VARIÉTÉS
Le Miracle de la Sainte ^Épine à Ma
Rome, 11 avril.
Andria est une ville de 30.000 habitants, sur le versant de l'Adriatique, dans la province de Bari, entre Barletta et Trani Elle est le siège cTun évêché* L'évêque est, depuis 1699, Mgr Staiti di Brancaleone.
Cette ville eut au moyen-âge une importance encore plus considérable* Des légendes, dont Virgile s'est fait l'écho, en attribuaient la fondation à Diomède* L’empereur Frédéric II en affectionnait particulièrement la résidence*
Le rôle qu'elle jouait à cette époque explique l’importance d'une relique qu'elle possède dans le trésor de sa capitale ; c'est une des saintes épines de La couronne de Notre-Seigneur.
Lorsque Otarie© d’Anjou, le ■ frère de saint Louis, qu'il avait accompagné dans sa première croisade, reçut du Pape Urbain IV l’ investiture du royaume de Naples et de Sicile, parmi les moyens qu’il employa pour se concilier ses nouveaux sujets" il y eut celui-ci : il fit présent à la ville d1 Andria d'une des épines de la *sainte couronne que saint Louis avait rapportée ■de la Terre Sainte et pour laquelle iî faisait ciseler la Sainte Chapelle*
Cette épine est depuis lors vénérée dans la cathédrale d' Andria. On peut l'y voir toujours. Elle porte des taches qui ont en temps ordinaire une couleur de lie de vin défraîchie* C'est surtout la pointe de l'épine qui est ainsi colorée*
Or, chaque fois que le Vendredi -Saint coïncide avec la fête de l’ Annonciation, ces taches deviennent d'un rouge vermeil, comme si l'épine s'empourprait d'un sang fraîchement jailli* C’est plus qu'une tradition purement orale, puisque le prodige est dûment constaté dans des actes notariés ; les archives d' Andria possèdent des actes dont la série part de 1864 et remonte jusqu'aux années 1712, 1701, i§é m I033* Ce clrmt. dcp, dqciimAnt? j iniques, la plus authentique des preuves sur lesquelles s'appuie Fhiatoim .
Le miracle allait-il se produire cette an-
Andria n’a pas échappé à la propagande anticléricale. Le parti socialiste a groupe les fortes têtes de l’endroit. Il est inutile de dire que ces libres penseurs se promettaient un triompha éclatant ; on surveillerait si bien le 3 « curés » qu’il leur serait impossible de procéder à leur « supercherie » ; et la tradition’ serait bel et bien taxée de pure invention des prêtres trop facilement acceptée par la crédulité popu-
laire* * *
Il était à Andria un homme qui montrait au moins autant do souci, que les sooial- Hstes pour que le prodige fût et apparût aux yeux de tous et à I abri de toute espèce de truquage. C’était l’évêque luFm&me,
Dès le 10 juillet de l’année dernière, il réunissait dans son palais le prêteur ou juge du tribunal, le maire, le maréchal des carabiniers, six médecins, trois pharmaciens, un notaire royal et les représentants du clergé, en tout 20 personnes* Il faisait apporter en leur présence le reliquaire. 11 faut citer ici les termes de 1 acte notarial, déposé et enregistré aux archives d Andrr h la date du U Juillet 1909 : lé le
« Monseigneur F évêque ayant prpp^inej ^liquaire où est déposée la que
jte lui est donné qu il ea^J^ent du codai décrit dans Farte pr^R/i T ^ $ainte .ire
au moyen de quatre cachets, deux portant 1« timbre « Pretura di Andria » et deux aux âmes de l'évêque Staiti. Ces senaux* ûô cim rouge, sont placés de telle sorte qu on ne peut ouvrir le reliquaire ni exila ire la sainte Epine sans les rompre ou les endommager. » F
reliquaire est ensuite placé dans son boiSi ^U1"mliïie dûment fermé et fcellé ,ai*x cachets de Févêque, de la Préture et de 3a Municipalité 1 Facta notarié
t^rLf+ans es dxétails l6â phis minutieux sui toutes ces précautions*
Son acte fut signé par tous les témoins.
IcmT Vendredi Saint, 25 rasm ma La cathédrale est remplie rî\mè foule* hostile en partie* Chacun est disposé à ne croire quà ses propres yeux.
