TRADUCTION DU TITRE
Après avoir bien établi l’authenticité du document sacré que les âges nous ont légué, il nous reste à donner la traduction du titre dans son intégrité, c’est-
(i) Auxiliaire catholique } 184?.
à-dire les essais qui ont été faits pour l’obtenir. Feu M. Lehir, de savante & sainte mémoire, en me donnant à ce sujet de précieux renseignements, me disait qu’on l’avait dix fois tenté en vain.
Jusqu’à présent on a voulu lire trois inscriptions, latine, grecque, syriaque. C’est de cette donnée qu’est parti M. Drach dans la restauration qu’il a tentée & que j’ai donnée dans mes planches, à cause de la place d’honneur qu’elle occupe à côté de la relique de Sainte- Croix-i n- Jérusalem , & malgré toutes les sérieuses critiques dont elle a été l’objet.
Si, au lieu de voir trois langues différentes, on lit la môme langue écrite avec des caractères hébi-eux, grecs & latins, citm litteris hebraicis, grcecis & latinis, il me semble que beaucoup d’objections s’évanouiraient. Ce sujet a été traité savamment par M. l’abbé Sionnet dans Y Auxiliaire catholique de 1845. Transcrivons ici tout ce que dit l’auteur à ce sujet & qui paraît concluant.
« Cette lecture, dit-il, je dois l’avouer, est loin de pouvoir être admise au premier abord ; elle donne pour la partie hébraïque un texte latin, tandis que la tradition tout entière nous paide d’un titre en trois langues ; &, en effet, il semble qu’il en devait être ainsi, puisque le but de cette inscription était de faire connaître à ceux qui, à Jérusalem, paidaient syro-chaldaïque, grec ou latin, le motif de la condamnation de Jésus. Or ce but aurait-il pu être atteint par une simple ti-anscription ? A ces considérations qui ne manquent pas de force, j’en oppose qui me semblent avoir encore plus de valeur. Rien n’est arbitraire dans la lecture où je suis arrivé : les lettres sont celles en usage du temps de Notre-Seigneui-, & elles s’accordent avec les traces restées sur le bois, de telle sorte qu’elles ne pourraient être remplacées par d’autres. La ligne grecque, très-lisible dans ce qui reste, donne aussi la simple ti-anscription du mot Nazarenus. La lettre qui suit ce mot, parfaitement arrêtée par le bas, ne peut être un iota, mais est certainement un t'ho, premier élément du mot Rex. Les articles manquent complètement ; d’où je conclus que la ligne en caractèi*es grecs, comme celle en caractères hébreux, 11e contient que le titre latin ; c’est probablement pour faciliter la lecture de ce titre qu’il a été écrit de droite à gauche, de même que la transcription gx-ecque. Les Juifs ont conservé cet usage, & rien de si fi-équent parmi eux que des ouvi-ages arabes , syriaques, allemands, espagnols simplement transcrits en lettres hébraïques.»
Rufin, écrivant après l’invention du titre & les renseignements puisés par l’auteur à Jérusalem même, parle ainsi de l’inscription : On trouva à côté de la croix ce titre en lettres hébraïques, grecques & latines.
M. l’abbé Sionnet trouve dans les traces au-dessus du commencement du