‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 170 sur 317 · LIVRE II, CH. II, — LE TITRE DE LA CROIX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. II, — LE TITRE DE LA CROIX

Venons à la seconde objection. D’après Gretzer, c'était un ancien usage d'employer souvent e pour n. Platon le fait dans beaucoup de mots. Golzius lit sur des monnaies &v»v pour Çnvwv, aSev* pour AÛvîva ; Gruter, dans d’anciennes inscriptions, montre AupeXioç pour AupïiVoç, p£Tps pour pjTps M,

La terminaison îS; de la ligne grecque a été critiquée par ceux qui voudraient que le mot étant au nominatif se terminât en oç. Gretzer, avec sa profonde érudition, cite des exemples du ÎS substitué souvent à l’omicron ; mais je ne m’arrêterai pas à cette objection qui tomberait devant les opinions tendant à y faire voir un mot latin (3).

L’objection que l’on regarde comme la plus sérieuse, car elle m’a été représentée encore aujourd’hui par des savants distingués, me semble parfaitement réfutée par Montfaucon.

On prétend que le signe b, abréviation de la diphthongue ou, était inconnu avant le vne siècle, ce qui reporterait à cette époque ou à une époque postérieure la fabrication de la planchette de Sainte-Croix. — Montfaucon répond en citant quatre médailles du 111e siècle où se trouve le signe S ; & son témoignage a d’autant plus de valeur, qu’il est indépendant de la question & n’a qu’un but tout à fait théorique.

11 a vu ces quatre médailles dans le cabinet de M. Foucaut, célèbre antiquaire du xvmc siècle. Sur la première sont gravées les tètes de Ma minée (-)- 235) & d’Héliogobale opposées, avec une inscription qui n’a pas trait à notre sujet. Sur le revers le type de la Fortune tient une corne d’abondance & un gouvernail, avec l’inscription suivante :

VIIIA ASNCEÀETKOÏ M A PKI AN O n O AI TON qu’on doit compléter ainsi :

U“0 IouXiQU AvTtüVUVUU Mÿ.pZWV0”0AlT(ùV,

(1) Nique t, De trace. p. u8*

(2) Gretzer, De tract ; p. 95* : «c Secundo idem apparat ex eodem Athenæo, ubi inducitur magistra quæ

dlscipulas suas lîtterarum vocalium nomme docet; cum enim interrogasset discipula qme est quinta vocalis? respondet magistra : hoc est 0,

« Tertio idem iiquet ex disticho quod TrasymacM scpulcro inscrïptum erat' nam in nomine ultima littera dicitur esse ponitur ergo b vice 0 pxptv.

« Quarto eumdem morem comprobat Eusrathius initio libri quinti Iliados*

« Quinto idem ostertditur ex celebri illo Àusonii disticho ;

Una fuit qtiondam qm respondcrc Lacqucs Littera, & irato regi ptaeuerc iiegautes*

« Nilill enim responderuut uisi b ; quæ est uua littera pro 0 posita? & simul etiarn adverbium negativum.

« Oniîtto ali a argumenta quse, si voles, videbis in commentariolo meo de pronuiiriatione lingue græeæ* »

ce qui veut dire :

Sub Julio Antonio Seleuco Marcianopolitarum.

Remarquons que io<A est écrit lift.

Une autre monnaie porte sur la face la tête d’Alexandre Sévère (+5) &

sur le revers une femme vêtue d’une robe & tenant une coupe dans la main droite & une lance dans la main gauche. On y lit :

ETS M ’ TEPEBE N TI NO TM A PKI AN O II O A ITfiN ou ïiySaevou TêpeÇevT’.vou Mapxictvom&iTwv Præside Terebentino — Marcianopolitarum,

où, dans le mot HySpwvw, le premier ou s’écrit 5.

Parmi les monnaies de Volusien (-(- 233) il s’en trouve deux où la diphthongue ou est tracée dans cette forme usuelle S. L’une porte sur le revers :

EIIICTP.KA.KAÀAICTS KOAO<I>nNlfiN.

(Sub prætore Claudio Callisto Colophoniorum).

L’autre porte:

En I c Tr . AYP * AOHNAlti KOAO<I>nNIfiN

(Sub prætore Aurelio Athenæo Colophoniorum).

Je ne crois pas qu’après un tel témoignage on puisse douter encore; mais continuons l’examen de notre titre.

Les Bollandistes, au i'rmai, justifient la forme du nu grec qui, dans ce titre, ressemble à un H. Ils écrivent HIKOAA, Nicolas, — CïMEfiH, Simon, — HIHTA, Nicetas.

Il est singulier que, parmi toutes les objections faites contre l’authenticité du titre, on n’ait pas remarqué que dans le mot NAZARENUS I’E a été remplacé par un I. Cette absence de critique tient sans doute à ce que les auteurs qui ont reproduit le titre ont cru voir un E dans la relique, tandis qu’il y a un I , & que c’est sur des copies inexactes, telles que celles qu’on trouve dans Niquet, Bosio, Mozzoni, &c., que la discussion s’est établie. Pour répondre à cette objection, si elle venait à naître, il suffirait d’ouvrir le dictionnaire des antiquités chrétiennes de l’abbé Martigny à l’article Inscription. On y lirait que E est quelquefois remplacé par I, & que de même ou rencontre assez souvent I pour E sur les marbres de

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