Le reliquaire est apporté’ sur Faute! ma* ]ëmv'tïe la cathédrale. On constate Fifttégrité de tous les sceaux de l'enveloppe. On les hnse, on en retire le reliquaire ; et on expose la Sainte Relique sous sa cloche de verre, toujours scellée, à ia vénération des assistants*
Les prières commencèrent, dirigées par
évêque lui- même* Les supplications $e prolongèrent devenant de plus m plue anxieuses chez les fidèles, en présence des ricanements des incrédules qui ne cachaient pas leur joie.
A 6 heures et demie du soir, les autorités civiles crurent sage de fermer la cathédrale. Avant de laisser partir la Févêque lui recommanda de prier encore' et d arracher par la pénitence à la miséricorde divine le miracle auquel les péchés sons doute faisaient obstacle.
Le lendemain samedi saint, le reliquaire i?Lm?Porté d0 Palais* épiscopal à ja cathédrale* On constata que les sceaux étaient toujours intacts, La Sainte Relique fut placée dans ïa chapelle de saint Riecardo, tandis qu’au maître autel *se faisait la fonction du samedi saint, La foule remplissait de nouveau la cathédrale, priant autour de la Relique et Implorant ie miracle. La Sainte Epine conservait so* aspç£t ordinaire
— Peinte rougir, et prendre ^àSacS^ vermeille du sang tout frais an miracle* « Les officié ies qui étaient pour protêt t ordre autour l'autel où était la relique, — ^ 4
témoin, — pieurept et sont les preirn^proclamer le miracle en recomman* * calma On tj*ojwrte la »*'g)£Æf munie!tre-autel. Les ^lègues * 1 Ci?rcommissioi» pal, et les membres de scû des
elui décrit dans l'acte Pïïgli^î a Sainte Cristiani du 12 av* une cioche de Ipine est enfm-mée £ase par u0 cordon erre, clôturée à" ceai, aux armes de a soie attaché *-tU
[g r Staiti. mA(iecins pharmaciens et ex- “ pu'*ri9 avoir examiné, font les dêclaerts, ^ t pour mieux observer la lt.1o*n'Vnine et la voir à mi. Us ont rompu am.VnnPda cire et enlevé la cloche de *rre Ils ont alors procédé à une étude imitieuse et immédiate de la relique, en
Æ*Sn«Sr.n tou» »> flétan* 1.
Escription faite dans le procès-verbal de Î64 Ils relèvent que la tache à ta pointe 3 l'Epine, la plus notable comme extenon et comme intensité distincte, présente >tte particularité : elle est bornée à^sa artie inférieure par une ligne qui n est as parfaitement circulaire a sa base,
; qui a. une forme irrégulière qu on ouvrait comparer à un bec de fliwe.
a tache, vu la dégradation de teinte u’elle prend en certains points, et préoiiment à sa parue inférieure, se présente vec une couleur de lie de vin défraîchie « Puis la cloche de cristal a été replacée nr la base du reliquaire ; sa fermeture a té assurée par deux lacets de soie rouge, ui ont été scellés par-dessous le reliquaire
“, .« Ie* ,„nrfltent l'intégrité
lentifique ^«MSPVelique, gt srua sceaux, l état fie ^aute vo|x qUe |»
apres l’autre jurent J
prodige est réel* un acte notarié
trois notaires. Voici cornétait rédigé ^ onne ]a ^éolo,râiion des mément ce tegg chimistes : « Noos affirmons decins ^che observée et décrite le 10 JUÎL iî au contraire aujourd'hui beaucoup leis vive, elle ost plus intense dans toute *on extension sans avoir aucune différence de couleur dans toute sa surface* N<ms pouvons même assurer que la tache S est allongée de quelques millimètres. Nous devons ajouter que la bordure inférieure est aujourd’hui presque horizontalement circulaire ; en sorte qu'au jourd'huï toute la pointe de la Sainte Epine est d'une couleur vive, tandis qu'hier on n'y avait vu aucune modification, » ^ , JjL
Le procès-verbal donne ensuite la déposition circonstanciée du chanoine qui sa trouvait plus près de la relique au moment du prodige, du sousdieutenant dfs carabv ni ers qu* était de service*
Cet acte est signé d’une trentaine de personnes. Parmi les signataires, il y a des anticléricaux qui se sont rendus a la réalité du prodige* , „ '* -,
Il y eut une procession d actions de grâces, qui attira une foule de 1 pèlerins die tous les pays voisins. XI y eut a Andria ce jour-là plus de 60*000 personnes.
