FORME DE LA COURONNE
Les branches de \i\yphns spina Christi ou jujubier brisées ou courbées vers le milieu pour prendre la forme d’un bonnet, pileas, étaient fixées par chacune de leurs extrémités, soit en dedans, soit au dehors du cercle de joncs, de celui sans conteste que nous avons à Paris. Il fallait que le cercle fut plus grand que le
tour de la tête, afin de pouvoir Fy faire entrer, malgré le rétrécissement causé par l'introduction des branches'; & Fon trouve en effet que la couronne |de Notre-Dame placée seule sur la tète tomberait sur les épaules. On n’avait même pas besoin de nouveaux liens pour les fixer au cercle de joncs ; & les rameaux passés alternativement dessus & dessous devaient suffire pour les maintenir. C’est cette opération que les auteurs ont pu appeler le tressage. Les soldats sans doute évitèrent de toucher à ces horribles épines dont chacune plus tranchante que la griffe du Lion fait jaillir le sang en abondance.
Représentons-nous, d’après cela, ce que devait être un supplice où les soldats enfonçaient à coups de bâton ces dards acérés!
planches de ce mémoire, que le doute cessera, & qu’au lieu d’un simple bandeau destiné à toucher à peine aux tempes, on verra un affreux instrument de torture infligeant à chaque point de la tète les plus cruelles douleurs. Ce supplice faisait tellement horreur aux premiers chrétiens qu’ils ne le représentaient pas dans toute sa réalité & n’en exprimaient que des emblèmes. C’est ainsi que dans un tombeau, au musée de Latran, on voit le soldat poser respectueusement une couronne de roses & de laurier sur la tête de Notre-Seigneur imberbe. (Voir la vignette ci-jointe.)
Avec ces données il devient facile de reconstituer la couronne de Notre-Seigneur ; mais il ne faut pas se laisser influencer par les opinions de commentateurs ou d’artistes, que nous avons déjà rapportées & qui interprétaient les textes avec des idées faites d’avance & sans aucune étude des monuments. On supposait un véritable tressage comme dans une natte; or le zizyphus ne pouvait se prêter à une pareille opération. On a pris une plante souple, armée de quelques innocentes épines, & on en a fait les modèles que Fon distribue à Jérusalem, & que les peintres, & notamment le Guide dans sa célèbre tête de Christ, ont constamment reproduits.
Le motiA££*vT£î qui, dans l’Évangile de saint Jean, correspond au latin plectentes, vient de i&aua qui exprime une idée plus générale que le tressage d’une natte & qu’ Alexandre dans son dictionnaire traduit par tresser, entrelacer, enlacer, nouer, composer de choses différentes, combiner, mêler.
espère, en examinant le frontispice des