée en 1819. L’église métropolitaine de Saint-Pierre à Bologne l’avait reçue en 1777 de l’évéque d’Himeria, ville épiscopale d’Asie sous la métropole d’Edesse.

La tige a 4 1 "™, la traverse 2 y™", la largeur est de 3"™; & le volume parait être de 198'"'" (PL XII).

14® A Vaugirard, les mêmes pères possèdent une relique de la vraie croix en trois morceaux. La tige a 25™'11 sur 4'™ & un peu plus de i™ d’épaissur. Les deux bras sont formés de petits morceaux, d’ensemble 16™"1 sur 2"™ & 1"™ & ont un volume de 132'™". Le bois est blond, a l’aspect d’un conifère, fendu latéralement, coupé net en bas. On croit que cette insigne relique vient du cardinal de Latil qui l’a donnée, sous la Restauration, à M. l’abbé Poiloup, alors supérieur de la petite communauté des cîers de Saint- Stdpice. Le volume est d’environ 132™"' (PI. XII).

15® Des restes considérables de la vraie croix sont conservés dans la famille de Montmorency. — Au moment de la spoliation du trésor de la Sainte-Chapelle, l’évêque Grégoire donna un gros morceau de la croix à l’abbé de Tersan, comme un objet de curiosité à placer dans son cabinet. Mme la princesse de Montmorency & ses filles étant allées le voir, l’abbé en détacha deux parties pour les offrir à la princesse & à sa fille aînée, depuis comtesse de Brissac. A la mort de leur mère, les deux plus jeunes filles, M“"° la marquise de Biencourt & M™ la duchesse de la Châtre, se partagèrent le morceau qui lui était échu. Aucune subdivision postérieure n’a plus eu lieu, chacun des heureux possesseurs de ces insignes trésors regardant comme une profanation d’y toucher encore. La portion qui appartenait à M‘"e la comtesse de Brissac, appartient actuellement à sa

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