La direcUibn difocésaine a publié un a numéro unico », Intituîé : le Triomphe de la Sainte Epine, où se trouvent relatés le récit des faits et les actes notariés*
A la date où s'imprimait cette feuiih%, 3 avril, le miracle continuait chaque jour ; U a été particulièrement sensible le premier vendredi du mois* « Aussitôt que la sainte Epine est apportée à la cathédrale* le miracle se renouvelle, et quand elle est reoortêe a FEvêcbê, p eu û peu les ^s'affaiblissent et retournent à leur état or dinaire* »
tnière précise la rtée par Jésusils cherchent à ait en rhamnus.
)nsidérahles tels Averianus, Jean Isur un fait aussi ironne d'épines,
;s reliques bien hymnes du bréutra cedant. Voilà Iplique à la cou- ’.yestræ rhamnum
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Ses dimension* ment de 65 centim' , mesures antiques, coudée de hauteur j
— Typësürôss euparseva,. „„
censions spéciales seront faites devant eux. L’école de télégraphie sans fil improvisera sous les yeux du Parlement prussien une station, qui le mettra en rapport avec les pilotes des dirigeables. Le prince Henri de Prusse est occupé à examiner particulièrement un nouveau modèle de ballon qui a fait, paraît-il, des essais heureux au-dessus du port de Kiel: La question du recrutement des équipages aériens étant toujours difficile, l’administration militaire s’en préoccupe en préparant pour les anciens sousofficiers du bataillon des aérostiers une nouvelle carrière, celle de pilote d’un dirigeable de plaisance. Dans cette intention, on leur ouvrira l’école aéronau tique de Friedrichshafen.
Pendant que l’Allemagne et l’Angleterre s’agitent ainsi, la France continue à posséder le ciel, où tes aviateurs ac complissent les exploits les plus sertsa tionnels. Mais son gouvernement ne croit pas à l’aéronautique militaifei Les. mesures qu’il ordonne sous la pression de 3’opinion publique sont dérisoires. Il ne se décidera "à agir énergiquement que lorsque l’Allemagne et l’Angleterre lui auront pris une avance impossible à combler.
Albert Biîterly
Deux séances orageuses à
Saint Jean ( Saint Matthieu (xx Ces deux text de la tête que le t précédemment po Ce devait êtr de la croix, & d branche a été ajoj ou de Jérusalem, de M. l’archiprétrj
Si ]<a herr professor Gneisàe, directeur du lycée de Colmar, n était pas un tfans-elbien, il aurait ri de la fameuse charge de Hansi, origine du procès Gneissé-Wetterlé. Toute l'Alsace, toute l’Allemagne méridionale et rhénan’e, Français, Suisses et Ita* Üens en ont ri cordialement. Mais le lierr professor Gneisse s'est fâché ; sa mau valse humeur est devenue une source d’ennuh permanents pour ses chefs et pour Je gouvernement d'Alsace-Lorraine.
Ce dernier a goûté encore de ces ennüis à la, séance de lundi dernier, où la d'Al&ace-Lorraine entendit un expose de *Wjssc-\Y>ttcrlé iui 110-^ de vue
docteur pli " - - - — t- — s,- — t - . , — -
n ; comme péroraison, le
triJunn.1 r^rvfï ^ M- K^fer, président du é% nfldr,5°i^riXe reproche d’avoir été gisw i^v-aj aPPris qu’un ma-
de-nta»0aîftf„ci€u a ,ait Ùre nommé présl- Co]mar,pyfm,b,rep^ft la £our d’appel de que voici LYS ^leoer fihit par la flèche
Sis minent le s5ai Î0IJt un travail de taupes ; sol qui nous app?aT ieQuel nous vivons, le sang de nos pères’ parce qu’il à bu le cause des campagnes0*,1 ia les gens qui sont nous reviendra que le ft lîaine- La paix ne **obt été réduites à TimôuïL00 les taupes ait* * 'mce.
Le Secrétaire d'Etat, baiv , ^ . ..
o. répondu ; il s’en est tiré en , e faire sur ttn ton badin. Lui, dit-î,nant 1 af* •pas condamné l'abbé Wetterlé.^ ÜUraü et oyons volontiers, car le baron Zoï? }e Bulach, lui aussi, n'est pas l’ennemi d’iH? bonne et douce gaîté. Il plaisante l’abbé Wetterlé et lui conseille de. tendre généreusement la main au herr professor Gneisse qui lui a — dit le Secrétaire d'JEtat — procuré avec les palmes du martyre, la gloire «t la renommée.
On aurait pu croire que l’incident était ainsi terminé, masi voilà que M. Pétri sous-secrétaire -d'Etat à la justice, alsacien" R est mis à étaler toutes les pièces du nrocès intenté par le herr professor Gneisse Mais comme cela n'était pas déjà assez, v .dl.S(^ssion fut remise au lendemain, c est-a-dire à hier mercredi.
M. Pétri fut, en son temps, uh des premiers à «accommoder de la nouvelle situa- <rion ; il est étonné que ses compatriotes *!? hai^;Pas suiv’L S’adressant au groupe \\ elterlé Pfleger, il dit : « Faites donc en *?orte de vivre sur le pied de paix avec 1 élément immigré »
L’abbé Wetterîé; a riposté par là belle et concluante apostrophe que voici :
j^Chaînbre des représentants a enfin terminé la discussion du budget du ministère des Sciences et des Arts, après avoir consacré plus d’un mois à l’examen de ce budget. J’ai signalé dans mes Notes précédentes les principaux incidents qui ont marqué cette discussion. Les dernières séances ont été employées à l’examen de dieux questions qu’il me paraît intéressant de mettre ici en relief.
La première est celle des écoles nor- , males provinciales du Hainaut.
En Belgique, les instituteurs et institutrices sont formés dans des écoles normales de deux catégories : les écoles normales de l’Etat et les écoles normales agréées par l’Etat, mais fondées, dirigées et soutenues par les provinces, les com- , munes ou les particuliers. Il existe présen- i tement 13 écoles normales de l’Etat et 41 écoles normales agréées. •
Ces dernières écoles, de par l’agréation officielle, sont- subventionnées par l'Etat et ont le droit de délivrer des diplômes ayant même valeur que les diplômes officiels.
Les écoles normales agréées doivent, pour obtenir et conserver l’agréation, donner un enseignement conforme aux prescriptions du programme officiel. Cet enseignement peut être confessionnel, mais il doit être strictement neutre dès "u'un élève est dispensé du cours de religion, : tel est le cas pour les écoles normales de la ville de Bruxelles agréées par l’Etat : tous les élèves étant, dispensés du cours de religion.
Il est à remarquer que le gouvernement n est plus tenu d’accorder l’agréation à toute école normale qui se fonde : cette agréation est une faculté non un droit . Et jusqu’ici Je gouvernement catholique ne l’a accordée que lorsque la nécessité ou l’utilité d'une école nouvelle était démontrée.
Or, les statistiques démontrent clairement que les 54 écoles normales qui existent fournissent actuellement assez d instituteurs et beaucoup trop d'institutrices.
Depuis une dizaine d’années, le gouvernement a donc systématiquement écouté toute demande d’agréation nouvelle.
Aucun homme intelligent ne critiquera le bien- fon dé de cette mesure.. Or, il y a quatre ans, la province de Hainaut fonda I deux écoi^ normales, l’une pour garçons, l’autre pour îinta; io rapporteur au conseiil provincial justifia cette création en cvpos^nt la nécessité de former des instituteurs et clés institutrices libérés des pré- ; ugés religieux ! Les deux écoles devaient, selon son expression grandiloquente et grotesque, être des citadelles d’où partiraient des mitrailleuses qui détruiraient le sentiment religieux des populations.
Dès que ces écoles furent fondées, la province refusa d’accorder les bourses d’études habituelles aux élèves des écoles normales de l’Etat ; ces bourses furent exclusivement réservées aux élèves fréquentant les écoles nouvelles. C’est ainsi que, chez nos radicaux-socialistes on. entend la justice distributive et la liberté du père de famille !
**>•{?? nous invites à signer la paix. C’est .res bien ; mais tant qu’on lancera des appels * ôntre la francisation, nous répondrons avec la dernière energie. Qu’on laisse donc chacun dô nous vivre sa vie propre.
Xous ne voulons nullement interdire aux Allemands qui sont venus dans ce pays de boire leur bière dès le patron-minet. : mais, poiir 1 amour de Dieu, qu’iJLs ne nous obligent pas à en faire autant 1 Nous ne voulons pas leur défendre d’organiser des fetes en Thonneur de Bismarck • mais qu’ils ne viennent pas s’opposer à ce gua nous célébrions Wissemboure j
présent esi commun à tous jamais ce qui
De plus, ces écoles donnent un enseignement nettement et systématiquement antireligieux. Au programme figure une éducation sexuelle au sujet de laquelle malgré divers cris d'alarme poussés dans la presse belge, on n’a donné aucune explication qui puisse calmer les légitimes appréhensions des pères de famille ; on y impose des manuels classiques renfermant des attaques contre la religion catholique ; des livres îl;s à l'index y sont obligatoirement ana- ^ QjV oar les élèves.
fondée?^1’** ^ue ces deux ^oles soient £ouvernemer lutter contre les écoles du qu^f^y edon*rifc maI»r^ que l’enseignement programmes et S0lt pas cônfo™e aux
SSSSS ÏÏJKKr-. <IWr câï.
A la Chambre, les députés socialistes Pt libéraux ont sommé le ministre d’aVofr à
mandée!' immédialement d£
Le 'ministre a justement répondu attend, pour se prononcer, d'être éolüir/. sur la nécessité et le bon fonctionnement de ees écoles.
M. Woeste, toujours sur la brèche dès qu il s agit de défendre l’âme des enfants montra, en un discours plein de verve le caractère antireligieux des institutions sro taires provinciales et mit en lumière l’injustifiable prétention de la province de Hainaut, qui /ne se contente pas de faire aeve l'argent de tous '^«contribuables là guerre à l'enseignement officiel, mais qui a 1 audace de demander au gouvernement de J aider de ses deniers dons cette œuvre antireligieuse et antipatriotique !
Les discussions qui se produisirent à la Chambre montrèrent bien la tactique (ne la qualifions pas !) de nos adversaires On entendit, par exemple, M. Destrée, député socialiste, affirmer que tel livre de psvcln- Jogle à tendances 'antireligieuses ne figure
Il est intéressant de connaître les opinions si diverses qui se sont produites, chez des hommes cherchant la vérité, discutant savamment des textes, mais négligeant les observations qui se faisaient autrefois avec moins de méthode qu’à présent.
Benoît XIV, dans son beau livre De festis dominicis W, rapporte l’opinion de quelques auteurs qui pensent que la couronne était en jonc marin, où les épines se trouvent à l’extrémité des tiges. Il cite le témoignage du P. Durand, mort en 1333, un des plus anciens qui aient examiné la couronne de Paris & qui affirme qu’elle était en jonc marin. Ce qu’il y a de certain, d’après lui, c’est que la couronne n’était pas une simple bande ceignant le front & les tempes, mais bien une espèce de bonnet ( pileus ), couvrant tout le crâne & la partie supérieure de la tête. Notre-Seigneur a été crucifié avec la couronne d’épines , & en admettant môme qu’elle lui ait été enlevée lorsqu’il fut dépouillé de ses vêtements, sans aucun doute elle lui a été remise sur la tête, comme complément des insignes dérisoires de la royauté rappelée par le titre. Origène pense que la couronne une fois sur la tète n’en fut pas enlevée (2). Philippe Diez appelle la couronne le casque du Fils de Dieu. Jean Eckius la compare à un bonnet , qui couvre toute la tète.
Lampergius dit qu’elle est composée d’épines longues, aiguës, acérées & disposées de manière à blesser aussi bien le sommet de la tête que les tempes, qu’elle l’entoure en un mot comme un bonnet : ad modum pilei (3).
Saint-Vincent (4) s’exprime ainsi : Et capiti ejus imposuerunt coronam quce euin septuaginta duobus locis crudeliter vulneraverit , nam erat ad modum pilei , ita quod undique caput tegeret & tangeret.
Bartholin admet l’épine blanche pour la couronne, qui ne pouvait être de jonc marin dont les pointes n’eussent pas été assez fortes ni assez multipliées pour blesser la tête.
D’après Baronius, les soldats n’ont pas dû se servir de jonc marin qui croît loin de Jérusalem, mais plutôt de rhamnus, arbrisseau terrestre que l’on trouve près de la ville.
Del Rio a vu souvent la grande partie de la couronne à Paris & des épines en Espagne au monastère de la Spina, à Louvain, &c., qui n’ont rien de commun avec le jonc marin, mais qui ressemblent plutôt au rhamnus ou au paliurus. Il y avait donc alors à Paris des épines que nous n’y possédons plus.
(1) Liv. I, ch. vu.
(2) ... Corona spinea semel imposita, & nunquum detracta. (Bosio, p. 93.)
(3) Palæotti, ch. XIII, p. 148.
(4) Palæotti, ch. Iiï, p. 31,